Ose aimer ainsi

Peinture de Christian Schloe

 

Aime-t-on une seule fois sans jamais plus aimer ?

Ose aimer ainsi !

Mon cœur est-il de pierre pour T’aimer uniquement quand j’ai besoin de Toi ?
Disparais un instant, je T’aime encore !

Toi !

Ainsi L’Amour est Éternel de Sa Réalité !

Es-tu l’écueil que des écumes dispersent ?

Le Cœur est-il mille pétales que souffle un vent ?

La Lune a disparu des éclipses de ses danses étoilées.
Elle s’est cachée dans les nues de Tes Bras.
J’ai attrapé sans ne plus rien connaître que les éclats des mille et un reflets de Ton Sourire.
J’ai vu Ton Immensité se coucher sur les lits de Tes Constellations.
Les vagues de Tes avalanches bousculent mes pas et je tiens encore !

Oh, je tiens encore !

Toi !

Je ne suis pas une infidèle, puisque je ne sais pas T’aimer autrement et, je tiens farouchement La Main de Ta Présence !
Je ne suis pas celle qui oublie et L’Océan entier bouillonne de Ton Effervescence !
Vois ! Ton Soleil caresse  L’Horizon ondoyant !
Je ne crains pas de m’enflammer à Tes rayons sanguinolents.

L’Alchimie opère et… que connait-on de L’Alchimie ?
Tu es à cuire des firmaments de Ton Amour !

Toi !

Ose aimer ainsi !

Celui qui aime une seule fois aime éternellement.
Celui qui ne sait pas aimer ignore la fidélité !

Je plonge en Tes Yeux qui ne meurent jamais.

Ose aimer ainsi !

Mots (2)

Illustration de Honor Charlotte Appleton (1879 – 1951)

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Poète, que tremblent Cieux et Terre,
Des mots gorgés de Ton Désir!
Au bout des mots que l’on expire,
Les subtilités révèlent enfin Quelque Mystère.

Ne sont-ce pas aussi les quintessentes prières,
Puissant Breuvage, qui a Tes lèvres suffisent ?
C’est en Ton cœur que les larmes se font chair,
Lors que Le Souffle traverse Ta Poitrine conquise.

I. Enfance des Mots

Tapie sous un manteau de Lumière,
Lors que les Peupliers magistraux dansent du vent amoureux,
Que ces valses de silence enlacent tes genoux studieux,
Que tu t’effaces devant les mots qui sont Ta Réalité intérieure,
Tu es La Seule Conscience de L’Éclosion du moment.
Tu lèves un regard vibrant de Reconnaissance,
Et soudain, les mondes sont à danser et faire de jolies Révérences!
Louanges à Celui qui tient en Sa Main ces myriades de Feu qui brûlent du Feu de L’Essence !
Toi !
Les mots sont à Ta Bouche, Le Suc de L’Enivrante Impétuosité !
Des Nectars du Miel et des Liqueurs de Ton Fleuve Virginal.
C’est ici que L’Esprit sait : Tu es La Source irriguant Les Calices de Ton Amour !

Les mots (1)

Peinture de Frederic, baron Leighton(1830-1896)

 

Mots, répandez-vous comme L’Horloge du Temps suspendue !
Soyez de grâce soutenue et de légèreté devant les effondrements de ces nues !
Courez sur les ruisseaux et ondulez sur les vallons de L’Aube advenue !
Suintez des Lumières et des Paroles suaves en ces douceurs crépusculaires !
Gorgez-vous des lèvres de La Bonté et dansez pour que L’Exaltation soit exemplaire,
Et ne mourrez jamais sur les courbes linéaires,
Des platitudes que rejoint le quotidien qui vous rendent mensongers !
Ne vous laissez pas suffoquer à la bouche de ceux qui n’ont pour vous que dédain,
Et pour La Vie, la négligence des instants fécondés !

Poète, l’es-tu vraiment, si de toi, la poésie ne fait pas de toi un Homme nouveau ?
Si n’est pas écorché ton cœur par les absurdités de l’insouciance ?
Si La Poésie n’est pas Ton Four et Ton Mortier, qu’es-tu donc à nous chanter ?
Viens vivre en mon secret, mets-toi à nu, et je te dirais qui tu es !
Combien de poètes ne sont qu’à étaler des mots sans consubstantialité!

Ô Mots, révélez vos sens en Ce Vivant qui souffre de La Dualité !

Ruisselance

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C’est aux lèvres du Ciel que La Bouche s’extasie
Des Paroles recueillies, en ce cœur de vibrance.
C’est en Ce Regard que La pupille frémit,
Lors que palpite La Singularité d’un Silence.

C’est en ce bruissement qu’est La Présence.
D’Elle, s’écoulent les filets de la ruisselance.
Les étoiles de La Quintessence,
En cette Fusion, chantent Leur Réverbération.

– Se sont fait mille et une Révérences.
– Se sont, tour à tour, effacées.
– Qui donc ?
– Les beautés de La Conscience.
– Où s’en sont-elles allées ?
– Sur les monts de L’Évanescence.
– Quels sont-ils ?
– Les Royaumes de La Proximité.