Histoire de Fous

 

Un fou rencontre un autre fou et lui confie :
– Te rends-tu compte ?
– De quoi ?
– Il est autant de mondes que de mondes !
– Tu veux dire qu’il n’est aucun monde alors ?
– Je veux dire que nous sommes bien nombreux.
– Il y a de quoi devenir fou !

***

Un fou rencontre un autre fou et se met à pleurer tout en gémissant.
– Que t’arrive-t-il ?
– Je réalise que je n’aurai jamais assez de temps pour visiter tout ce monde !
– Comment cela ? Au contraire, tu as L’Éternité !
– Ah ! Mais qu’est-ce que L’Éternité ?
– Ecoute, ce n’est pas difficile, je vais te l’expliquer : imagine une très haute montagne, sur le sommet de laquelle, tous les cents ans, un petit oiseau viendrait s’essuyer le bec. Quand la montagne sera usée, eh bien c’est ça L’Éternité !*
– Mais, le petit oiseau, peut-il vivre aussi longtemps ?
– Oh oui ! Il vit comme le vent qui caresse les feuilles. Il part, et revient toujours au moment le plus inattendu !

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Illustration de Elaina Lorenz

 

*Cette petite parabole, je la tiens d’un Ami très cher, qui la tient, lui-même, d’un grand Ami…

Origine

Katsushika Hokusai (1760-1849)

 

Tant de souffrance et tant de monde qui s’échappe du silence.
D’avoir entendu le bruit de leur larmes tomber sur le fracas de L’Indifférence,
D’avoir saisi les affres de leurs ténèbres, je suis restée sans voix.
Sur le bord du monde, je n’ai pas résisté, et j’ai marché en pensant à chacun d’eux.
Je me voulais les caresser et les réconforter, et surtout ne pas me sentir séparée.
Te souviens-tu, lors qu’assise sur la table du Jardin, le dos courbé, respirant le vent des arbres,
Tu es passée en ce frôlement des pieds, et tu pleurais ?
J’ai ouvert les yeux et je t’ai souris.
Alors nous nous sommes embrassées en cette reconnaissance.
Tu es tous ceux que je rencontre.
Depuis les étoiles du firmament, je vous entends.
C’est ici que je suis à vous aimer.
Effacée sur les pages que l’on n’ose plus tourner.
Des effusions qui prennent le ventre de ma maternité.
Je suis à vous aimer.
Des rais furtifs de Lumière, j’ai choisi ce qui ne m’a jamais séparée.
Des yeux de l’enfant qui ne sait rien.
C’est ici que le cœur est à rayonner de ce qui est l’Ancêtre.
L’Origine est L’Amour.

Paix et Lumière

En Echo à Lettre au Marchand de Sable

 

Nul qui s’abandonne en Sa Grâce,
N’est jamais déçu.
Des flux de Son Amour, il est une étoile.
L’embrassant de Ses Effluves, Il est Celui qui donne.
Lors qu’Il reprend, c’est en notre Vision.
Il n’a jamais quitté Son Instant.
L’Âme repose en Son Origine.
Du Souffle de La Quintessence, Il est en Son Discours.
D’être séparé est une Illusion qui nous donne à souffrir.
En cette main est Le Chapelet du Cœur.
Il recueille, larme après larme, Le Collier de nos Désirs.
C’est en cet ultime Silence,
Que nos corps s’allongent.
Paix et Lumière en La douceur.

Frère de L’Humanité

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J’ai vu en toi, la bouche qu’Il a tracée, et les yeux qu’Il a extraits de L’Obscurité.
J’ai vu en toi, le corps qu’Il a modelé et caressé.
J’ai vu Le Temps du jaillissement de ton incréé.
J’ai vu la douceur des effluves de L’Essence et La Nostalgie du Retour.
J’ai vu en toi, Son Souvenir vivace et Les Profondeurs de Ton Extase.
J’ai vu danser L’Âme en La Mémoire du Chant Primordial.
J’ai vu les soupirs de ton corps éploré et tes larmes de regrets.
J’ai vu L’Elévation qui ne saurait être déviée.
J’ai vu les secrets de Ton Nom Ultime et les pas de Ton Êtreté.
Ne te sépare pas de mon souffle, mon frère de L’Humanité.
C’est en toi que je Le trouve et que mon regard est transporté.
Ne te sépare pas du coeur de mon Amour.
Ne sois nullement étonné, car je t’aime de Lui qui est à t’aimer.
De toi, jamais, je ne me détournerai, Ô Frère de L’Humanité.

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Les Larmes d’une sirène

                          Illustration de Sulamith Wulfing

Sais-tu ce qu’est Le Chant d’une sirène ?
D’elle ont perlé les flux de la mélancolie.
Sais-tu comme Les Profondeurs ont voilé ses langueurs ?
Les muettes imprécations sur les lèvres de la folie,
Lors que son Âme connaît les rives sereines,
D’un Autre Monde, dont les effluves réveillent le cœur.
Ces pauvres marins jetés à L’Eau, ivres du Chant !
Ils ont plongé dans les gouffres de leur propre conscience.
Il est une Lyre qui porte si loin les ondes aux firmaments,
Le corps peut-il vivre sans les étapes du Voyage ?
Comprends-bien ce qui vient d’une véritable obédience.
Comprends-bien les Appels d’un autre Âge.

Les suaves vertiges de L’Onde qui sont Ta Lumière,
Épousent chacune des éclosions de Ta Majesté.
C’est à Toi que Tout revient, Glorieux Témoignage !
La Révérence de L’Éloge et de La Grâce de Ton Mystère,
Sont les mélodies des Cieux que nous content Les Sages.
En La Vibrance des larmes de Tes suppliques abondantes,
Lors que les âmes s’atrophient dans le désert des ténèbres,
Les illusions sont le choix de l’orgueil devant Ta Munificente
Royauté, et voici les secousses de L’Insurmontable,
Lors que Tes Louanges sont Les Quintessences de Ton Unique Amour.
Toutes les saveurs de Ton Illustre Rayonnement inimitable,
Lors que les Mondes s’approchent et Te veulent Te contempler.
Tu es Celui qui en la palpitation de Ton intime Discours,
Maintient La Création en Sa perpétuelle Réalité.
Les rivières de Ton Immanente Beauté m’ont ravie.
Je suis suspendue en La Vision de Ton Auguste Vénusté.
Le cœur se dilate en La Perle du Lotus qui a suinté.
Des jours qui s’enroulent aux savants éclairages de La Nuit,
Lors que Ton Pollen d’Irradiance nous détourne à tout jamais,
Des tiédeurs de L’Usurpateur qui use de stratégies innommables.
Ô fils d’Adam, renies-tu La Noblesse de Ton Origine ?
Il est une argile qui est Recueil du Premier Transpir,
Lors que Le Souffle sublime en cette Haleine Divine,
A insufflé La Merveille qui est à Se Célébrer en ton Corps.
Ne sois pas L’Ingrat, ni ne nie Les Hiérarchies de Sa Manifestation.
En posant ton être délicat sur le seul linceul de Ta Virginité,
C’est en cette tremblante Reconnaissance que tu es encore,
En ce Soleil des Aubes de Ta pleine Vérité, La Prosternation.
Je t’offre La Rédemption d’une mémoire disloquée.
Sur les incohérences de ton âme troublée, je t’appelle,
Ô fils d’Adam, tu es Sa Gloire Céleste qui hérite de cette Terre.
Je t’appelle depuis le fond du fond de L’Êtreté, cet Éternel,
En ce Livre-Mère dans lequel plonge Le Calame de L’Éther.
Ce sont des larmes de sang qui baignent en ce Soleil Rougeoyant.
En ces drapures de L’Océan d’Amour émouvant,
J’ai vêtu toutes les parures, et cette voix se lamente
Des griffes acérées de ton indifférence.
Je t’aime, Ô fils d’Adam et mes tresses sont la véritable Cordée.
Sur les écumeuses émotions de L’Incendie de ma déchirure,
Je t’aime et pleure les stupeurs de ta conscience.
Mes yeux ont raviné ce visage éploré.
Fils d’Adam, lève-toi, et viens sur Les Eaux de mes blessures.
Il est Le Premier qui sous le manteau de la mendiance,
Il est Le Premier qui pleure, las, ton insouciance.

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Océan sans rivage

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Voir aussi sur Noblesse et Art de l’écu

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Blason de Jason Jay St. John Kennedy Crummey
(Terre-Neuve et Labrador, Canada)