Pèlerinage

L’Âme vibrante sur Terre et dans les Cieux s’enchante
Du goût des lierres, pendus au mur, au creux du Temps,
Si vive et si légère parmi les herbes qui hantent
Le chemin, quand subrepticement naît l’instant.

La vie est un pèlerinage qui, semblable au voyage,
Nous invite en un lieu où séjournent les Amis de Dieu,
Et de leur longue veillée est un témoignage
Que respectent tous ceux qui font allégeance aux Cieux.

Heureux ceux qui demeurent fidèles à L’Origine,
Et du Sceau de leurs écritures avivent nos cœurs !
Heureux sont les Anges dont les ailes illuminent

Les descentes du Verbe glorieux et vainqueur !
De vivre mille défaites, un jour, l’Âme s’éveille,
Et du florilège d’une graine naissante s’émerveille.

Mon Aimé

Peinture de Salvatore Postiglione (1861-1906) 

Mon Aimé, viens, jouons, cette île nous a trouvés,
Nous a couverts d’un drapé occulte et nous y garde !
Mon Aimé, aller au centre est la sauvegarde,
Et chaque instant du jeu est une éternité !

Mon Aimé, viens, dansons sans jamais nous soucier !
Notre patrie retrouvée s’amuse de notre mégarde.
Quand l’ondée céleste étend son infini cadre,
Nous voici sertis, de la tête aux pieds, de gaieté.

Mon Aimé, aimons-nous sans plus nous désunir,
Accrochés à nos souffles embrasés de désir.
Viens, volons et découvrons ce nouveau monde.

J’ai vu la colombe vêtir L’Amour de douceur,
Lors que nos âmes unies s’élancent et forment cette ronde.
Mon Aimé, entends-Tu le doux chant de notre cœur ?

L’Océan

Peinture de George Frederic Watts (1817 –1904 )

Connaissez-vous Amour qui vint de L’Océan,
Et connaissez-vous ses vagues insoutenables,
Se fracassant sauvages sur les fragiles flancs,
Faisant chavirer ses lourds flux insatiables ?

Quand une vague passe et que l’autre vous submerge,
Sans laisser de répit, ou si peu, lors que vous soufflez,
Connaissez-vous cette folie qui vous bouleverse,
Ces menus détails qui vous laissent comme dispersé

Aux quatre vents ; et quand Amour vous offre ses Bras,
Dans sa troublante Force baignée de pure Lumière,
Et vous écartèle, puis que le cruel trépas

Vous fait basculer sur des rives singulières,
Vous gisez ainsi haletant, sans plus penser,
Lors que du corps dissous, jaillit l’Éternité.

Chemin de vie (3)

Peinture de Auguste Toulmouche (1829-1890)

Il n’est pas un détail qui nous semble anodin :
Cela naquit dans le sein complice de l’enfance,
Quand la mère nous submergeait de son doux parfum ;
Aujourd’hui encore suave est sa présence.

Sa grâce traverse tous les âges et ses tendres mains
Ont marqué mon être à tout jamais par leur douceur.
Douce est cette femme aux gestes lents mais plein d’entrain,
Son visage lumineux, la finesse de son cœur.

Elle pliait le linge ; j’y plongeais sans retenue.
Chose peu commune, sa silhouette nimbée de lumière
M’enthousiasmait et me transportait dans les nues.

C’est une Reine qui régna en mon cœur amoureux.
Elle éveilla en moi cette grâce singulière,
De nourrir pour l’instant, un Amour mystérieux.

 

©Chemin de vie, La Mère.

Le Chant du Barde

(Saison 2)

Chemin de vie (2)

Peinture de Guy Rose (3 mars 1867-17 novembre 1925)

La promesse d’un autre siècle me fit revenir,
Ruisselante d’une colonne jusqu’à la noble Terre,
Suintante de brûlures qui voulurent nous maintenir,
L’épanchement munificent d’un Mystère.

Nous rencontrâmes l’âme veilleuse d’une fourmi
Et nous lui parlâmes de notre extase, de notre rêve
Exhalé, un beau matin d’été qui frémit,
Épandu d’Amour, en cette suave Corolle qui s’élève.

La fourmi travailleuse nous appris tant de choses.
En silence, nous la suivîmes jusqu’à sa maison ;
Lors, il nous vint de respirer la grâce d’une Rose.

Son Souvenir nous hante, puisque de sa floraison,
L’éternel parfum du dialogue de nos âmes,
Me conduit au-delà des combats qui se trament.

***

Les hommes tremblent et conçoivent d’inutiles édifices,
Afin de se rassurer d’un vide abyssal.
Pourtant, Le Souffle est une Rose sans artifice.
Le découvrir est un doux éveil auroral.

Il n’est pas un moment qui imprime sa douceur.
La fourmi chemine et je souris en secret.
Elle fut ma complice et je connais son labeur,
Tout comme l’araignée qui tisse ses mots enchantés.

Bien souvent, j’attendais l’inconnu tant rêvé.
Je tendais les mains et buvais à la fontaine
Les fraîcheurs juvéniles d’une joie étonnée.

Mon cœur solitaire appréhendait la Rencontre.
Quand elle survint, jaillit un profus Océan.
C’est ainsi que naquirent nos longues heures profondes.

 

Ode à la Nature

Peinture de Carlo Dolci (1616 – 1686)

Il est des âmes frêles que l’on voudrait protéger.
Il est des êtres si graciles qui viennent sans relâche,
Des mondes invisibles nous aider dans notre tâche,
Puisque leur nature éthérée connaît tous nos secrets.

Ils sèment, nuit et jour, tels des paysans besogneux
Les graines du firmament et nous mènent au labeur.
C’est à la lueur d’une chandelle, le cœur heureux,
Que l’on cueille enfin les fruits mûrs du Temps vainqueur.

Il est des instants exquis qui veulent renaître,
Dans la magie des lieux, dans le tumulte des flots,
Des parterres de lierres acres et du chant de L’Hêtre,

Des violettes insouciantes, de l’écorce d’un bouleau.
Mes joies devant La Nature, qu’aucune main humaine
N’égale, viennent me réchauffer de douceur certaine.

Dis-moi, Barde !

Peinture de Carlo Dolci (1616 – 1686)

Pourquoi d’une enfance sereine toujours exaltée,
Dis-moi, je marche encore dans les vastes plaines,
Chevauchant le Ciel et friande de gaieté,
Libérant notre aigle qu’un frisson toujours nous ramène

Depuis les cimes lointaines jusqu’au souffle enchanté ?
Dis-moi noble Chevalier, quand tu surpris la Reine,
As-tu cherché à conquérir son âme humaine,
Où bien trembles-tu de son Baiser tant redouté ?

Pourquoi, lors que le monde chavire de délire,
Dis-moi, au charme exsudant d’une Rose parfaite,
Le Soleil éclaire le perpétuel souvenir ?

La Lune bleue s’étonne de la pesanteur muette,
Pourfendant le cœur des récitants de la nuit.
Dis-moi donc, qu’est-ce que tout ceci, mon bel Ami ?

Chemin de Vie (1)

Peinture de Annie Stegg

Il nous vint souffrance comme éperdue de larmes.
Il nous vint aussi distance, comme nous fracassant
Dans les regards d’indifférence qui nous désarment.
Lors, il nous vint errance dans le trouble des tourments.

Puis, il nous vint  perplexité dans la nature.
En ces liesses exultantes comme échappée de tout.
Il nous vint, si vibrant, L’Esprit d’aventure,
Le rire à travers les facéties de l’avant-goût,

Trempée dans la suée du front bien téméraire,
Le poing levé brandissant l’épée d’une guerrière,
Dans les ronces des vastités du questionnement.

Solitaire et farouche, vois Le Dieu du cœur aimant.
Des subtiles réponses, que devins-je dans la tourmente ?
Sache, Ô toi ! La Vie fit de moi cette endurante.