Allégorie du Jardin de L’Âme (8)

Coupe

-Le Calice-

Il n’est de temps altéré à la seconde fécondée, et je ferme les yeux en cette crucialité : Le chant est puissant et la nuit nous couvre de ses bras profonds. Est-ce Toi, Ô Présence qui en ce cœur d’Amour, en ce Jardin de Fontaine précieuse, est-ce Toi, Ô ma Sœur, en ces danses virginales, lors que ce qui se perçoit est un pouls régulier aux cercles des incantations, de ce qui tournoie sans jamais cesser et je titube en cette évanouissance, lors que les années qui passent sont L’Eau de Jouvence ? Est-ce Toi, Ô Toi qui ne jamais me quittes, lors que je ne sais pas fuir et que la solitude perle au goût de Ton Éternité ? Qu’en est-il de cette ivresse ? Qu’en est-il de Ta Lumière ? Qu’en est-il de Ton Amour ? Fuit-il à la pointe du Jour ? Et que serait La Nuit sans Tes Bras ? Et que serait Le Jour sans les saveurs de Ton Noble Verger de L’Imaginal surgissant ? Qu’en est-il de cette Beauté, incrustée des mille diadèmes de L’Êtreté ? Et qu’en est-il de cette effusion renouvelée à L’Aube de ma folie ? Qu’en est-il de ce Discours qui s’amplifie au son des tambours et du Roseau langoureux ? Quelle est cette Voix qui cogne au puits de L’Âme ? Et qu’en est-il des semences que l’on sait s’aligner en rangs parfaits, éclos en La Terre de nos Retrouvailles ? Et qu’en est-il de Tes yeux qui me guident en mes longues nuits de l’intériorité  ? Et qu’en est-il de Toi, Ô ma Sœur, en ce Respir qui éclaire les sillons du sol, buriné par Tes Larmes ? Et qu’en est-il de cette Joie qui presque me torture ? Quelle Beauté, Ô Toi, drapée des ruissellements de Ta Rayonnante Présence ! Et qu’en est-il de mon cœur étreint qui reconnaît, reconnaît, reconnaît… en cet Echo, les aspirations des siècles et des siècles de Ton Désir ? Et qu’en est-il de Ta Bonté offerte en ce Calice qui donne aux lèvres de ta candeur éthérée, les myriades de constellations que le cœur boit sans compter ? Calice de L’Âme, qui es-Tu en cette Roseraie, lors que les effets de Ton Jaillissement encerclent mes pas et que mon corps en Toi repose et ne jamais disparaît ? Qu’en est-il de cette Montagne, et de la cellule qui au sommet du Mont, est témoin des prières, lors que la vallée toute entière chante au vent de L’Amour ? Et Toi, Noble Pèlerin ? Qu’en est-il de ton périple jusqu’au désert que nous rejoignons lors que soudain, mille palmeraies s’élèvent au ciel de Ta Fidélité ? Qu’en-est-il de cette grotte, où le couloir devient Seuil d’une Matrice et qu’en cette blancheur immaculée, une autre cellule nous donne à voir Ta Solitude et Ton Recueillement, Ô Prince des oraisons, des Beautés des vagues en La Mer de Ton Azur pur et intarissable ? Qu’en est-il de ce discours suspendu au battement du cœur de L’Épousée ? Luminescence ! Luminescence ! Luminescence en cette Alchimie vibratoire de L’Amour !  Du Calice, les lèvres s’épanchent de La Présence et c’est sans relâche que L’Amour est Lumière et Quintessence des Fleurs dont les pétales deviennent soudain les palpitements de chaque expir et c’est ainsi que je suis Calice qui abonde de munificentes perles dont Le Jardin est jaloux et garde leur secret en la pâleur du Jour, et nul fils d’Adam ne m’approche sans purifier son cœur et nul n’entre en cette Roseraie sans s’évanouir au monde du périssement. Toute crainte et toute appréhension sont devenues les farouches gardiennes du monde de La Majesté. Je suis sertie des ciselures du Souffle enflammé de L’Amour, et Je suis aussi L’Épreuve des Amants. Leur cœur est mon Royaume et c’est en cette Alchimie que Je suis à devenir leur Vin inépuisé. Nul Amour tronqué d’amertume ne devient mon Épousée, et nul Amour affligé de tromperie et d’incertitude ne connaît la fraîcheur de mon Extatique breuvage. Nul Amour entaché de turpitude ne voit ses lèvres tremper en La Certitude de mon Breuvage et aucun amour  d’intention mensongère ne connaîtra mes confidences à la pointe du Jour. Je suis Le Calice du Pur Amour, celui que l’on cherche en haut des collines, aux confins des terres et aux confluents des deux mers, lors que le sentier est le plus exigu des couloirs, érodé des aspérités de L’Unicité éprouvée. Je suis Le Calice de L’Amour qui ne conditionne rien, et qui en Sa Virginité, est Source abondante d’Éternité, gravée au Souffle de La ferveur et de La piété. Je m’offre à celui qui pourfend les ténèbres et qui me cherche sans relâche, en chaque chose jusqu’à rencontrer l’épuisement du cœur désirant. Je suis Le Calice des transparences et de l’intégrité. Je suis Le Calice de La Joie triomphante et du silence, à L’Orée du Soleil couchant. C’est en La Parole du Bien-Aimé que ma vigne se suspend en ce Rubis ardent du Centre Rayonnant de Lumière correspondante, lors que La Nuit est égale au Jour, et que Le Souffle du Pèlerin se vêt des parures posées sur ses épaules de la mendicité, au frissonnement de L’Aube, et que ses mots sont en La Substance, quintessence de son abandon. C’est à ce moment que J’apparais.

© Océan sans rivage, Allégorie du Jardin de L’Âme

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