Prologue

A L’Amie

Felice SharpPeinture de Felice Sharp

Te souviens-tu de cette visite timide,
Lors que les cœurs sont à l’unisson,
Que la robe de prière est une offrande
Et que les gestes sont de joie éternelle ?

Te souviens-tu de la soie de nos débuts,
Lors que Paris devient les lueurs de nos Aubes
Que l’âme est flottante au dessus de la chandelle
Et que les yeux se suspendent à la nouveauté ?

Te souviens-tu des sourires qui en disent longs
Que les nuits murmurent au diapason
Et le secret de nos océans qui voguent :
Au dessus de L’Eau miroite ce qui ne se dérobe.

A la Robe pourpre de nos cœurs saignants,
Lors que les Cieux resplendissent de tous les Feux
Lors que Toi, Tu désignes l’étrange Lieu :
L’Amour est Le Berceau des Amants.

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Histoire de Fous

梁楷 Liang Kai (c. 1140 - c. 1210) - Liang-kaj csan festményei

Le fou rit un peu violemment et surprend son compagnon.
Celui-ci lui demande la raison soudaine de son hilarité.
– C’est simple, je me suis rappelé que les hommes croient que le Royaume des Cieux est sur terre.
– Et ce n’est pas le cas ?
– Penses-tu ! Les Cieux et la Terre, comment peuvent-ils confondre ?
– Mais alors, qu’est-ce que nous vivons ici ?
– Je crois qu’il s’agit d’un brouillon.
– Es-tu sûr ?
– En tous cas, je suis sûr que ce n’est pas le Royaume des Cieux.
– Mais alors, les gens sont bêtes de se battre pour du brouillon.
– Je crois qu’ils sont surtout fous de gâcher autant de papiers…
– Mais la vraie copie, où se trouve t-elle ?
– Dans la vraie question.
– Et qu’est-ce que la vraie question ?
– Justement, c’est ce qui me fait hurler de rire.
– Ecoute, je ne comprends rien à ce que tu dis ! Si tu n’arrêtes pas de rire, je m’en vais.
– Je crois que la question est à l’intérieur et non à l’extérieur.
– Ah ! Oui, je saisis, c’est en nous… Ah Bah à ce rythme, nous ne sommes pas sortis de l’auberge !

Éternité

Peinture de Edward Burne-Jones

Tout Amour en ma Prunelle larmoie d’un au-delà, au-delà, et d’intenses vagues ont ma mémoire en Toi, en Toi, car il n’est qu’un Seul Regard et mon Soleil a tous les Rayons. Ô Toi, L’Amant fugace, des traces de Ta Luminescence en ce Discours du Roi! Et Tout Amour est une Larme encore qui se désire, aux caresses d’un océan qui expire, sans jamais s’apaiser du seul Baiser de L’Étreinte, quand, Ô Éternité, à ma bouche, d’Amour encore,  de félicité, Tu suintes.

Rayons du Coeur

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Au plus culminant, Lors que Le Soleil darde Ses Rayons au Cœur des Univers, et qu’Il ensanglante les horizons, Le Feu devient fraîcheur des ondées crépusculaires. Il est des âmes qui Le vénèrent et prisonnières, elles sont de Sa Beauté. Tandis qu’une étoile aux perles empourprées, s’offrent aux ondes virginales et soudain immaculées, La Terre tournoie et devient féconde des mondes successifs et des mondes exaltés, car d’Amour gorgée, Elle boit en ces Lacs de Majesté. La Source est d’Or pur, et de Cristaux ensemencés. Aux touches diaprées de Son Souffle, le murmure subtil est Le Chant de L’Empyrée. De caresses aurorales en caresses subliminales, les mots sont vagues d’Amour depuis Le Glorieux Jour du Miroir Révélé. De Folie en Folie, les larmes sont des effluves de pluie éthérée. L’Humus entre en Transe et Son Haleine chaude encense nos pas feutrés. C’est en cette quiétude que Le Roi contemple chaque parcelle de vérité, et c’est en cette plénitude qu’est la pleine vacuité. Se sont suspendus les jours et se sont suspendues les nuits, lors que soudain s’envolent les morceaux du Ciel retrouvé. Qu’en est-il de Ta Nuit, Ô Soleil, lors que Tes Rayons épousent un autre Jour ? En ce Réceptacle, chacun de Tes Soupirs exhalent une Aurorée.

Grappe du Jardin

A son bec, le fougueux Amour, et L’Oiseau déchire un Dôme invisible. C’est ivre qu’il boit encore à la grappe du Jardin. Chaque instant est Son Vin. Chaque Souffle est Son Silence. Union de L’Âme en L’Empyrée de L’Essence, au Parfum de L’Un. En cet Au-delà, il n’est plus, ni pourquoi, ni comment. Il est une paix où les vagues s’unissent au prétexte d’un Voyage. Des fulgurances de L’Amour, Le Désir est une Constance qui ne vient pas de ce monde-ci. En La Nuit, L’Oiseau s’abreuve des mystères de l’existence. Chacun est à tenir la corde de son Destin. Des yeux qui s’allument à la lueur d’un parchemin, l’oeuvre est déjà au firmament Le Livre de L’Union qui danse. Comme est pauvre celui qui vient au Jardin voler subrepticement des semences qui n’auront en lui aucune résonance ! L’Oiseau tient une cordée invisible aux yeux de l’inexploré. Entre en tes flots et creuse le sillon de Ta Voix. Fais silence et acte de transparence. Telle est L’Envolée qui devient les feuilles que l’on n’efface pas. Tel est Le Tournoiement grisé de L’Oiseau de L’Êtreté, échappé, échappé en cette Béance qu’il n’a pas soupçonné et qui le laisse hébété, hébété…

 

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Histoire de fous

Folio 162 Verso: maqama 49. Abu Zayd dying and his son

Le fou qui avait peur de la peur s’arrête alors et interroge son compère :
– Et toi, n’as-tu donc pas peur ?
– Non
– Peux-tu m’en dire plus ?
– C’est grâce à elle que j’ai avancé. Alors, je n’ai plus peur. Depuis nous rions ensemble. La drôlesse m’a tout expliqué.
– Que t-a-t-elle dit ?
– Il valait mieux avoir peur maintenant que plus tard.
– Mais quel est le remède à la peur.
– Ha ha ha , j’hésite à te le dire.
– Dis-moi, mon frère !
– La pire des choses c’est de ne plus avoir peur, tandis que le remède est l’espoir. Lorsque la peur devient crainte révérencielle, l’espoir t’attrape et ne te lâche plus.
– Mais, qu’est-ce que l’espoir ?
– Un chemin que trace la Joie contre toute insouciance.

Quintessence d’un Chant

Estampe de Qing Tianzhu

A L’aube enchanteresse des drapés de Rosée
Les montagnes au loin s’alignent, et sur la branche
Si haut perché, le merle poursuit sa mélopée.
Mon âme en est soudain transfigurée et s’épanche.

Au silence de L’Appel intérieur est une grandeur.
L’Iris même pleure de son extase et blanche,
Cueille Le Silence du Souffle que répand mon cœur.
Je T’aime et bois ivre La Nuit de Ton Opulence.

C’est en ce sourire que La Lune luit des matins
Lors que La Rose pourpre s’offre au Ciel de Lumière.
Le Merle cueille ce Transpir depuis le vent turquin.

Il m’apprivoise de Sa Constance : c’est un Mystère.
Quel est donc ce Silence au grappe des Vignes éthérées
Dont l’âme se nourrit sans jamais être rassasiée ?

 

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