Prologue

A L’Amie

Felice SharpPeinture de Felice Sharp

Te souviens-tu de cette visite timide,
Lors que les cœurs sont à l’unisson,
Que la robe de prière est une offrande
Et que les gestes sont de joie éternelle ?

Te souviens-tu de la soie de nos débuts,
Lors que Paris devient les lueurs de nos Aubes
Que l’âme est flottante au dessus de la chandelle
Et que les yeux se suspendent à la nouveauté ?

Te souviens-tu des sourires qui en disent longs
Que les nuits murmurent au diapason
Et le secret de nos océans qui voguent :
Au dessus de L’Eau miroite ce qui ne se dérobe.

A la Robe pourpre de nos cœurs saignants,
Lors que les Cieux resplendissent de tous les Feux
Lors que Toi, Tu désignes l’étrange Lieu :
L’Amour est Le Berceau des Amants.

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Lucioles

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Des lueurs abondantes en cette douceur,
Nuitée qui s’égayent des Lucioles parsemées.
Ô vous de mes pensées, en ce Jardin du cœur,
Un ombrage déployé vous accueille à ses pieds.

Digression

Laozi Painting - #Taoism

Lors que s’agitent quelques branches au vent, il est de coutume en cette contrée de s’asseoir sans plus tarder. De préférence, c’est l’arbre qui vous attire. Il reste immobile et vous incite à vous recueillir. Si vous prenez le temps de le regarder, vous surprendrez son regard. Aux rétifs, je dirai : peu importe. Ne considérez pas cela comme un ordre. Voyez-y plutôt une invitation. Il est une légèreté que l’âme reconnaît au Souffle de La Présence. Plus vous vous laissez appeler, et plus L’Appel devient l’évidence. La Vie s’émerveille des yeux qui la surprennent. Or, j’ai su, et vous me l’avez confié tantôt : le monde apparaît tel que vous êtes en son éveil. Reconnaissez que la plupart des gens ne saisissent pas le réel du plus petit grain de présence. Ils ne savent pas ce que cela peut receler. L’imaginent-ils seulement ? Si vous marchez lentement dans la rue, que voyez-vous ? Prenez-vous le temps de regarder ? Un jour, sans que je m’y attendisse – et c’est sans doute lors que l’on s’y attend le moins que cela nous arrive – un tout petit homme passa. Oh, il ne s’agissait pas d’un nain ! Néanmoins, cet homme était vraiment de petite taille. Il marchait très lentement, et semblait presque fantomatique. Son âge pesait sur ses menues épaules. Pourquoi me tint-il en éveil ? Je ne saurais réellement le dire. Sa présence devint la mienne et je le suivis des yeux, longtemps. Toute sa vie se suspendit à mon regard. Je l’observais avec cette attention accrue et je me vis m’évanouir en sa personne. Qui devins-je à ce moment, toute absorbée que j’étais à marcher en lui ? La réponse est une évidence. L’Autre est fascinant de vie. Je dirai que L’Autre est précisément la chose la plus extraordinaire qui soit. L’Autre peut être un objet, un caillou, une araignée, un événement qui cogne à votre Destin. L’Autre, c’est aussi votre Echo, le cœur qui bat à l’unisson. Ce peut être aussi le temps, l’espace, un sourire au coin d’une rue. Quelque Chose qui passe et qui dure. Ce peut être une soudaineté, une spontanéité, une adversité, une complicité. Même la mouche vous dit des choses. Lors que les yeux s’illuminent de l’étincelle qui est en vous, un petit homme passe et soudain, c’est lui qui vous regarde.

Cher Sol

Mon Ami, très cher, est parti de l’Autre Côté. Je lui dédie ces quelques pensées qui ne jamais traduiront assez ma Reconnaissance. Merci Sol. Paix à ton Âme. Tu es en moi. Je suis en toi.

Lecture d'un message - mail Orange

 

Cher Sol,

Combien de fois nous sommes-nous étonnés des solitudes qui n’en sont pas? Toi, qui de tes doigts me jouas de la guitare et me chantas de ta si belle voix?

Que vogue Le Vaisseau imprenable
Jusqu’à la douce rive de l’improbable !
Des bijoutiers au clair de lune
Des randonnées au bout de la plume
Des nues en l’âge de tes sourires
Des transparences de ton cœur amical
De la joie qui fuse en l’enfance musicale
Je te salue, toi qui des mots te jouais
De l’alchimie des temps de tous les vocables
Je te salue et suis à te tenir la main.
Où que tu sois, la Lumière est Ton Chemin.
Que voguent les virgules des océans et toutes les majuscules
Toi qui danses de ton corps éthéré sur les vagues !
Je t’aime de t’avoir connu et mon cœur est un peu triste.
Ne m’en veux pas, L’Ami, même si je marche où que tu sois.
N’en veux pas à l’océan, il a ses vagues à l’âme.

***

« A chacun, à sa manière, la beauté de l’âme plonge,
dans sa paix intérieure, en noces du silence,
en chant d’oiseau, en fleur de l’air, en transparence,
en recrue des sens, en suave et douce, goutte de rosée.
Or, la fidélité mesure la liberté de la conscience de soi,
et à chaque instant comme une moisson de la plénitude du réel.

Bien à chacun et à tous

Belle présence et souriante journée »

Sol, Ailleurs…

Ma Taverne

Depuis près de six ans, comme en un chemin parallèle, fait d’Amitié et de respect, j’ai écrit, à l’attention de celui qui m’a souvent visitée en songe et que j’ai suivi depuis ce cœur du Silence. De nombreux poèmes lui sont dédiés indirectement, beaucoup de mes écrits, aussi, même si le dirait quelqu’un d’autre, et je suis tout à fait d’accord avec lui, ce que nous écrivons ne nous appartient pas et demeure le témoignage de Quelque Chose. Aujourd’hui, je prie pour lui, espérant que tout va bien, car nos âmes sont reliées au delà de l’espace et du temps et j’ai désiré lui dire, non pas en ce « je », mais en ce par delà : nous sommes là. La Poésie est telle une bouche du Ciel qui se dépose en notre cœur et L’Amour est Un. Merci pour tout ce que vous avez partagé… A bientôt de vous lyre L’Ami Fucius.

(Korea) 마상청앵 by Kim Hong do (1745- 1806). aka Danwon. ca 18th century CE. ink & color on paper. Joseon Kingdom, Korea. 117×52cm. Gansong gallery, Korea. 마상청앵도.

La Folie est ma Taverne, et j’y bois, sans me lasser
De ce Vin élogieux qui m’a éloignée de tout
Je plonge en ma Coupe amoureuse, ceci est havre de paix
Mes noyades sont tumultes et étranges remous
Mes yeux ne voient pas le fond en ces vagues troublantes
Ils surgissent, en ce voyage intérieur, des beautés exquises
En ces houles, captives, je ne suis rien qu’une amante
Mon ivresse est un Mystère, peines et joies conquises
Fragilement acquises, quelque chose qui est Là, qui me retient
Je suis démunie en cette Sphère limpide qui me trouble jour et nuit
Rivée à mon Bien-Aimé, seule, Il est pour toutes choses, mon Lien
Je ne suis plus ici, en cette folie, je suis juste, Amour ébloui
Je Lui ai dit: comment T’aimer, comment être à mon tour Ton Azur?
IL m’a répondu en ce murmure: Aime-MOI en aimant ma créature.

Your confidence in the people, and your doubt about them, are closely related to your self-confidence and your self-doubt

Misérable que je suis, un ivrogne qui s’abreuve
Un assoiffé, ne sait plus quitter cette taverne
A la main une coupe, un vin qui me met à l’épreuve
Cette liqueur coule dans mes veines, trouve ma caverne
Vais-je en finir, et comment m’enfuir, il me faudrait un vaisseau
Pourfendant les mers comme le voyageur légendaire
Combattant monstres, provoquant les sirènes meurtrières
Accroché au mat, le cri sera le même, écorchant les eaux
Ondes violentes, m’envoûtant, je serais elles
Jusqu’aux confins des terres et des mers, je rejoindrais le Ciel
J’ai labouré la terre, le sang en a coulé, elle s’est éventrée
Je ne suis plus, sur les rives, un pays qui me torture
Depuis l’ivresse devient douceur et larmes pures
Puisque cette terre est une autre contrée, je m’y perds
Comme le Chant est obsédant, la folie est à ce prix
Depuis l’aube, jusqu’au coucher, je suis celui qui erre
Je cherche ma Bien-Aimée, mon cœur me l’a pris
Ma Beauté, mon âme, pourquoi se cache-t-elle, me fait-elle languir?
Je vais indigent, ahuri, grattant le sol, mêlant mes doigts à la poussière
J’embrasse le chien qu’elle a caressé, tandis que moi, je vais mourir
Tout est elle, son parfum, les traces de ses pas, ses cheveux au vent
Le bleu de son horizon, je suis fou, car en cet ailleurs, je suis son parterre
Où es-tu, ma Bien-Aimée, mes doigts accrochés aux voiles de l’océan
Qu’as-tu fait de ton fiancé, il soupire et fait rire les enfants
Je me cache, les yeux fiévreux, car tu as fait de moi ton éploré amant.

L’ivrogne (Décembre 2014)

Un Jardin

Ecrit à L’attention de Conchonfucius

En toi, j’ai vu un Jardin, n’y suis pas allée en vain
Car tout cœur est une roseraie, et toute rose a son parfum
Toi, tu es Beauté, ce n’est pas rien, l’effluve de l’humain
Voici ce que dit cet oiseau fragile: tout est Divin
Le poème est broderie, il est fils tendus, un Chant aussi
Le sanctuaire est un vase anobli, son vin est une vie
Maturité est comme le souvenir des délicates senteurs
L’éclat d’un Lieu sans nom, secret du palpitement, douleur?
Le monde est Jardin, que dis-je Tout est Jardin pour l’ami
Qu’importe ce qui reste ou se féconde au sein d’une nuit
Le jour est acte d’être, Lumière du Soleil intérieur
Au coucher, l’émotion est suintement de Bonheur
L’Éternité est le toucher du Bien-Aimé, pureté de l’émoi
J’entends, dit l’oiseau, dans le vent, le murmure du roseau
Cette étreinte est invitation de l’Intime, ne le sens-tu pas?
Contemplation de l’âme, tremblement léger de l’Eau
Cette Souveraine dont les vagues sont sans fin
Je n’oublie pas, depuis ce rêve, c’est un autre que je vois
J’en rapporte quelques nouvelles, mais ce n’est pas pour moi
Peu importe, depuis les flots, je tends les mains vers Toi
L’encre est prétexte du tissage
En toi, je vois toujours Son Jardin, c’est ainsi
Peu importe, une goutte de sincérité est digne message
La rencontre des âmes est immortalité dans le Jardin de l’Ami.

(Mai 2015)

 

Nuits d’été

Peinture de Arthur Rackham (1867-1939)

Secrètes cigales d’été qui entêtent nos lits
Et nos oreilles font écho à notre silence,
Lors que La Lune asperge les draps de nos nuits,
Ses rayons nous tiennent éveillées de leur brillance.

Ma sœur des confidences et des exaltations,
Volubile, je le suis et écourte ton sommeil.
Te souviens-tu comme j’aime lire avec passion
Les pages qui sont nos coursiers vers Le Soleil ?

Des notes emphatiques du piano, qui en liesse
Se promènent de nos mains extatiques des Nues.
En Elles, L’Oiseau a pris son envol en souplesse.

D’étapes en étapes, les ailes frôlent L’Inconnu,
Et se suspendent au Souffle de la Bouche bien-aimée.
Des Cigales, nous en avons entendu chanter !

 

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