Mots (2)

Illustration de Honor Charlotte Appleton (1879 – 1951)

.

Poète, que tremblent Cieux et Terre,
Des mots gorgés de Ton Désir!
Au bout des mots que l’on expire,
Les subtilités révèlent enfin Quelque Mystère.

Ne sont-ce pas aussi les quintessentes prières,
Puissant Breuvage, qui a Tes lèvres suffisent ?
C’est en Ton cœur que les larmes se font chair,
Lors que Le Souffle traverse Ta Poitrine conquise.

I. Enfance des Mots

Tapie sous un manteau de Lumière,
Lors que les Peupliers magistraux dansent du vent amoureux,
Que ces valses de silence enlacent tes genoux studieux,
Que tu t’effaces devant les mots qui sont Ta Réalité intérieure,
Tu es La Seule Conscience de L’Éclosion du moment.
Tu lèves un regard vibrant de Reconnaissance,
Et soudain, les mondes sont à danser et faire de jolies Révérences!
Louanges à Celui qui tient en Sa Main ces myriades de Feu qui brûlent du Feu de L’Essence !
Toi !
Les mots sont à Ta Bouche, Le Suc de L’Enivrante Impétuosité !
Des Nectars du Miel et des Liqueurs de Ton Fleuve Virginal.
C’est ici que L’Esprit sait : Tu es La Source irriguant Les Calices de Ton Amour !

Ruisselance

.

C’est aux lèvres du Ciel que La Bouche s’extasie
Des Paroles recueillies, en ce cœur de vibrance.
C’est en Ce Regard que La pupille frémit,
Lors que palpite La Singularité d’un Silence.

C’est en ce bruissement qu’est La Présence.
D’Elle, s’écoulent les filets de la ruisselance.
Les étoiles de La Quintessence,
En cette Fusion, chantent Leur Réverbération.

– Se sont fait mille et une Révérences.
– Se sont, tour à tour, effacées.
– Qui donc ?
– Les beautés de La Conscience.
– Où s’en sont-elles allées ?
– Sur les monts de L’Évanescence.
– Quels sont-ils ?
– Les Royaumes de La Proximité.

Origine

Katsushika Hokusai (1760-1849)

 

Tant de souffrance et tant de monde qui s’échappe du silence.
D’avoir entendu le bruit de leur larmes tomber sur le fracas de L’Indifférence,
D’avoir saisi les affres de leurs ténèbres, je suis restée sans voix.
Sur le bord du monde, je n’ai pas résisté, et j’ai marché en pensant à chacun d’eux.
Je me voulais les caresser et les réconforter, et surtout ne pas me sentir séparée.
Te souviens-tu, lors qu’assise sur la table du Jardin, le dos courbé, respirant le vent des arbres,
Tu es passée en ce frôlement des pieds, et tu pleurais ?
J’ai ouvert les yeux et je t’ai souris.
Alors nous nous sommes embrassées en cette reconnaissance.
Tu es tous ceux que je rencontre.
Depuis les étoiles du firmament, je vous entends.
C’est ici que je suis à vous aimer.
Effacée sur les pages que l’on n’ose plus tourner.
Des effusions qui prennent le ventre de ma maternité.
Je suis à vous aimer.
Des rais furtifs de Lumière, j’ai choisi ce qui ne m’a jamais séparée.
Des yeux de l’enfant qui ne sait rien.
C’est ici que le cœur est à rayonner de ce qui est l’Ancêtre.
L’Origine est L’Amour.

Transparence en Ce Monde (2)

 

Il est Un Verbe qui s’extasie des opulences de Sa Majesté !
Il éclot en Sa Toute Réalité et en Sa Toute Volonté.
– Es-Tu Désir, es-Tu Vénération en L’Essence, es-Tu Lumière, Es-tu Amour ?
Lors que Tout Commence sans puiser dans aucun Commencement, et Lors que Tout bascule,
Notre Roi est Transparence en ce Monde, et Il est Son Témoin.
Il est L’Ultime sans avoir de Fin, et Il est Sa Conscience, sans Être aucunement Rien !
Il est Le Langage qui frôle Les Ailes de La Perfection, occultée en La Toute Beauté !
Il est Le Nectar qui perle à la pointe de L’Aube.
Il est Les étreintes virginales des phosphorescences de Son Irradiance,
Lors que Les végétaux ont cette Éclosion secrète.
Il est un frémissement qui se cherche en La Lumière du Regard.
Les épanchements du Cœur demeurent Les Fleuves de Son Amour !
Les Iris et les Églantiers suintent de leur symbolique Présence,
Lors que Les bruyères épousent la caresse du Silence.
Ce sont les veines de la transparente vague des drapés de Son Passage.
J’ai vu le nœud d’un Arbre receler La Prunelle de L’Image.
Notre Roi est Transparence en ce monde.
Il est à ouvrir les coffres de La Mémoire.
Il a semé Les Quintessences des Lueurs du Règne Végétal.
Il a irrigué les sources bouillonnantes du Flux de L’Esprit.
Le Voici a rappeler en cette voix qui se poursuit.
Et je l’ai entendu rire des cascades du Cœur.
Sur les cercles que Les Cimes révèlent, voici La Puissance.
Elle se veut L’Incantation des Traditions de tous les Âges.
J’ai perçu Le Cri de L’Aigle qui survolait L’Étendue de L’Être.
Maintenant, Les voiles sont les mots de La Découverte.
Les Nénuphars courent sur les souches des Verdures de L’Amour.
Il est une Luxuriance qui vient de l’Amazonie des survivances.
Notre Roi est Transparence en ce Monde.
Les baies sauvages sont les secrets de La Promenade.
Voici les fruits rouges de La Latitude de notre Veillée.
Des points cardinaux de L’Ivresse et du Mont de Nos Souvenirs,
Le Regard est en cette Plongée qui s’unit à Son Ravissement.
Il est à occuper chaque principe de notre présence.
Sur les berges de nos pas assurés, Gloire et Munificence !
L’Esprit est Léger en cette inattendue chevauchée !