Digression (3)

Montse Rubio Blog: Ilustraciones para exposición Somiatruites

 

Nous sommes à créer notre monde en conformité avec notre aptitude, mais aussi en cet Appel qui nous surprend sur la route dont nous fait le récit une fourmi. Combien de temps suspendu en la voyant faire ? Et combien de temps à être fascinée par les mouvements du Ciel inlassable ? Les chevaux caracolent en une impétuosité qu’une fougue étrange anime. Ce sont des tambourins au pied des montagnes écumées de blancheur. Le cœur se serre de langueur et personne ne peut nous enlever ce qui se visite en ces yeux qui sont bercés par les épousailles permanentes du souffle. Le monde respire et expire en cette systole et cette diastole. Le pouls nous prévient de la fragilité d’une demeure, semblable à la toile d’araignée tissée à l’orée d’un bois. Nous marchons avec cet étonnement lors que se mêlent les nuits et les jours de la concrétude et de l’abstraction. Nous nous heurtons à cette envolée qui nous maintient en l’apnée d’un intermonde. Nous ne savons plus rien. Nos pas sont écorchés de questionnements et l’exaltation a des effets aussi douloureux qu’une longue absence. Se vider, mourir à toute attache. Telle est la vie qui se murmure en douceur. La fin des choses est nous en notre intérieur. Si Le Calame laisse échapper un grain de L’Innommé, alors les yeux voient ce qu’aucun regard n’a pu imaginer. Il surgit, en ce point, tel un monde que l’on reconnaît. La fourmi discute allègrement avec un papillon. La roche sursaute des frémissement de l’eau qui l’a compénétrée. Plus loin, les feuilles ruissellent d’hébétude et se ressourcent à la bouche du ciel où le soleil rayonne sans discontinuité. Petit homme qui vient en tremblant m’offrir une fleur des prés, lors que l’automne est un printemps dont l’âme atemporelle comprend en substance centrée. La matière est riche des mots que l’on retrouve dans la clairière effusive. C’est là qu’un nain surgit des frontières de l’irréel et enchante l’enfant qui lui sourit. Il n’est rien de plus furtif que de baiser la main d’un nain. Il s’offre en ce jardin, et… les colchiques, les mauves et d’autres personnages. Des elfes aux formes éthériques tandis que les fougères brunissent lentement du temps qui passe. Comment voit-on ce monde qui s’en va ? Petite fourmi, je te suis timidement, car ta démarche me mène jusqu’à ce marronnier dont les feuilles embrasent les flammes du Soleil contemplé. C’est bien là que je vous rencontre, sieur des bois. Vous prenez la fourmi au creux de votre main. Il s’agit d’une amie très chère et vous lui parlez de l’épervier qui vole en ces multiples horizons. Avez-vous la bonne opinion ? me demandez-vous. J’opine de la tête sans réserve et vous souris indéfiniment. Ainsi en est-il d’un monde consacré. Là, où pousse une Rose, une marguerite couve son Amour le plus secret.

couleur vert - Page 3

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