Le couloir Matriciel

Tout est parfait. Quand même la cruauté côtoie le merveilleux. Tout est exactement comme le tableau le plus extraordinaire, mouvant, incessant, caressé par le vent, buriné par le sable. Dans les plus grandes épreuves, nous sommes traversés par ces faisceaux de lumière. Nous levons la tête en notre intériorité et nous fermons les yeux au plus fort de notre silence. L’hébétude est aussi une rencontre. Au commencement, le parchemin est lisse et transparent. Plus nous prenons du recul et plus nous parvenons, par la cueillette régulière des rayons du soleil, telle une plante qui s’en nourrit, à nous laisser partir, non pas avec apathie, mais plutôt avec la chaleur du foyer que l’on nous a appris à entretenir, durant toute la vie. Nous n’avons jamais considéré la vie séparée d’elle-même parce que la vie ne sépare pas. Bien au contraire, elle nous apprend et nous protège contre nous-mêmes, contre nos manquements. Il ne s’agit pas non plus de condamner, mais de regarder. Voir, c’est entendre. Chacun, nous avons nos entretiens intimes avec cette vie, celle qui est apparue en nous, efflorescente en son unité, enseignante en sa multiplicité. Nous ne défendons ni ne condamnons. La vie est beaucoup plus vaste qu’un parti-pris. La vie est un déploiement exponentiel d’états d’être. Continuer à lire … « Le couloir Matriciel »

Mots (4)

HANA (flower) #chinese #japanese #calligraphy

Il est des mots dont je me gargarise qui me torturent de beauté indicible, dont la gorge se gorge et qui viennent assaillir les poumons et même le ventre tout entier. Il coulent à flot d’encre et de rébus, et de simplicité, et de veine fluide et de signes, et d’essence jugulée. Il est des sons qui m’empoignent et me font hurler, quand courbée, je quémande et implore pitié, sans vraiment y croire, sans même fuir, me laissant crucifier à leur douleur mémorable et à leur vœu enchanté. Il est des images qui me lient au regard sans que je puisse m’en défaire et qui tourmentent mon corps et ma chair en leur intensité. Le ciel enfante et moi je suis chancelante, ivre et imperturbable aux mondes qui fuient sur les rives improbables. Il est des touchers qui deviennent des odeurs que la terre engendre dans le sein de son miracle, et il est des touchers qui sont mes pas sans mesure et dans les rues de la ville, j’embrasse le monde entier, libre d’aimer, et libre de marcher. Il est des naissances qui ruissellent sans qu’aucune seconde ne soit la fin, ni le commencement, et j’entre en ce Regard et je dis que je suis à T’aimer. Que le Verbe est l’incarnation des choses et que les choses sont les effets de nos intentions et que la puissance anéantit les montagnes et rend invulnérable l’oiseau. Il est des Chants d’une telle force que l’on se surprend hagard au sommet, inondé de pluies, inondé de larmes. Il est des mots qui ont enfanté les terres et les rivages, et il est des mots qui ont lié le ciel et la terre. L’océan a clamé et le sable s’est effacé, lisse sur les plages du nouveau monde. Il est des mots qui ont fui d’autres mots, et d’autres encore qui ont tout résorbé. Dans la chair de mes poumons, Il a tressauté, ivre de naître dans le sein des mots, dans le Silence qui a sonné, vibré. L’entends-tu ? Oh ! l’entends-tu ? Le corps en lyre ?

Mots (3)

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Oh ! Les mots ont la force du Silence, quand de cette Puissance, l’archet tremble des beautés inavouées. Il n’est pas vain d’avoir rompu avec les saveurs du monde quand nous étreignent les ravissements et que nous emprisonne la liberté de L’Infinité. Entends-tu comme souffle le désert qui s’écorche de ses pleurs, et entends-tu comme le cœur est devenu l’inattendu Oasis ? Pleures-tu ? Pourtant le sable chaud enveloppe les vagues de ton âme, L’Assoiffée et le soleil en Sa cruelle Présence devient folie de notre complice vision, quand flotte au loin le caravansérail et qu’avancent les pèlerins du Voyage. Entends-tu l’effleurement des grains de sable quand le pied s’enfonce dans les rosées du Soleil levant ? La longue marche de nos devancements, quand L’Appel est déchirant de nos brûlants envols au crépuscule des feux du jour. Ici, les mots glissent sur les intenses moments de notre absence, quand Le Soleil au zénith de notre effacement, règne souverain. Qui donc s’allonge sur les dunes, et qui permet au Souffle de ne plus respirer ? Es-tu ma vision, ou bien est-ce Toi qui ôte à mes voiles l’incandescence de la rupture ? Où es-Tu puisque je Te vois partout ? Le Zénith a eu raison de ma raison. Tel est cet élancement consumant qui de mille manières me fait mourir, et de mille autres renaître auprès de L’Amant. Et si je ne Le voyais pas, Le pressentirai-je en l’effervescence du Regard, quand la chaleur de l’invisible est Son Toucher et si je ne Le cherchais pas, L’aurais-je vu maintes fois courir au devant du Par-Delà ? Il a connu ce qu’Il a connu, et Il a trouvé ce qu’Il a cherché. Le monde s’est souvenu, des écartements encore, il balbutie et s’écorche dans les violences de son oubli.

Chemin des mots

Giacomo PacchiarottoPeinture de Giacomo Pacchiarotto (1474-1540)

 

Nos mots sont du passé, mais ils disent l’avenir ;
Nous les posons en ces recueils comme dans une arche
Où reposent les semences des moissons à venir.
Le temps vient, où l’homme s’entend dire : « Lève-toi et marche ;

Laboure ta terre intérieure et creuse le sillon.
N’as-tu pas compris que tu es toi-même la graine
Du prochain monde, la chrysalide du papillon ?
Sinon, à quoi bon ces jours vains que tu égraines ? »

N’écoute pas nos mots comme voulant les comprendre,
Ils ne s’adressent pas à la raison mais à l’âme ;
C’est l’intention en eux qu’il te faut entendre.

Alors les miettes de pain se changent en cailloux blancs
Et tu suivras sans t’égarer le fil d’une trame
Qui tisse l’horizon vrai et non ses faux-semblants.

Marc

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Dieu de mon Enfance

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L’une des meilleures choses que j’ai apprise en ce monde,
C’est d’être un passant. Il m’a fallu du temps
Avant que ma résistance obstinée ne fonde.
J’ai appris ce que je savais déjà, pourtant.

« Tout ça pour retrouver le Dieu de mon Enfance ! »
Je repense souvent à ces mots, ces derniers temps
Car ce Dieu est aussi Celui de l’innocence,
Celle qui fait marcher pèlerins et pénitents

Sur les chemins de la Divine Miséricorde.
Mais nul ne s’en retourne sans devoir remonter,
Ni ne progresse sans épreuves à surmonter.

À Saint-Sulpice, où nous nous ceignîmes de la corde,
Nous franchîmes la Porte pour un aller sans retour
Car déjà de ce monde s’estompaient les contours.

Marc

 

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Rayons du Coeur

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Au plus culminant, Lors que Le Soleil darde Ses Rayons au Cœur des Univers, et qu’Il ensanglante les horizons, Le Feu devient fraîcheur des ondées crépusculaires. Il est des âmes qui Le vénèrent et prisonnières, elles sont de Sa Beauté. Tandis qu’une étoile aux perles empourprées, s’offrent aux ondes virginales et soudain immaculées, La Terre tournoie et devient féconde des mondes successifs et des mondes exaltés, car d’Amour gorgée, Elle boit en ces Lacs de Majesté. La Source est d’Or pur, et de Cristaux ensemencés. Aux touches diaprées de Son Souffle, le murmure subtil est Le Chant de L’Empyrée. De caresses aurorales en caresses subliminales, les mots sont vagues d’Amour depuis Le Glorieux Jour du Miroir Révélé. De Folie en Folie, les larmes sont des effluves de pluie éthérée. L’Humus entre en Transe et Son Haleine chaude encense nos pas feutrés. C’est en cette quiétude que Le Roi contemple chaque parcelle de vérité, et c’est en cette plénitude qu’est la pleine vacuité. Se sont suspendus les jours et se sont suspendues les nuits, lors que soudain s’envolent les morceaux du Ciel retrouvé. Qu’en est-il de Ta Nuit, Ô Soleil, lors que Tes Rayons épousent un autre Jour ? En ce Réceptacle, chacun de Tes Soupirs exhalent une Aurorée.

Goût de Fleur

Hana ikkon (Une coupe en admirant les fleurs), woodblock print by Tsuzen Nakajima (Japanese)Estampe de Tsuzen Nakajima

 

La Connaissance exulte de L’Ivresse tel le parfum qui s’extasie au gout de la Fleur. Des jours dans l’embrasure des Portes que l’on ouvre grâce à La Clé du Cœur. Les abeilles butinent le pollen du Ciel de leur Âme puis arrosent de poussière d’or la Terre. Des myriades de signes en L’Ouverture Céleste. Quand L’Un s’accomplit, Tous sont en route et La Lumière sourit.