Étrange

Résultat de recherche d'images pour "Margaret Tarrant"Illustration de Margaret Tarrant (1888-1959)

La vie nous a semblé étrange,
Puis se sont écoulés les mots.
D’arbres en arbres et de branches en branches,
Le vent a fait l’oiseau et l’oiseau a fait le vent.
Des fleurs qui butinent à la fièvre du papillon,
Ce sont leurs ailes ivres qui deviennent l’horizon,
Parsemé de leur ocre, quand vient le firmament,
Le Soleil est, à l’orée du ciel, Le grand Amant.
Des abeilles encore au miel, courtisent l’iris,
La marguerite soupire et la Rose lui sourit.
Du grand chêne, je retiens la leçon murmurée à l’aube : 
Nous sommes La Source vive et parfois le Roseau.
Des langueurs, il en est de la douceur des mots.
Peu nous importe le ruisseau qui se lave sur nos rives.
Nous sommes offerts à l’estrade de l’indigence.
Il n’est qu’un seul instant et il se nomme Présence.
Nul désir qu’en Son Désir, c’est le pourpier qui me l’a dit.
Puis, la luzerne, et les petites fées de nos sentiers.
En ces corolles, le bleuet s’est parfumé de rosées.
Plus loin, le citronnier se prépare, et même l’oranger.
Je me laisse cueillir au vent des splendeurs,
Puis, sur la roche, l’éclat de l’eau me fait sourire.
Des mendicités, il n’est aucune attente, ni leurre.
C’est en soi que se savourent les plaintes et les amours.
Des yeux qui se tournent au ciel de L’Embrasée,
Tel est L’Echo qui vient étreindre le cœur.
Souvent, il est ce discours qui court : 
La magie de l’instant nous surprend, Ô Bonheur !
Bientôt, mes amis de la forêt me rejoignent.
Je suis surprise mille fois et encore mille autres.
Lors que j’ai vu le suintement d’une fleur,
Je sais, que jamais le vrai Amour ne meurt.

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Bohémien

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Transi d’Amour jusqu’à la moelle,
Bohémien des jours alanguis,
Ce fou écoute le vent.
Quand chante Le Rossignol,
Il n’est plus aucun bruit.

Souvenez-vous

Estampe de Ohara Koson (1877-1945)

Souvenez-vous de L’Émoi pudique,
Au fil de l’eau, un corbeau,
Puis une libellule…
Le Temps plisse son regard,
A peine imperceptible,
Au Souffle de L’Aube.
Souvenez-vous des coquelicots
De l’escargot,
Et des vignes sur les coteaux.
Souvenez-vous du chant insolite,
A l’ombre des arbrisseaux.
Une flûte nostalgique,
Un vent pourpre,
Puis, le vol de l’oiseau,
Qui de sa plume, 
Vous fit le récit du voyage nocturne,
Lors que le hérisson timide,
Explore encore un crépuscule
Au soleil, soudain, votre unique regard.
Venez, il se fait tard.

Cette Nuit

25 peintures aux illusions d'optique absolument hallucinantes ! Un truc de fou, vous n'allez pas en croire vos yeux...Peinture de Rob Gonsalves (1959-2017)

Nous avons couru ivres aux étoiles
Enlacées, cherchant la chaleur,
Et Le froid de l’hiver, en brodant
De nos doigts engourdis, le rire du cœur.

Et nous avons tendus nos mains vers le ciel
L’Arbre nous encerclait, toutes
Et nous avons prié, en notre candeur,
Tandis qu’il s’approchait sans bruit…

Trois Soleils (3)

~~ Andrey REMNEV ~~ - LA VIE EST UN VOYAGEPeinture de Andrey REMNEV 

Au soupir de l’automne, l’enfant marche en regardant le ciel. Je ne sais qui je suis ? lance-t-il aux nuages qui passent. Le cœur est étreint de nostalgie. Un pas en amène un autre, et le ciel s’enfuit à la cime des peupliers flamboyants. La solitude est une harmonie. Ici est un Lieu de paix, de perplexité et de profondeur, entre-les-temps. Que sont tous ces mots qui glissent sur les parois d’une vie lors que le seul instant se cristallise en cette Heure ? Bientôt, l’enfant regarde derrière le miroir, car c’est là que le temps se suspend. Il voit trois autres enfants. Des veillées en cette présence : je ne suis que pour vous, rien d’autre n’a d’importance. Ô vous que je désire entourer de mes deux mains de protection, vous éviter les souffrances, vous garder de toutes les questions, vous éloigner des impasses ! Petits corps blottis en mes entrailles et respirant mon désir. Les caresses fusent à la rondeur de la matrice et ce sont des flots de paroles qui chantent mille caresses et mille tendresses. Oh ! cette peur de vous voir vous cogner en cette autre matrice et vous écorcher à l’opacité du monde indifférent. Ô larmes de vous en moi qui de vagues en vagues vous enlacent à l’infini. Ce sont les yeux qui plongent en cette crucialité et vous disent : chers à mon cœur ! L’enfant continue de découvrir les batailles qu’il va mener contre sa propre hébétude et se dire : je leur donnerai La Merveille et La Féerie en leur enfance bénie. Ils échapperont à l’infamie. Comme les enfants s’accueillent et sont timides de tant de mondes encore à découvrir en eux ! Maladresse au creux de l’instant, des rires qui fusent au bord de l’eau. L’enfant vous dit : ne soyons jamais des égoïstes et partageons ! Ce que l’autre n’a pas et que vous avez, donnez-lui ! Votre vie est un chemin de Retour. Et comment transmettre ? Et comment ne pas se tromper ? Et comment ne pas être cette mère qui vous demande pardon ! Ô oui, pour tout ce que vous attendez et qui ne viendra pas et pour tout ce qui a été donné et qui est peut-être perdu ! Je suis alors celle qui vous dit : je suis là depuis toujours, depuis cet autre côté, en ce miroir de l’âme, hors du temps. Ai-je fui ? Volant sur les ailes de mon propre retour, je sais que je vous ai en mon regard éternel. Il ne périra jamais de vous avoir vus, bercés et regardés en ce par delà, par-delà. Quelque part, je vous attends depuis ma propre enfance et je n’ai rien à vous donner que ces moments de chants et de bienveillance. Alors L’enfant continue de marcher, car telle est sa destinée, telle est sa réponse à l’appel, tel est son pont. Souvenez-vous comme je me souviens de vous. Je suis là.

Inestimable trésor

Résultat de recherche d'images pour Peinture de Viktor Ivanovych Nizovtsev

Qu’en est-il de notre cœur exhalé à ces heures,
Lors que la péninsule de notre âme touche le corps,
Et que chante la sirène ces étranges langueurs,
Aux larmes de son émoi – inestimable trésor ?

Aux abysses de la vie, n’a-t-elle pas tout perdu ?
C’est en son âme surréelle que jouent toutes ces vagues.
Sont-ce les lianes vénusiennes qui l’ont revêtue
De parures océanes, de perles et de bagues ?

La sirène pleure les effluves des douceurs du soir.
Au loin, la lune sourit à l’opale et quelque jade.
Ici, aucun trésor ne réjouit son regard.

Sur le récif,  tel un cri : Adieu mon rivage !
Voici que vers les Cieux, ton cœur est tout désir.
Quittons ce lieu qui n’est plus même un souvenir.

Art numérique de Aditya Ikranegara