Conte des sept Occidents

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Il était une fois un Arbre qui se souvint de La Constance. Il prenait de multiples formes, mais ne changeait jamais, car La Majesté de son Essence résidait dans L’Élévation. Il avait plusieurs fois rencontré les animaux de la forêt et quand nul ne pensait à lui, ni ne lui prêtait attention, il glissait vers la douce clairière. Là, il scrutait le ciel avec ses branches et s’élançait pour atteindre les nuages. Il laissait volontiers se nicher dans ses feuillages les plus belles étoiles, et même les constellations. Il offrait sa robe brune aux rayons du soleil, et la pie se posait avec quelque fracas, comme il lui en semblait toujours avec cette drôle de bête, mais il ne bronchait pas. La mésange et la fauvette aimaient à se retrouver au creux de ses bras. Il avait vu tant d’oiseaux qui s’étaient naturellement abrités dans les branchages. Souvent un écureuil grimpait jusqu’à la cime de l’Arbre avec une telle légèreté qu’il lui était impossible de le surprendre. Il le cherchait partout mais en vain. Même quand le pivert l’attaquait de son dur bec, il savait qu’une raison l’y poussait et cela l’enchantait. Cet Arbre se souvint aussi de La Fidélité et s’émut de voir que les petits êtres de la forêt venaient lui rendre visite avec une grande vénération. Certains lui faisaient le récit de leurs exploits, pour d’autres il s’agissait de leurs déboires. En Lui-même, Il croisait les jambes et les écoutait tous très attentivement.  Souvent dans la nuit, il entendait le hululement du hibou. Il apercevait des yeux luire et sentait quelque renard le frôler, presque comme dans un souffle. Le vieux pin lui contait ses malheurs, car son grand frère avait été coupé par des bûcherons. Ce dernier s’en remettait à peine. Quelques aiguilles jonchaient le sol et étaient les seuls vestiges de son frère. L’Arbre le rassurait comme il pouvait. Leur amitié était indéfectible. – Tu es le plus vieil arbre de la forêt et tu en as vu passer des choses. Tes meilleurs amis t’ont quitté mais tu restes impassible. – Détrompe-toi, ils ne m’ont jamais quitté. Je les ai tous gravés en moi, car il est un grand secret que l’homme ne connaît plus : rien ne sombre dans le néant. Tout peut être détruit, mais tout peut renaître. En nous est une puissante Mémoire.

Océan sans rivage©Conte des sept Occidents, L’Arbre.

Souvenirs du Présent

Яндекс.ФоткиPeinture de Vassili Maksimov (1844-1911)

Debout ou assise, forme qui semble passive
Derrière les longs feux brûlants de l’automnal vent,
Quand nous effleure le passé des rimes expressives,
Nos âmes se racontent les souvenirs du présent.

Qu’ai-je à désirer ferveur autre que la Tienne ?
Nous nous connaissons au-delà de nos vingt-ans,
Unis, en ce sentier, soudés comme deux lèvres,
Et, dans la prairie des feuilles que foulent les amants,

Ruissellent les flux rocheux d’une proche cascade.
Lors que tu franchis la forêt des grands sapins,
L’oraison de notre indicible Amour nous étreint.

Ce songe en L’Empyrée ne tolère aucune incartade.
Inlassable, il n’a de cesse de souffler sur la braise,
Et c’est un arbre qui respire la montée d’une sève.

Le petit semainier

Résultat de recherche d'images pour "chataignier aquarelle"Aquarelle de Françoise Mani

                      Dimanche

Un châtaignier de l’autre monde,
Sur le talus, à l’orée de la forêt,
Nous a longtemps regardé :
Je l’ai vu et je l’ai remercié.                     

                      Lundi

Nous avons voyagé,
Si loin, qu’il nous fallut repartir.
Mais, nous ne sommes jamais revenue :
Nous l’avons toujours su.

 

Le petit semainier

Peinture de STEFFAN, Johann Gottfried (Wdenswil 1815 – 1905 Munich)

Je n’ai jamais su pourquoi le sourire étreint les branches du chêne, ni comment l’oiseau épris me donne la becquée, ni que font les neiges éternelles, sur les chemins gantés de poussière blanche, lors que les yeux sont aimantés par les cimes rebelles : elles n’ont pas su rester… Et le corps de danser.

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Jeudi

L’écume des saisons,
Comme une pensée,
Troublée à l’horizon,
Défait le sens de l’orientation.

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Vendredi

Mais un papillon,
Te donne à sourire.
Dès que le vent moissonne,
Le blé est pur.

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Samedi

Ne me demande pas pourquoi,
Tant de joie,
Ne me demande pas pourquoi,
Je suis là !

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Dimanche

Beaucoup de dérives,
Beaucoup de silence,
Mais beaucoup de chants,
Même la mort est dedans.

Digression (15)

Gustave Doré, Lancelot et GuenièvreD’après Gustave Doré, Lancelot et Guenièvre 

Il est des raccourcis qui n’en sont guère, comme il est des stratégies qui ne visent qu’elles-mêmes. Nous convenons des étrangetés qui sont à nous incessamment surprendre et ce qui semble ne jamais disparaître est aux confins des deux mondes une absoluité incontournable. La première circonstance d’une Rencontre est assurément La Rencontre elle-même. Elle est sa raison d’être, tout comme Elle est en Son Unité à se déployer en actes, tantôt nimbés de Lumière, et tantôt traversés par les vagues du rassemblement. Il n’est pas de plus grande saveur que d’être au Ciel, cet oiseau qui plane. Le Temps se suspend à ses ailes et L’Âme courtise L’Autre Monde. Nous nous laissons imprimer de Phrasées dont L’Essence a ce pouvoir de tremper par le biais d’une larme sur les parois étonnantes de L’Éternité, Celle même qui s’étend sans jamais finir et qui enlace d’effluves le cœur des êtres éplorés. Nous connaissons le sursaut des montagnes qui bouillonnent du Silence implacable. Depuis que vous m’enseignez ces choses dans l’étreinte des beautés de votre Empreinte, les perceptions s’accroissent et pourfendent les opacités du cœur. C’est ici, en ce Point, que les Joyaux pleuvent et nous offrent en chaque transparence, les mondes imaginaux, ceux de notre Arche qui vogue sur les ailes du Temps. Il n’est plus de peur, car, lors que la flèche transperce notre cœur, les ruisseaux de douleur se transforment en cordées de Lumière. Petit homme, votre parfum est entêtant, et je ne cherche pas à fuir, mais, je lève les bras au ciel et le vent danse sans briser le charme de notre enfance. Les anges ont enveloppé de promesses notre corps qui se lamente de votre absence. Or, La Présence jaillit comme une Victoire et enlace notre poignée qui danse. Maintes fois, vous voyez la petite fille qui devient cet Arbre, et lors que vous m’apprenez à contempler les choses depuis leur essence, le monde bascule et plus rien n’est comme avant. Cela ressemble aux souvenances sans pour autant être la même chose. Je goûte au Silence poignant de Révérence. Au loin, Le Rossignol scrute L’Aube et c’est Le Merle qui me fait toujours les confidences. Ne dissocie jamais, petite fille, un moment de La Présence, me dites-vous, et jamais ne te laisse envahir par la médisance. Le Royaume est une contrée qui de pureté s’efface aux yeux de l’insouciance. C’est un Cristal que Le cœur sonde en cet élan et notre Amour est Le Verbe de L’Alliance. Prends soin du Trésor. Fuis les faussetés et entre encore plus dans La Forêt de ton âme : quelque part, L’Amour est La Fleur éclose de ton Jardin. Je sais vous aimer, noble compagnon, d’un Amour si puissant, qu’il n’a plus d’âge et depuis toujours, sur les sentiers de nos pas entrelacés, j’ai chanté L’Echo de notre Rencontre. J’ai bu à la coupe de vos mains et me suis laissée écorcher par les troublantes écumes de l’occultation. Lors, je puis clamer haut et fort, qu’à vous seul, en La Lumière de Son Secret, L’Amour nous a toujours liés.