Allégorie du Jardin de L’Âme (7)

Cascade Brezons

-Le Hêtre-

En ces fragrances, au sépulcre de La Nuit, lors que la retraite s’absorbe de La Solitude, il n’est plus de tristesse au goût de L’Amour, et lors que la retraite s’évanouit à L’Éclosion impériale de La Présence, La Joie submerge L’Impalpable et Le voile des Amants soulève les profondeurs cruciales des caresses de L’Esprit. Telle est Vénus de L’Âme, et l’écume qui circonvolue, en frémissement du Nacre de Ta Pureté, ne défait jamais ce qui se grave au corail des mille parures. Gravures incessantes des Joyaux de La Fulgurance, vassalité en cette Alliance de Lumière, et si Elle, en Son Altérité, se dresse telle La Majesté, c’est qu’au soupir du Jour, Son Haleine entière, de Roses s’est parfumée. Suspendu en la seule alternative du Basculement, L’Esprit est une Flèche que retient L’Amant en Son Unique Cible. Telle est La Reconnaissance qui de Son Sourire, laisse une Larme de Compassion, lors qu’au Jardin, Le Soleil inverse sa course, tandis que monte la clameur des horizons sanguinolents des vêtures de L’Ardeur ; et vois, Ô Âme ! comme en ces arbres effusifs, les grenades de rubis épousent les expirs d’un délicat Baiser. Toi, en cette Unité, tu t’offres en La Splendeur réflective du Périple de La Beauté.

Au Jardin, apparaissent les paroles de La Fiancée et c’est au seuil de L’Embrasure qu’elle se recueille et admet ces quintessences de volupté. Le Jardin rencontre ces arbres qui s’unissent en Le Hêtre argenté, d’écorce luminescente, tandis que leurs bras enlacent leur maître vénérable. De Lui, un noyau d’une rare nervure, et les pressentiments d’ondes harmonieuses. Cet Élan est l’élocution vive, qui parle depuis leurs âmes aimantes. Je ne sache plus humble demeure et plus fidèle amitié : ce sont des compagnons qui apposent sans hésiter, Le Sceau des Réalités en leur Pacte de Retrouvailles et, le puis-je dire ? il s’est vu qu’en L’Unité, ce sont les virginités de L’Aube qui donnent à chaque oraison La Descente royale, drapée de pourpre incendiaire, parfois des velours mystérieux de l’ambroisie. C’est une clairière qui s’est ouverte aux pas de La Fiancée, et des roses en multitude faisaient la révérence céleste. Au toucher du ciel, elles semblaient devenir bleutées et soudain, L’Une, d’Azur, s’est épanchée d’Amour, au Royaume du Verger. Les visions ont donné clairement à voir une Tour et tout en gravissant les marches de pierres ancestrales, La Fiancée fut totalement absorbée par le Jardin suspendu, là où nul ne peut s’approcher. Ce sont ces hêtres qui ont retrouvé le souvenir des pas légers, lors que Celui qui ouvre La Marche est en La Présence et dresse une jetée au seuil de la forêt. Tout ceci procède des effluves du monde éthérique, lié aux répétitions de l’oraison. Elle compénètre les vents et se glisse au souffle. A peine dit-elle se qui se laisse se murmurer. Le Chant s’occulte des feuilles tournoyantes et frémissent de légèreté. Enfin, lors que celles-ci s’approchent en l’effleurement soyeux, que se passe-t-il ? Le Hêtre s’adoucit des voix rocailleuses qui, de mousse, se sont unifiées au Silence. Mon écorce d’argent résorbe les déroutes et j’aspire sans jamais ne plus cesser aux écorces fluviales de L’Océan, écaillé de vent salin et de brume à peine turquoise. C’est au regard que je vois cette rareté des yeux qui savent observer et si en cette forêt, je semble distant, c’est qu’en moi sont mille pudeurs que me racontent les clapotis du vent. Je n’ai nul orgueil, ni pensées dérivées. Je me tiens droit et je m’unis à toutes les épousailles et à toutes les retrouvailles. J’aime mes frères et en eux est ma demeure. Depuis leur élan, je reste immobile et les attends. Tel est mon Chant : de fraternité et d’effeuillement au son d’une Lyre argentine. En ses cordes, je retrouve aussi les senteurs du ruisseau qui à la mer, depuis les sentiers d’une vallée blanche, puise en La Vénusté aurorale de La Nuit étoilée, et c’est ainsi que La fraîcheur du matin décline et me donne, en La Chaleur mercurielle, mon aspiration constante et mesurée.

brezons

© Océan sans rivage, Allégorie du Jardin de L’Âme

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