Allégorie du Jardin de L’Âme (5)

Peinture de Abdur Rahman Chughtai 

-Le marché- 

Lors que je m’assieds en leur Présence, je perçois leur âme flotter en cercles de Lumière et les ruissellements de leur amour m’emplit d’une Joie ineffable et me voilà submergée par une aspiration incontrôlable. Quelque chose s’évade en eux, et je saisis au vol de leur danse, les mille demeures que voilent les pudeurs de la rose, à peine éclose, aux senteurs du Regard. Comment les quitter ? Je laisse, auprès d’eux, celle qui ne s’absente jamais. Elle demeure fidèle à leurs pieds et ne craint nullement de paraître hardie. D’ailleurs, ne m’ont-ils pas tout appris ?

J’avance au bras du Pèlerin, et je ne peux m’empêcher d’imprimer en mon regard tous ces gens, si singuliers et si bienveillants. Je n’en oublie aucun. Mon compagnon marche d’un pas ferme et déterminé. Ai-je le choix ? Je le suis sans objecter, car sa rigueur me gagne et me transmet soudain une force inouïe. Je n’ose même pas lui poser de questions. Sa poigne est gage de son amitié et cela me suffit. Nous traversons ce marché qui semble incroyablement sans limite. Le soleil resplendit au-dessus de nous et donne à chaque chose un éclairage joyeux. Ce marché est sans aucun doute très dynamique. Néanmoins, je réalise que nous sommes seuls à le traverser. Soudain, Le Pèlerin s’arrête. Sur l’étalage, je distingue une multitude d’oiseaux, tous alignés les uns contre les autres. Je ne sais pourquoi, tout à coup, je suis envahie par un indicible amour effusif. Les oiseaux n’ont pourtant rien d’extraordinaire. Ils ressemblent même à de simples moineaux. Cependant, même s’ils me rappellent nos oiseaux bien familiers, je sais qu’ils sont d’une toute autre espèce. C’est à ce moment que le marchand qui me scrute attentivement me tend l’un d’eux et me somme de le manger. Cela m’apparaît si insolite que je reste indécise et n’esquisse aucun geste pour saisir l’oiseau. L’homme me sourit et insiste : mange-le, te dis-je. Comme hypnotisée, j’obtempère. L’Oiseau, qui se loge en moi, me donne à ressentir ce qu’il est impossible de décrire. Il n’est plus un oiseau, mais ma propre âme, à laquelle je goûte, en reconnaissant chaque effluve. L’oiseau devient mille mondes, mille étoiles, mille univers, mille perceptions, mille couleurs, mille autres insaisissables saveurs. Je ne sais plus revenir à la réalité crue. Cette explosion en moi est une renaissance dont on me divulgue les subtilités, les essences, les voluptés incommensurables. L’Oiseau est une Lumière que l’on goûte et l’on ne peut plus jamais vivre comme avant. Le marchand rompt le charme et me dit : jamais il n’aurait été aussi savoureux s’il n’avait cuit et recuit. Je savais bien à quoi il faisait allusion et je comprenais même ce que cela impliquait. Je demeurais hébétée face à lui. Nos yeux se parlaient et au-delà de ce que je pouvais comprendre à ce moment-là, je mesurais combien la confiance est une stabilité lors du cheminement. Lors, Le Jardin de La Vision nous donne aux réalités de La Certitude et révèle en nous L’Echo d’une pré-science. Pourtant, L’Oiseau te murmure : il n’est rien qui ne doit se figer et ce que tu vois ici, est encore, en un au-delà, à manifester les Quintessences des mondes attributionnels de tous les noms. Ne t’arrête jamais…

© Océan sans rivage, Allégorie du Jardin de L’Âme

 

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Allégorie du Jardin de L’Âme (4)

-Le Marché-

Au tout début, il n’est aucun Jardin visible, excepté en l’imagination. Ne confonds surtout pas l’Imaginal et l’imaginaire. L’Un relève des correspondances jaillissantes depuis les mondes du pur intelligible et l’autre relève des appréhensions occultes du rêve. Le rêve est un parcours de croyances, d’émotions, d’adhésion, d’identification, et de cultes qui ne disent pas toujours leurs noms. Quelque chose qui se cherche en cette tension, parfois qui dérive en la plus grande des ignorances. Un jour, au Jardin de La Vision, je fus entraînée dans les hauteurs d’un grand marché. Toutes sortes de négociants, les uns plus insolites que les autres, faisaient étalage de leurs marchandises. En ce monde-ci, un tel endroit n’existe pas. Du moins, n’est-il apparent que pour les plus minutieux observateurs. Néanmoins, j’émets une grande réserve quant à cette possibilité d’y accéder simplement. De fait, c’est justement la simplicité qui est devenue inaccessible au regard du commun. Un ami de longue date m’accompagnait. Il s’agissait d’un pèlerin. Il me tenait par le bras et me fit gravir un chemin assez pentu, jusqu’à ce que nous parvînmes à cette immense rue où se dressaient les étalages, tout du long. Je regardais avec un ébahissement à peine dissimulé tous ces marchands. Chaque fois, je prenais le temps de m’arrêter, et chaque négociant m’offrait une explication exhaustive de ses produits. J’écoutais attentivement ce qu’ils souhaitaient me transmettre. Ils étaient plein de sollicitude. Ils n’hésitaient pas à me redire les choses que je ne comprenais pas. Il faut savoir qu’en cet endroit, il est d’usage de faire don de son savoir. Ces marchands n’avaient aucunement le désir de négocier, chose assez singulière pour des marchands. Ces gens ne vendaient rien. Dès lors que nous entrons en leur monde, ils savent qui nous sommes et de fait, ils nous donnent exactement ce qu’il nous faut. Je leur demandais : dois-je vous donner quelque chose en échange ? Ils me répondaient avec un sourire convenu, l’air énigmatique : non, c’est à notre tour de te donner. Le pèlerin qui me compagnait connaissait assurément ce lieu et me dit : viens, je dois t’emmener voir quelqu’un en particulier.

(A suivre…)

© Océan sans rivage, Allégorie du Jardin de L’Âme

 

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Allégorie du Jardin de L’Âme (3)

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De L’Absoluité de La Vision, il n’est que Contemplation au regard de L’Aimé, puisque La Compassion n’est pas apitoiement, mais juste Réalité de perceptions. Au Centre du Jardin, il est un bassin conçu uniquement d’effusion d’Amour. Toujours en Son Jaillissement, La Fontaine est aussi Source abreuvante. Les pas nous mènent, sans qu’aucune hésitation ne vient nous troubler, au sein des effervescentes et frémissantes inspirations. Voici les étoiles courantes et les éclats de lueurs descendantes de chaque mansion lunaire. L’Épopée est tantôt de gestualité légère et souvent de substance exhalée en la seule éclosion florale de L’Épousée. Il n’est de regard crépusculaire qu’en L’Aube de La Vénusté. Tel est Le Décret. Toute chose que tu vois est en correspondance avec ton cœur purifié. Les bourgeons, les feuilles, le vent, la lune, les étoiles, le firmament, les mondes visibles en leur minéralité, les mondes en leur végétabilité, les mondes de l’animalité, les mondes éthérés et fluviaux, les sphères tournoyantes de l’écorce de toutes forêts. Vois-tu se dresser Le Père ? Il est L’Ancêtre et seul lui t’ouvre l’accès à la forêt. Il te parle et t’interpelle. Lève-donc le regard en Sa Beauté. Il est certes imposant et même majestueux. Son Silence n’est pas un mutisme, mais grande compénétration. Sa Sagesse lui octroie ce titre et tous les arbres sont cette assemblée secrète au cœur de la forêt. L’Arbre que tu pressens n’est pas celui uniquement que tu vois. Sache, qu’en Lui, il est une myriade de réverbérations subtiles. C’est de Cela dont il te fait souvenance. En ce Lieu de L’Esprit, la magie opère pour un cœur qui reçoit. Si tu viens chargé d’offrandes, il te dit : laisse-donc tout cela. Alors, il t’enseigne comment te dévêtir et retrouver la seule nudité en toi. Approche doucement et ose l’effleurer de ton baiser d’aspirant. Car, il n’est nullement avare, et son tronc de droiture, n’est nullement sécheresse. Il te fera la confidence de chaque aléa, et te donnera à toutes questions, cette réponse : cela est en toi ! L’Immersion vient des oraisons répétées, unifiées, reliées en La Lumière. L’Immersion est en ce corps. Tel est Le Breuvage. Même le vent devient une Source dont les membres externes et internes reconnaissent La pleine Réalité. Alors, il est un bourdonnement, tel celui de l’abeille. Parfois, ce sont les cordes subtils de La Lyre qui dansent au son de La Joie éternelle. L’Invocation est au Souffle de L’Origine et L’Âme surgit depuis les ténèbres de La Vision. Elle secoue en toi tout le corps entier. Le Jardin t’enseigne, en sa plénitude régulière, les connaissances qui ont pour orientation de te donner à l’entièreté des effets des répétitions de la mention unitive en La Lumière. Au bout d’un moment, tu discernes les couleurs de chaque royaume. Chaque nom est une signifiance. Je te conterai les essentialités des jalons conceptualisés au toucher des correspondances. Je te ferai entrer en la concomitance des noms. Tu comprendras que Le Jardin de L’Âme est une Fleur qui s’étend depuis ce monde jusqu’aux infinités de toutes les possibilités de La Création en ce Cœur d’Amour. Telles sont les Noces de L’Esprit, du Corps et de L’Âme.

© Océan sans rivage, Allégorie du Jardin de L’Âme

 

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Le suintement d’une fleur

Suintement d'une fleurPhotographie d’Océan sans rivage

Gardons en nos mémoires cette fleur de tournesol
Dont la tête penchée semblait comme en révérence.
Une nuit, une main désoeuvrée lui brisa le col
(C’est ce qu’inspire à certains les nocturnes errances).

La tige resta plantée seule, hébétée, longtemps,
Au milieu du jardin soudain pris de tristesse ;
Nous ne désirions pas l’en ôter pour autant,
Comme si nous avions senti en elle une promesse,

Un secret espoir, que nous n’osions formuler ;
Puis une intuition, les prémices d’une certitude :
La nature n’est pas prompte à capituler.

Les jours passèrent. Un matin, de la tige sortit
Une fleur, qui s’annonça d’une seconde le prélude !
Que d’Amour en cette incroyable répartie !

Marc

Lors que j’ai vu le suintement d’une fleur,
Je sais que jamais le vrai Amour ne meurt.

Océan sans rivage, Étrange

 

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Allégorie du Jardin de L’Âme (2)

 

Chaque émanation de Ton Feu de Lumière est une Béatitude sans fin et chaque paume de Ton Cœur est Une Grâce offerte en La Majesté Lunaire. La Joie est semblable en L’Astre imprenable, semblable à Ta Sollicitude rayonnante. En L’Alcôve du Jardin se déploient les drapures de mille azalées et c’est en cette quiète assise que La Fiancée se laisse vêtir du Souffle de L’Éthérée. Éon des sublimations du seul Silence qui s’offre en L’Éternité.

Te souviens-tu de cette Oraison des houles de L’Océan, tremblante aux rivages des plaintes et des langueurs ? Ton Regard épouse les fulgurances de la pensée et s’évanouit au son des Contemplations. En L’Empyrée de La Joie, L’Océan danse, et s’élance en ce tumulte aussi loin que l’enlacent les bras de L’Azuré. Ce sont les divines Noces, lors que L’Âme est L’Amie qui désire auprès de Toi ne plus être et vivre La Joie de Ta Présence exhalée. Tu déposes en ce Sceau, Le Saint Secret et nous volons unis soudain au-dessus de tous les lieux, au-dessus de tous les espaces. Il est des hommes qui en leurs épousailles tressent les vignes du Soleil et boivent en l’effusivité de La Splendeur. Ainsi se trouvent-ils ici, en la faveur de leur pré-existence, à retrouver L’Empreinte de L’Aimé. Voici les fanfares célestes qui applaudissent au Retour des frères, car ils sont en cette affinité de l’Âme. En Sa Parole de Lumière, il a été dit : entre en Mon Jardin. Le Cœur éclot des dispositions du miroir et L’Âme s’émeut d’être assise auprès de ses frères. Elle est la disciple. En chaque chose, Elle se dresse hiératique et attentionnée. Elle est l’observatrice assidue. Elle est la douce compagne. Lève-ton regard en L’Amour et L’Amour est Resplendissance que les sens internels font descendre en ces mots. Mes frères, nous nous re-connaissons, fratrie de L’Âme ! Mes frères ! Voici Le Chapelet de Cristal et je le dépose révérencieusement à vos pieds. Nos yeux sont ceux de nos âmes. Pureté à ces Joyaux de Lumière ! Pureté devant Le Trône qui rassemble les semblables. As-tu saisi par Le Regard supra-sensible les réalités du monde de l’Au-delà ? Voici que les mains parlent, que les bouches dévoilent chacune leur secret. Voici que les yeux révèlent les mondes de leur intériorité. Tantôt infernaux, et tantôt de délices. Voici que chacun porte en lui son odeur. Je te parlerai du Trône, lors que les pas dansent au son des tambourins, que les voiles sont les sourires du matin. Il aime La Beauté ! Amour ! Des grappes de Ton Sourire sur le corps des frères. Telle est L’Assemblée de convergence. Telle est La Lune qui s’unit au Soleil, son Bien-Aimé.

© Océan sans rivage, Allégorie du Jardin de L’Âme

 

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Allégorie du Jardin de L’Âme

 

loumargi: “Kinuko Y. Craft (Japanese American, born 1940) ”Peinture de Kinuko Y. Craft (Japanese American, born 1940) 

Aux tréfonds des profondeurs de l’invisible, lors que La Fiancée entre en ce Silence de L’Alcôve pourpre et des lilas de l’améthyste, voici que les anges l’entourent des bienveillances de la convenance seigneuriale.  En ces parures que l’on parfume des confidences du Bien-Aimé, la chevelure s’évade sur les soieries de l’effusion diaprée. A Sa Main, L’Anneau de L’Alliance qui parachève les discours en ce Jardin éclos. Voici que s’effacent, un à un, les souvenirs de L’Ancien Monde, puis subsiste L’instant unique de La Naissance. L’Océan entier, de Sa Réalité abyssale et insondable, flotte au-dessus de La Roseraie Céleste, et le pourpre crépusculaire est inondé des senteurs de Son Intimité. La Fiancée se tient droite au-delà de tous les naufrages et en La Nef Royale, les chérubins bercent chaque vague en Sa Main Bénie d’Amour. Il ouvre large les Signes de La Signifiance et S’occulte en L’Aube de Ta Chevelure, Ô Vénus de L’Alcôve ! Des constellations qui s’acheminent en ces retrouvailles, tes yeux font éclore les mille mondes virginaux, ceux que même Le Calame ignore en L’Encre de Son Amour effusif. Des rivières de confidences s’offrent en pâles arborescences, lors qu’un seul Arbre s’étend en La Majesté augurale. Sache, Ô Amie de mon Âme, Toi, La sublime virginale des nuits de L’Infinie Vision, sache, Ô Amie de mon cœur, L’Âme en L’Âme, lors que vient L’Oiseau du Royaume, même le vent frissonne et s’éteint à La Présence. Par la douce psalmodie de La Quête, Le Jardin se suspend aux rubis de Ton Haleine et à l’étincelance de Ta Parure. L’Étonnement s’unifie à L’Arc de Tes Sourcils dessinés en ce toucher délicat, et le nacre de ta légèreté s’évanouit à la blancheur de Ton Soupir vénérable. Ici est La Vesprée de Ton Souffle ! Ici est ma Demeure véritable, en L’Être, dont Le Nom est un secret à L’Épousée. L’Oratoire est tel un enclos au cœur des pétales de notre langueur. L’Esprit s’achemine en cette chevalerie de l’impalpable, lors que le toucher est, en sa concrétude, imbibé des lumières du cœur. Tel est le vasselage d’Amour. La Fiancée est en la nuptialité éternelle et en La Re-connaissance, Coupe abondante d’une fontaine de Jouvence, lors que Les Roses sont ses seuls atours.

© Océan sans rivage, Allégorie du Jardin de L’Âme

 

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