Apprendre, c’est Le souvenir (AL DHIKR)

Peinture de Sir William Orpen (1878-1931)

Il m’appela bien avant que je ne L’appelle, pressant, constant, patient mais ferme. Il venait se poser partout là où j’allais et je lui demandais : où puis-je donc aller ? Il venait les matins, alors que tout le monde dormait, et Il venait le soir, mais, ne venait-Il pas aussi au cours de la journée sans crier gare ? Il venait quand je ne L’attendais pas, et Il venait quand je Le cherchais. Parfois, Il me donnait un nom, parfois, Il venait sans m’avertir, tel un voleur. Il me prenait la vie mais Il me la rendait toute entière. Je dansais seule sur les chemins et lui parlais inlassablement. Cette plénitude ne s’invente pas ; elle est au bord des routes, elle est dans le cœur qui parle et tout devient votre corps et tout devient un seul regard. J’avais trouvé ce qui ne saurait être nommé et tout le labeur n’avait plus même de sens, car, tout venait jusqu’à moi sans que je ne Le cherche, sans même que je ne lève une seule fois la main. La vague m’inondait de son riche limon et je buvais et mangeais L’Esprit, cette Manne et ces Cailles, et je nourrissais ma terre et je devenais elle. Qui peut saisir cette merveille quand tout valse et que tout vous porte sans que vos pas ne soient autres qu’un simple effleurement sur le sol ? Vous avez tout quitté, mais tout revient, comme si le vent était un secret amant et que la vie était la seule personne qui soit. J’appris à voir.

J’appris à entendre. J’appris à ne jamais m’agripper, les mains aussi libérées que le cœur. J’appris à sentir, puis j’appris à étendre sur toute chose sa Solitude. Sa Vastité m’enveloppait et Il aplanissait cette Vastité dans le Regard. Le Cœur palpitait et Lui parlait en Son Secret. Les uns viennent buter tout contre leur paroi et leurs mains tâtonnent sans que leur esprit ne goûte à la moindre des réalités. Ce sont des ombres, ce sont des ombres, dit-Il, et je me réfugie en Lui, La Douceur. Cœur exponentiel, Cœur aimant et Cœur aimé. Les transparences de l’exponentialité se rassemblent au-delà des mots, vibrance parfaite dans le Jardin. Il me délivra des chaînes de tout ce qui nous attache à ce monde et Il me donna à ne pas me perdre dans les méandres. Il me donna le goût de ne chercher que Lui. Je vins au monde avec Son Lait. Toute chose qui L’évoquait et je courais sans plus attendre. Je collectais les pierres, même ceux qu’il ne fallait pas toucher et je collectais les fleurs pour en faire des signets au milieu des pages. Parfois, minuit chantait et je lui répondais irrésistiblement. J’y allais sans hésiter pendant que tout le monde dormait. Comment vouliez-vous que je me contentasse de certaines pratiques étriquées que le monde actuel nous impose ? Comment vouliez-vous que je me rangeasse dans les rangs de cette contemporanéité ? Vivre de rien. Vivre de sauvagerie et même de folie. Cela coulait et ne voulait jamais cesser. Cela était le jus de la non-compromission. Cela était le jus de l’orientation. Cela devenait Le Chemin, et nul ne peut le voir et en parler s’il ne l’a pas vu. Tel est l’orage qui gronde et telle est ma fougue quand le vent se lève et que le cœur est un univers. Je ne vois plus ce monde qui s’efface. Je ne vois plus ce monde qui court vers un faux pouvoir. Je ne le connais plus ce monde qui use de La Vie sans aller jusqu’au fond des choses. J’ai rencontré mon frère et les frères sont des âmes qui ne s’oublient jamais. C’est en Lui, Secret des Secrets, que nous vivons désormais et seule cette vie en Lui est La Guidance au milieu de La Nuit. Que nous importe le reste puisque tout périt excepté Lui.

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