Plus proche

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Les nuages passent parfois sans réalité.
Pourtant, là-haut le soleil se drape de larmes.
Venez, ces nuages sont de facétieux êtres inspirés :
Plus proche enfin, sous les feuillages, est ma Dame.

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Grappe du Jardin

A son bec, le fougueux Amour, et L’Oiseau déchire un Dôme invisible. C’est ivre qu’il boit encore à la grappe du Jardin. Chaque instant est Son Vin. Chaque Souffle est Son Silence. Union de L’Âme en L’Empyrée de L’Essence, au Parfum de L’Un. En cet Au-delà, il n’est plus, ni pourquoi, ni comment. Il est une paix où les vagues s’unissent au prétexte d’un Voyage. Des fulgurances de L’Amour, Le Désir est une Constance qui ne vient pas de ce monde-ci. En La Nuit, L’Oiseau s’abreuve des mystères de l’existence. Chacun est à tenir la corde de son Destin. Des yeux qui s’allument à la lueur d’un parchemin, l’oeuvre est déjà au firmament Le Livre de L’Union qui danse. Comme est pauvre celui qui vient au Jardin voler subrepticement des semences qui n’auront en lui aucune résonance ! L’Oiseau tient une cordée invisible aux yeux de l’inexploré. Entre en tes flots et creuse le sillon de Ta Voix. Fais silence et acte de transparence. Telle est L’Envolée qui devient les feuilles que l’on n’efface pas. Tel est Le Tournoiement grisé de L’Oiseau de L’Êtreté, échappé, échappé en cette Béance qu’il n’a pas soupçonné et qui le laisse hébété, hébété…

 

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Histoire de fous

Folio 162 Verso: maqama 49. Abu Zayd dying and his son

Le fou qui avait peur de la peur s’arrête alors et interroge son compère :
– Et toi, n’as-tu donc pas peur ?
– Non
– Peux-tu m’en dire plus ?
– C’est grâce à elle que j’ai avancé. Alors, je n’ai plus peur. Depuis nous rions ensemble. La drôlesse m’a tout expliqué.
– Que t-a-t-elle dit ?
– Il valait mieux avoir peur maintenant que plus tard.
– Mais quel est le remède à la peur.
– Ha ha ha , j’hésite à te le dire.
– Dis-moi, mon frère !
– La pire des choses c’est de ne plus avoir peur, tandis que le remède est l’espoir. Lorsque la peur devient crainte révérencielle, l’espoir t’attrape et ne te lâche plus.
– Mais, qu’est-ce que l’espoir ?
– Un chemin que trace la Joie contre toute insouciance.

Quintessence d’un Chant

Estampe de Qing Tianzhu

A L’aube enchanteresse des drapés de Rosée
Les montagnes au loin s’alignent, et sur la branche
Si haut perché, le merle poursuit sa mélopée.
Mon âme en est soudain transfigurée et s’épanche.

Au silence de L’Appel intérieur est une grandeur.
L’Iris même pleure de son extase et blanche,
Cueille Le Silence du Souffle que répand mon cœur.
Je T’aime et bois ivre La Nuit de Ton Opulence.

C’est en ce sourire que La Lune luit des matins
Lors que La Rose pourpre s’offre au Ciel de Lumière.
Le Merle cueille ce Transpir depuis le vent turquin.

Il m’apprivoise de Sa Constance : c’est un Mystère.
Quel est donc ce Silence au grappe des Vignes éthérées
Dont l’âme se nourrit sans jamais être rassasiée ?

 

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Histoire de fous

Un fou voit un autre fou prendre ses jambes à son cou.
Il l’interpelle : « Hé, pourquoi cours-tu ainsi ? »
L’autre, à perte d’haleine, de lui répondre : « Je fuis car la peur me poursuit. »
Son compagnon lui jette un regard plein de compassion et lui dit : « Tu ferais mieux de t’arrêter, elle t’a déjà attrapé. »