Dimanche

Original custom watercolor portrait girl, boy, child. Painting from photo is a personal gift for mot

 

 

Qui que tu sois,
Où que tu sois,
Laisse ouverte la porte.
Il entrera peut-être un Ange…

Conte de Décembre : l’enfant de la forêt magique (1)

Illustration de Tae

Il me vient ce petit conte, que j’ai retrouvé sur un parchemin, enroulé bien sagement dans le vieux tiroir de la maison du fond des bois, et ce conte est l’histoire étonnante d’une vision encore plus étonnante, qui est celle de l’intériorité. Sans elle, que pourrions-nous vraiment vivre ? Il est dit dans ce rouleau qu’il y a très longtemps, il y avait une forêt magique. C’est là que naquit un élément très pur, que nous appellerons enfant. Nous voyons chaque jour partir des petits êtres dans les villes, très tôt le matin. Ce sont des enfants aussi. Pourtant, l’enfant dont il est question dans cette histoire n’est pas vraiment un enfant. Il se trouve, que cet être avait la faculté de se changer de mille façons différentes. Il lui suffisait de poser son regard sur une chose, ou bien sur une créature pour aussitôt devenir cela même. Cet enfant n’était pas de ce monde. Il n’allait pas à l’école, ne traversait pas de rues bruyantes, ni ne croisait de camarades. Puisqu’il n’avait pas de forme précise, quand il voulait se reposer, il devenait terre. Quand il voulait aller plus vite, il devenait eau. Mais, s’il lui arrivait de vouloir s’envoler, il devenait air. Il prit très tôt conscience de ces sortes de dispositions. Imaginez-vous comme il se sentait profondément heureux et libre ? Chaque chose, il la vivait en lui, sans même comprendre qu’il y avait un extérieur, ou bien un intérieur. Pour le moment, il aimait rester dans la forêt profonde. Il se sentait à explorer l’inexplorable. Plus tard, il découvrit le feu et son pouvoir. Ce fut une de ses plus extraordinaires expériences. Il prit tout son temps, car, peu à peu, il comprit qu’il pouvait simultanément devenir plusieurs choses à la fois. La terre lui conseillait de toujours prendre le temps, et le temps le donnait au silence. Il devenait frémissement léger du vent, et aussi les feuilles dans les branchages. Chaque fois qu’il posait son regard, il apprenait encore mieux à voir, à sentir, à goûter, à saisir, à chanter, à danser.

© Océan sans rivage, Conte de Décembre : l’enfant de la forêt magique 

Digression (24)

jody bergsma art #wolves; owl; deer; raccoon; man;

Nous finissons par jouer, tremblant au souffle du roseau, et d’incantations délicieuses, nous laissons le soleil advenir de splendeur en sa demeure intrigante. Il est une sorte d’éloge qui vient depuis l’autre rive, quand L’Ailleurs est une Danse. Je reviendrai, petit homme, chaque matin, je reviendrai vous attendre sur le chemin, quand se croisent les aubes naissantes de nos lendemains, je reviendrai, sans jamais lâcher votre main, au silence de l’arbre qui vient. Je n’ai pu oublier les paroles du sage que nous croisions ensemble sur le chemin, feutrés des pas du loup, de l’ours et compagné par la Dame blanche. Il nous en souvient comme d’hier, quand au loin, j’entendais les larmes d’une brume qui proclamait tout de même l’enchantement. Les chérubins se bousculaient secrètement devant le fameux repas de nos noces et nous soupirions en ce sourire cristallin. Nous leur avions fait le récit mirifique des fruits géants, fruits que l’on ne devait pas approcher, sous aucun prétexte. Car il s’agissait de monstres légendaires qui s’étaient malicieusement déguisés pour tromper les petits enfants. Mais, chut ! Rien ne nous embarrasse autant que les cous rigides et les nuques raides. Je cite vos paroles, petit homme. Quand j’étais confinée dans le salon familial, éclairée par une simple lueur de bougie, je lisais les contes des vieilles terres. Pourtant, il m’arrivait de me laisser distraire par cette flamme que je rapprochais le plus possible de mon livre pour être ainsi mieux éclairée, et la cire ruisselait de pâleur jaunie. Petit homme, c’est dans cette alcôve que nous fîmes nos vœux. L’Amour culmine mais l’Amitié est le sublime parachèvement de toute rencontre. Voyez comme les feux follets sont les complices de notre sortilège. Vous ai-je raconté le récit de ces anges qui tenaient patiemment les plats du dîner et comme il nous en coûtait de ne pas alléger leur service en finissant le repas plus vitement ? Nous les cherchions dans les étoiles blanches et la neige chantait des paroles parfumées au goût de l’autre monde.