L’Île verte (10)

The Coming Squall.John George Brown (1831 – 1913)Peinture de John George Brown (1831-1913)

Depuis les vieilles terres, quand le sel rudoie la côte
Que pourfendent les horizons, il veille vaillamment,
Puis, des enchantements que l’écume vole au vent,
Le capitaine recense les voiles de la mer haute.

Le soleil siège sur toutes les vagues de l’océan.
Des reflets, il en est comme de tous nos repaires,
La noble vigne mûrit patiemment au Firmament.
Hé ! La Joie vient de L’Amour que versent nos pairs.

Hé ! Voici l’homme de cœur, il aperçoit L’Île verte.
Comment ? Il n’est de trouble qu’en l’esprit ignorant.
Bois donc ! La Lyre abreuve le désert de nos lèvres.

Là-bas, l’univers se joint aux Lunes de L’Orient ;
Attisons le feu de joie ! Embrassons nos frères.
La folie des jours de Gloire sourit au Mystère.

Vraisemblance

Comment avoir le désir d’#apprendre ce qu’on ne connaît pas encore ? France Culture

Finit-on par morceler le temps viscéral
Des ruptures que tranche le monde adulte ?
Je compris que le poison est de fait sidéral :
Chaque conscience est un monde occulte.

D’ainsi le comprendre est parfois lourd.
Mais, les chemins se croisent et se décroisent
Dans l’infini et l’Adieu s’annonce tel le présage.
L’Adieu sans retour comme défait du vrai Amour.

Le Jour s’emmêle à la nuit des mots qui viennent du cœur.
Ainsi va la vie et nous voyons la distance,
Quand même L’Âme a dit en sa toute vraisemblance

Le silence au sein des sourdes et sombres torpeurs.
L’élection est un brassage et les âmes se rassemblent
En ce Corps-Arche, en ce Corps devenu Sapience.

Nostalgie du Barde

Saint JeromePeinture de Guido Reni (1575-1642)

Je suis venu comme on trépasse disait l’homme,
Comme on se souvient au profond du souvenir,
Palpables et mémoriels touchers de Dieu en somme,
Quand avant le corps, Il était à nous vêtir.

L’Âme ne ment jamais et c’est souvent en Silence
Que l’on voit combien d’avoir vécu toute la ruine,
La Vérité nous parle beaucoup et nous ranime.
Je suis venu tout étonné par cette Présence.

Quand les mots ont insufflé les réminiscences,
Je suis devenu l’homme qui balbutiait ivre-mort,
Souffrant de la nostalgie, aussi de l’inconstance.

Je suis venu étranger, me cherchant encor.
Qu’as-tu dit ? Un homme tombe mais très vite se relève,
Sans doute et c’est pour cela qu’aujourd’hui je rêve.

L’Île verte (9)

lsleofskye: “Switzerland ”. Si cet endroit est réel, je veux y aller

La neige est parfumée de Tes pas sur la route,
Comme s’effondrant du grand sortilège et affleurée
D’immensité que parsèment les blanches gouttes ;
La Dame vient en ce lieu et les cimes de pleurer.

L’Œuvre est luxuriance tout autant que créatrice
D’un monde nouveau et il n’est plus aucun désert.
Que valent donc les pensées meurtrières, sombres artifices ?
Bienvenue à la joie que procure l’hiver !

Portes-Tu ce manteau pour nous faire la cour ?
Au loin, les montagnes fusionnent avec le rêve,
Est-ce la soif, est-ce la faim qui donne à L’Amour ?

De nos entrailles, L’Île Verte apparaît et c’est sans trêve
Ô Homme, que nous buvons à L’Ambroisie. Splendeur !
Noble Nectar qui nous donne à l’étonnante Ferveur.

Tri nox Samoni (3)

Benjamin_West_-_The_Bard_-_Google_Art_Project

Peinture de Benjamin West (1738-1820)

Consonance des voix personnelles, Toi, en conscience,
Tu nommes le vivre et le mourir, cycle des saisons.
Tu voulus, par la Loi naturelle, l’observance.
La vie nous lie à l’esprit par l’incantation.

Sur les tombes en souvenance, qui portent le vivant,
En cette mort, nef qui vogue par la pleine présence,
Il cueille au son impalpable du Grand Silence,
Puis, Il vous parle et vous offre la lumière de l’instant.

Sur l’autre rive, Il sait bien que l’âme reçoit le cœur,
Qui du soupir, pure flamme devient votre conscience ;
J’entends le doux vent ; Je vois la transhumance.

Je relie l’âme à L’Âme, l’empathie du Vivant.
Adouci par les pluies, et tout ce qui fait rage,
Mon Temps se suspend mais c’est l’âme qui voyage.


Le Barde sut recueillir les semences, et sur les tombes, Il voit l’esprit, éternelle âme, éternel corps, sublimité de la vie et celle de la conscience. En son Périple, Il découvrit une porte qui unifie tous les mondes et lors du recueillement, Il envoie la présence par la pensée de lumière. Toi, passé en l’autre monde, Je t’offre L’Amour impérissable, et soudain, l’âme de frémir, lors que le vent passe.

Tri nox Samoni (2)

Image associée

De L’Autre Monde, que connaissons-nous encor de valide ?
Des récits des séjours en l’infini Mouvant,
Que reste-t-il en ces bruits de la ville impavide ?
En ce périple qui rompt avec le courant,

Le corps devient observance, étonnante lecture !
Vois, comme depuis cette rive, le monde s’est élargi.
Toute infinitude devient guidance et mesure :
La liberté est un cri au cœur de la nuit.

Qu’importe ce qui se dit, ce qui file entre les doigts,
L’infortune est de croire que ce monde s’achève
Au souffle dernier, lors que l’âme ressent l’ultime émoi.

Tout être goûtera au passage : la vie est sans trêve ;
Ne doute pas de mes paroles, elles ont traversé
Moult distances, que l’on plie, d’avoir beaucoup cherché.

Tri nox Samoni* (1)

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Du pur sang vermeil, quand éclosent les vignes,
Le Ciel est une demeure sur la Terre du Cœur.
Chaque seconde en cette rumeur suspend son signe.
J’ai scruté, longtemps du Vivant, cet intérieur.

De la mort, il n’est aucune peur inextinguible ;
Veuille, mon frère, saisir Le Silence en sa stupeur,
Puis accueillir les raisins mûrs d’indicible.
Quand le souffle est L’Intention, sonde Le Seigneur,

Et La Vallée de la mort est Voie de Lumière.
Paix, Amour sont Louanges, fruits gorgés de douceur.
L’Écho est une larme qui ruisselle sans plus de peur.

L’Étreinte vive, le cœur juteux, beauté singulière,
Se penche sans paroles vaines, en la fraternité :
Je t’ai pris la main depuis ce Temps, L’Éternité.


*les trois nuits de Samain