Ici, en ce lieu

Tchoba

Peinture de Tchoba

.

Ici, en ce lieu, je ne suis plus le corps d’une femme.
Je suis sans cette matière, tel un homme dont les entrailles
Brûlent de mille feux, se dissout dans les flammes
Du souvenir qui surgit depuis ce pays et qui m’assaille.
Je dois cacher ma passion du plus grand des voiles.
Je m’enveloppe de mon linceul chaque jour.
En cette tombe j’ensevelis cet Amour.
Cri et larmes deviennent le chant des étoiles.
Lumières dans la solitude, moi qui ne suis qu’une femme.
Mon âme éprouve la puissance des astres et tournoient.
En la seule réalité de cet Amour qui n’est pas mien,
Les mains offertes aux cieux je ne suis plus qu’attraction
Au sein du Désir qui ne peut être que Tien.
Comment en serait-il autrement ?
Suis-je celle qui crée cette tragédie dans la complexité ?
Suis-je Désir, quand TU es Le Seul à décréter ?
Seigneur, Tu détiens tous les pouvoirs et tous les secrets.
Que puis-je par moi-même décider ?
Je ne suis plus, je ne saurai être ni femme ni homme, car TU ES.
Je T’appelle, mourant en cet APPEL.
Je suis l’inexistence en cette intime chapelle,
Cellule dans le monde Suprême des Hommes.
Je ne suis rien sans ce voile qui couvre mon corps.
Ensevelie vivante en cette tombe béante.
Mon cœur saigne et voudrait faire partie de votre Noblesse.
Pourtant, dans le sanctuaire de mon ivresse, je suis à TOI.

Océan sans rivage

Publicités

J’étais un Trésor Caché

Taj MahalPeinture de Bruno Feitussi

 

Broderie des effets de Ton Souffle,
Clarté de Ton Jour en notre approche,
Les pas sont notre Amour,
Des seules Réalités de notre existence.

Gerbes en ces parois de L’Âme,
Qui n’est ni d’Orient, ni d’Occident !
Ô Subtilité, lors que ne subsiste que Ta Présence !
Émerveillement des Bontés de La Rencontre !

Tu es venu en marchant,
Je T’ai suivi en courant !
Je n’ai pas su T’attendre.

Corolle des matins de Ton Eveil,
Et de La Nuit de Tes retrouvailles,
Dans Le Secret de Ta Volonté,
Lors que Tes lèvres dessinent Les Épousailles.

Ô Dune de nos rondes qui se sondent,
Ô Regard qui ne faiblit pas !
Ô Connaissance qui encense !
Ô Suc des parfums irisés des Roses sublimes,
L’Âme s’allonge sur les pétales de Tes Pas,
Lors que les yeux s’ouvrent à Ton Miroir,
Le Reflet est mille images à la fois !
Ô Fulgurance du monde qui prévoit !
Tu as devancé toutes les Cloches,
Et Tu as devancé tous mes pas !
J’ai vu Ta vive Marche en moi.

Tu as devancé tous Les Minarets,
En la seule prosternation du Cœur.
Le Temple est Ton Jardin,
Qui de ses gracieuses offrandes
S’élargit des élans de notre pudeur !
Comme gravitent ces prières,
En L’Aube de notre Rencontre !
Ne sont-elles pas Tiennes, Ô Orant !
Tes genoux saignent de Ta fidélité.

Tu as devancé les verts pâturages,
Et longé les fleuves indolents !
Comme est pâle L’Aurore devant Ton intrépidité !
Dans les vallées que cachent les Lumières,
Se lèvent Les Soieries de Ton Drapé !
Ainsi en est-il des Paroles du Sage :
J’étais un Trésor caché !

Mots (2)

Illustration de Honor Charlotte Appleton (1879 – 1951)

.

Poète, que tremblent Cieux et Terre,
Des mots gorgés de Ton Désir!
Au bout des mots que l’on expire,
Les subtilités révèlent enfin Quelque Mystère.

Ne sont-ce pas aussi les quintessentes prières,
Puissant Breuvage, qui a Tes lèvres suffisent ?
C’est en Ton cœur que les larmes se font chair,
Lors que Le Souffle traverse Ta Poitrine conquise.

I. Enfance des Mots

Tapie sous un manteau de Lumière,
Lors que les Peupliers magistraux dansent du vent amoureux,
Que ces valses de silence enlacent tes genoux studieux,
Que tu t’effaces devant les mots qui sont Ta Réalité intérieure,
Tu es La Seule Conscience de L’Éclosion du moment.
Tu lèves un regard vibrant de Reconnaissance,
Et soudain, les mondes sont à danser et faire de jolies Révérences!
Louanges à Celui qui tient en Sa Main ces myriades de Feu qui brûlent du Feu de L’Essence !
Toi !
Les mots sont à Ta Bouche, Le Suc de L’Enivrante Impétuosité !
Des Nectars du Miel et des Liqueurs de Ton Fleuve Virginal.
C’est ici que L’Esprit sait : Tu es La Source irriguant Les Calices de Ton Amour !

Les mots (1)

Peinture de Frederic, baron Leighton(1830-1896)

 

Mots, répandez-vous comme L’Horloge du Temps suspendue !
Soyez de grâce soutenue et de légèreté devant les effondrements de ces nues !
Courez sur les ruisseaux et ondulez sur les vallons de L’Aube advenue !
Suintez des Lumières et des Paroles suaves en ces douceurs crépusculaires !
Gorgez-vous des lèvres de La Bonté et dansez pour que L’Exaltation soit exemplaire,
Et ne mourrez jamais sur les courbes linéaires,
Des platitudes que rejoint le quotidien qui vous rendent mensongers !
Ne vous laissez pas suffoquer à la bouche de ceux qui n’ont pour vous que dédain,
Et pour La Vie, la négligence des instants fécondés !

Poète, l’es-tu vraiment, si de toi, la poésie ne fait pas de toi un Homme nouveau ?
Si n’est pas écorché ton cœur par les absurdités de l’insouciance ?
Si La Poésie n’est pas Ton Four et Ton Mortier, qu’es-tu donc à nous chanter ?
Viens vivre en mon secret, mets-toi à nu, et je te dirais qui tu es !
Combien de poètes ne sont qu’à étaler des mots sans consubstantialité!

Ô Mots, révélez vos sens en Ce Vivant qui souffre de La Dualité !