Mille brisures

Birth of Venus by Sandro Botticelli - detailPeinture de Sandro Botticelli (1445-1510)

Mille brisures des récifs de nos aspérités,
Mille écorchures et l’on cuit de l’alchimie pure,
De toutes dérives que l’on ne saurait s’épargner,
Quand finalement vient L’Aube qui nous épure.

L’on sait devenir l’ombre, l’on sait encor chanter
Sous le feuillage des arbres que l’on aime d’Amour pur,
Lors que le cœur de délivrance a tout quitté,
Lors que l’on sait qu’ici est Le témoignage sûr.

Que le moi se meurt sur l’heure et que La Vie clame,
Ce pour quoi Le Temps s’arrête lors que L’Horloger
Vient nous rappeler et du Souffle qui s’enflamme,

Je veux encor vous annoncer et vous mander,
En La Beauté du Silence qui de sa constance,
Nous enveloppe et nous donne à L’unique Présence.

Publicités

L’Île verte (7)

Redwood Rhododendrens© Steve Schwindtpic.twitter.com/FVJzoCjyCv

J’ai fait ce rêve étrange : au-delà du cours d’eau,
Il y avait une multitude d’images mouvantes.
Chacune se heurtait et sans pouvoir dire mots,
Se regardait comme prisonnières d’une épouvante.

Je restais là longtemps à voir leur infinitude
Se perdre dans les méandres et s’engloutir.
Quel est donc ce monde qui s’éprouve de solitude ?
Je repris la marche et soudain les images de gémir.

Me fallait-il rebrousser chemin ? Avais-je le choix ?
Alors, du pays d’où je venais, je ramenais la certitude,
Traversais le Pont avec ces mains pleine de Toi.

L’Île s’épanouissait de Soleil et puis de Lune.
L’Au-delà est un Cœur que le Silence convie ;
D’une pluie d’étoiles, c’est toute la nuit qui resplendit.


Le Barde s’offre au Silence qui de puissance, donne à la plénitude, et de courir les ondes au matin, lors que le cœur n’a plus besoin de rien. Fallait-il tout ce temps pour marcher sur les allées et regarder sans que Le Souffle ne rompt L’Harmonie ? De fidélité, L’Île verte m’enseigne à laisser s’écouler L’Eau depuis L’Éternité. C’est de Lumière que La Terre enfin s’enfante, et L’Esprit de ne jamais s’effrayer, ni de se heurter, tandis que L’Âme en Lui-seul se reconnaît, et de S’aimer…

L’Île verte (6)

(...) Mas a saudade é isto mesmo; é o passar e repassar das memórias antigas.  — Machado De Assis, no livro Dom Casmurro.Peinture de Johann Heinrich Füssli (1741-1825)

Lors que bouillonnent et crépitent les flammes infernales,
Que les longs cris effarent L’Enfant qui vogue sur L’Eau,
Tandis que Le Cygne le surprend en son sanglot,
La voix résonne douce et apaise l’effroi abyssal.

Ne crains donc rien, ceci est bien l’étroit passage,
Lors qu’en La Veine jugulaire, Le Souffle s’unifie,
Ton cœur reçoit les secousses les plus sauvages,
Âpreté dans les profondes arcanes de ta nuit.

L’Enfant ne pense pas à son état, il en sort.
Je sais, d’aucuns répugnent à connaître La Sagesse,
Mais d’autres, sont sans doute comme aspirés par L’Essor.

Qui sont-ils à rejoindre ce qui les hante sans cesse ?
Sur L’Île verte, un Lieu réservé aux amoureux,
Consigne sur les pages, l’histoire de ces êtres fougueux.

L’Île verte (5)

Gustave Moreau (1826-1898), Le Poète persan, vers 1886, mine de plomb, aquarelle et gouache, 34,3 x 14 cm. Estimation : 100 000/200 000 €. Dimanche 11 octobre. Saint-Cloud. Guillaume Le Floc’h SVV. MM. Perazzone-Brun.Peinture de Gustave Moreau (1826-1898) 

Lors qu’Il vint me chercher et que sans aucune halte,
Sur un Chemin qui se voulait redescendant,
Que les vagues au loin en furie et qui exaltent,
Tous les désirs d’un cœur qui se croyait mourant,

Je sentis le fracas jaillissant des vertèbres,
Et me parcourut un long et puissant frisson,
Lors que d’une poigne l’on me montra les ténèbres,
Quelque chose de L’Île survint et c’est à L’Unisson,

Que les nuits impalpables donnèrent aux sons triomphaux,
Leurs vagues, troublant étrangement l’imprenable cortège,
Et la vigie de défaire un à un le faux.

L’Exil est grand et L’Oraison qui nous protège
Nous compagne durant L’Épopée jusqu’au bout.
Lors qu’Il vint me chercher, Il fit de moi un fou.

Promenade du Barde

Peinture de Joséphine Wall

Il ne faut point être surpris des chants de notre Joie,
Lors que de La Vie, partout, est la pure semence,
Et si rugissent les vagues lointaines, ce sont les Lois,
Quand même elles semblent cruelles, elles sont bienfaisances.

J’en sais quelque chose : d’avoir laisser le Temps agir
Au Souffle profond du Cœur, La Paix rayonne sans cesse.
C’est de marcher sur l’autre Rive, qu’ici je soupire ;
N’en prenez guère ombrage, voyez-y une promesse.

À l’indolente ivresse, le rire est une larme,
Cueillie à la fournaise ardente, tel un Rubis.
Ce parfum, certes, nous unit puis nous désarme.

Quand même, je marche éternellement et je souris ;
L’Amour est L’Âme, ambre et turquoise, sans nul écueil.
Tantôt, le savez-vous ? J’ai vu le chèvrefeuille.

L’Appel du Barde

Image associéePeinture de Thomas Cole (1801-1848)

Je veux Vous ramener depuis les rives anciennes,
Je veux Vous extraire de toutes les nuits insensées,
Par Vous, chasser tous les crimes, fussent-ils par centaine
Qui surgissent des abîmes que l’on a occultées.

Je veux par mon ardente fougue Vous tous appeler
Et lors que des blanches vallées, Vous, Ô Anges, sublimes,
De Clarté opportune, enfin nous rejoindrez,
Puis clore ce cycle qui devient lamentables ruines.

Je veux à genoux Vous accueillir, Vous chanter,
Car depuis Les Cieux de l’autre Rive, celle de La Mémoire,
Mon cœur tremble encor d’avoir rencontré Beauté.

Lors que je suis en ce Rêve, qu’ai-je encor à voir ?
Ce sont les passions qui réduisent l’humanité
A manger la chair de son frère sans nulle pitié.

L’Île verte (4)

Le Prince Lointain: Julius Kronberg (1850-1921), Vestale - 1918

Peinture de Julius Kronberg (1850-1921)

En marchant sur la grève, le vent de l’Espérance
Bouscule tous les rêves, tandis qu’au dessus, passant,
La mouette franchit libre en cette soudaine fulgurance,
Le cœur d’un enfant surpris qui la suit souriant.

Fragrance de L’Été léger qui joue et l’appelle ;
N’est-ce pas enfin, venu de loin, le doux Zéphyr ?
D’extase, volubiles danses, voici les hirondelles.
J’en sais voir leur ardent et frémissant désir.

Bientôt, nous marchons en cette Île enchanteresse,
Lors que de L’Écho, nous retrouvons le chemin ;
Est-il un autre but, un tout autre Destin ?

Je n’ai jamais su voir une autre poigne maîtresse :
Celle de L’Amant et en Lui, rien n’est un Adieu,
Mais soupir d’Amour, lors que nous envoûtent les Cieux.


Le Barde suit l’ininterrompu et se remémore : Il y a bien longtemps, L’Île verte nous apparut en songe, lors que les écumes douces flottaient sur la plage et quelques rochers alentours, L’Archange vint nous extraire du monde visible et nous fit survoler ce Lieu de La Virginale Naissance. La Verdure nous saisit en Sa Vêture profonde et depuis, nous restons souvent à survoler les étendues qui nous parlent encore et encore d’un monde surgit depuis les Ailes d’un Archange. La Beauté est tel un léger frémissement au feuillage imperceptible de ruissellement et de luminescence, tandis que L’Âme reçoit inlassablement, et les yeux épousent L’Amour insondable né au Jardin du cœur, sans que Rien ne soit prémédité. De là, l’épopée se déploya, et La Vie est à La Mort le juste revers d’un Songe Éveillé.

 

Se lit aussi sur Noblesse et Art de l’écu

Grinkiskis_COA copy