Allégorie du Jardin de L’Âme (6)

Cascade Brezons.g.Photo de l’auteur

-La mousse-

En l’opulence des Aubes de Ta Langueur, en ces virginités de Ton Azuré, en Ton Appel à peine divulgué, en ces tressaillements de L’Épousée, lors que La Beauté est le murmure qui jaillit du Tréfonds des Jardins de L’Êtreté, te promènes-tu en cette douceur fragile ? L’Eau chante de tes pas palpitants à l’orée de la Forêt. La Beauté révèle ton sourire à peine rosi des bruissements du feu et, l’âtre en son crépitement alchimique est la promesse du Jour qui féconde La Nuit, tandis que Le Jour connaît La Promesse de Celle-ci. La Fiancée pose le pas léger en ces effets de Ta Majesté, sur chaque rocher écumé de Ta Bonté. Elle perçoit au loin les clapotis de L’Eau qui ravive chaque goutte de L’Épopée. Son regard s’unit aux éclosions délicates des touchers enflammés. La Rétine de chacun de tes yeux s’arrondit en ces cercles mantriques et tu ne désires plus rien, car même le désir est une Assise dans l’antre de L’Arbre entremêlé aux bras de Ta Compassion. 

En chacune de Tes Empreintes, Le Soleil s’incline et ce sont les roches qui suintent des embrasures de Ton Eden. La Bruyère verdit encore au Souvenir de Ton Souffle Primordial et le parchemin se déploie sur les bords de L’Eau. Le Temps se suspend en la rondeur chaleureuse de chacune de Tes Roches opales et, si pleines, elles sont, de Tes minutieux regards ; Ô Ivresse ! en la quiétude de L’Amante encore hébétée du Prétexte infini, en ce Lieu qui lui parle. Que me dis-tu au centre du cœur, lors que tournoient les paroles de L’Amitié ? La mousse me fait ses confidences et c’est un petit oiseau, perché en cet Amour cristallin, qui écoute, qui pressent, attentif, sur les parois de La Roche immaculée de Présence. Le Jour jette sur l’ombre sa clarté effusive et devient l’éclatant Souvenir au soupir de l’aspiration intuitive. La concentration visionnaire est liée à la concentration méditative de l’invocation. Lors, te penches-tu en ce geste savamment lent et perçois-tu le prisme des couleurs en L’Iris entrouvert ? Il est en La Chaleur tournoyante des lumières de La Blancheur. Il s’élève et semble si léger que le cœur transpire des mondes aussi loin que le soupir le mène. Mon expir, dit la mousse, est une offrande à la pensée que côtoie l’esprit bienveillant, et si l’on me caresse, me voilà à délivrer toutes sortes de messages, pour peu que l’âme s’invite en ma demeure. Cet expir est une joie unifiante, et non l’expression de la lassitude. Il est La féerie des cascades environnantes, car, je suis à épouser les arbres et les rochers de ma vêture abondante et irradiante, lors que le soleil caresse ma lumière intérieure. N’as-tu pas remarqué comme j’aime me cacher dans les forêts reculées ? Le silence est ma joie profonde et l’eau est mon ravissement secret. J’y puise toutes les énergies phosphorescentes. Si l’impermanence s’écoule au fil de l’eau, sache que le temps n’est rien autre qu’une disposition de l’esprit. Si tu entres en la substance de l’impermanence, ne t’y arrête surtout pas, car aux fluidités de l’esprit, lors que le temps qui passe tressaute et marque ce qui ne peut être retenu, sache que le secret de l’impermanence est la réalité occulte de L’Éternité et c’est au goût de la concentration et du silence en L’Apnée que tu le sais.

© Océan sans rivage, Allégorie du Jardin de L’Âme

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