Le Souffle Vital

Le « je » n’avait pas de déclinaison. Le monde était uni dans son plus grand ébahissement. Nous ne fuyions pas à ce moment, puisque tout était en sa nature primordiale. Les mots ont une grande importance en ce qu’ils révèlent. Les mots étaient images, et les images étaient des mots. Comme pouvait-il y avoir de séparation ? La vie était les mots et les mots étaient la vie. Le palpable rejoignait l’impalpable et l’impalpable rejoignait le palpable. Le corps était langage et s’inscrivait dans le langage, tandis que le corps était l’image et l’image était le symbole. Le Récit était l’image et l’image était le Langage. Le Langage était Essence et L’Essence était L’Origine. Le Corps devenait L’Origine et L’Origine devenait Lecture. Les uns s’entremêlaient aux autres et les autres fusionnaient avec les uns. Le Souffle était mouvement et Le Mouvement était L’Apnée. A l’intérieur était La Pulpe et à l’intérieur de La Pulpe était La Vision. En La Vision de L’Intériorité était La Vision du Retournement et à l’Intérieur était l’Extérieur et L’Extérieur était L’Intérieur. Le Ciel était en bas et La Terre était au Ciel. Les Pôles s’étaient inversés et La Vision s’ouvrait au Regard. Il fut un temps de Chaos, mais le Chaos était un Magma. Du Magma jaillissaient les mots et des mots jaillissaient le sens. Quand La Question se formulait le détachement était puissant.

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Souffle Vital

L’Océan des confluents

Partout, il n’est que cet Océan sans mesure. Je n’ai pas compté, et ne désire aucunement compter. Tu es La Prunelle douce des confluents de deux mers et chaque fois, je n’ai pas su m’échapper tandis que je m’y baigne éternellement, car suis-je autre que cet Océan ? L’hiver nous visite, le printemps nous enveloppe, l’été nous enchante et l’automne est une danse. Chaque saison est une, la même au regard du Temps. L’hiver décline son Amour, Le printemps nous le rappelle, l’été s’émerveille et l’automne est ivre. Jour après jour, il n’est plus qu’un seul jour, et les secondes nous font le récit d’une ascension, mon Maître, T’en souviens-Tu ? Nous marchions ensemble, Tu te tenais droit, tandis que nous arrivions au sommet. Tu me fis entrer dans le sein étonnant du Temps et j’y plongeai perplexe car je touchais de nos mains réunies la coupe d’un Océan sans rivage et je buvais l’instant qui lui-même buvait en moi. Nous étions l’océan simultanément et je plongeais dans l’incessant Secret de nos mots. Nos bouches mêlées à nos ivresses, dans L’Alcôve ultime de nos confidences. J’avais lancé en riant : je n’abandonnerai jamais ! J’irai encore plus loin qu’Alexandre le Grand. Je n’aurais guère peur d’aucune ténèbre. Quel défi ! J’en ris encore ! Nos Océans s’emmêlant dans le tourbillon de nos vagues. J’inscris mes mots dans notre Océan trempé d’illimitation. Je lance mille flèches avec la fougue des fous au fond de mon abîme et je repousse chaque limite comme l’impossibilité de toute limite. Tel est le Souffle de mon Amour. Tel est L’Océan de mon périple.

Le Souffle Vital

L’Oiseau de Grâce

Une puissance infinie pour une impuissance finie.

La Paix est en La Paix, mais La Connaissance est une Délivrance, parce que L’Être est né. Il est ce qu’Il a désiré et Le Prodige vient de La Contemplation. La Paix humaine et universelle ne peut advenir sans qu’Elle ne cherche à envelopper tous les enfants en Sa Chaleur. Elle cherche les autres, et ainsi ils deviennent tous le munificent Berceau. L’esprit soliloque. Il est L’Interrogé. Il suinte de Sa Perplexité complexe et multidimensionnelle, d’une Sapience sans mesure. Il s’écartèle dans L’Expansion, puis Il cherche à rassembler tous les êtres. Telle est La Conscience du Pérégrinant. Il avance sans désir d’avancer, et s’accorde sans désir de s’accorder. Il est L’Absence de Bruit, et Il est Silence vibrant. Le paradoxe unifié en permanence est Le Chemin de L’Être qui n’entre jamais en contradiction. Ne le voyez surtout pas autrement. Il est La Tempête dans L’Océan, mais il est en Son Alcôve, l’Irréductible Eau immobile et limpide, en Sa Quintessence substantisée, unifiée en simultanéité, et qui n’obéit plus aux lois de ce monde, puisqu’Elle est L’Esprit devenu Oiseau qui voyage émerveillé par La Connaissance. Celle-ci prend des visages multiples, mais n’est jamais un masque. Tremblant Regard unifié au Visage de tous les Visages. Il découvre Les Lettres, et il est avant tout ivre de voler sur les bras de La Connaissance. Il suffit d’avoir agréé. Il suffit d’avoir accueilli, les bras épousant Ses Bras.

L'Amour est une force si violente,
Qui n'a laissé à l'illusion aucun recours,
Transmute le plomb en Or,
Abolit tous les obstacles,
Réduit toutes les paroles inutiles,
Rend vaines les polémiques,
Fait taire l'anarchie.
L'Amour est La Cuisson d'un Four,
N'y entre que Le Feu d'Amour,
N'y cuit que L'Amour,
N'y consent que L'Amour,
N'y renaît que L'Amour.
Et nul ne trompe jamais L'Amour.

Warda

Éclose en vase éclos,
Du jaillissement de glaise,
Partout et au-delà des mots,
Comme trempées de braise,
Quand de grenade vermeille,
Sur les temps pliés au son d’un Glaive,
Les larmes sont moins que des oripeaux,
Car d’une argile rouge,
S’échappe la force d’un Renouveau.
Partout les cœurs s’embrasent,
Puis fusionnent dans la flamme des mots.
Mais éclos de Ton Essence,
Le Vase devient Louanges,
Serti de pierres angulaires,
Et telles des réminiscences,
Quand L’Âme appelle La Présence,
S’élance L’Arbre des Secrets.
Cette nuit, je vis cette pleine Réalité
Et bientôt, j’en parlerai, telle L’Évidence,
Lors que je sais que tu écoutes :
Plus qu’un corps, au-delà des limites,
Dans les confins du Souvenir,
J’ai chanté, j’ai chanté.
Louange à L’Invisible !
Vois L’Âme qui se retrouve
Hébétée, Hébétée !

Le grain choisit où se reposer, dans les ténèbres de la Terre, dans la chaleur du ventre de La Mère. L’Haleine suprême anime La Présence, tandis que nourri de confiance, le grain s’amollit et perd de sa résistance. La main du Jardinier est main de bienveillance, compassion et Transpir sans retenue. Le Soleil a fait une promesse, et le feu du Retour est un chemin sûr. Warda, Bien-Aimée, Ta Cordée est lancée, et la main l’a trouvée.

 

L’Or pur (2)

Attribué à Gioacchin Giuseppe SERANGELI (1768-1852)

Face à l’infidèle, L’Amour est force du Par-don.
Il fredonne, tel le merle, sa fervente oraison.
Il annihile toute haine, et telle une Mère,
Couve ses petits, même s’ils poursuivent des chimères.

Lors que L’Amour cueille même les fruits les plus amers,
Il en fait un suc dont les gorges savourent le jus.
Il dissout les heurts et nimbe le mal de Lumière,
Puis, Il efface les doutes et donne à chacun son Dû.

Je le sais pour l’avoir rencontré plusieurs fois.
Il m’a été donné de voir en Lui Sagesse.
Plus que tout, Il fut mon Allié et guida mes pas.

Sans faillir, Il me comble toujours de Sa Promesse.
L’Amour  ne vous quitte pas et quand Il est L’Amant,
Votre corps s’allège et votre âme s’élève ardemment.

L’Or pur

Peinture de Franck Cadogan Cowper (1877-1958)

L’on ne voudrait aimer, mais aimer nous poursuit
Comme la Réalité de Son possesseur Souffle ;
L’on ne voudrait céder, encor abasourdi,
Plutôt nous défaire de l’emprise qui nous essouffle.

L’on voudrait ne pas résister face à Son Étreinte ;
L’on aimerait lui tourner le dos et s’enfuir.
Mais quoi ? Sa force vive nous marque de son Empreinte.
Avons-nous le choix face à Son ultime Désir ?

Quand je Le rencontrai, Amour devint ma Loi ;
Il fut certes impitoyable, mais Il fut si tendre.
Je Le servis nuit et jour et Il m’enseigna

Des Règles d’or qui fit de Lui encor m’éprendre.
Il se montrait  : Le Soleil devenait obscur,
Car du Soleil de L’Âme, rayonne L’Or le plus pur.

Ève ou le Rêve

Peinture de Federico Cervelli (Milan 1625 – avant 1700)

Ai-je bu aux larmes d’une ombre
Son corps éthérisé d’amour,
A ces vivaces tremblantes larmes
Que des voix irréelles avaient ensorcelée ?
C’est en couvrant de mousse que ses larmes ont fructifiées,
Et le vent fit une secousse qui devint l’éternelle vérité.
Ai-je compagné le chant d’une chevelure éperdue,
Dans les branches du rêve qui l’avait révélée ?
Ai-je tendu la main à l’âme esseulée ?
Qu’as-tu donc à pleurer les vagues nues,
Quand le ciel rejoint la grâce de tes pas mesurés
Où vas-Tu, Ô Beauté, Merveille éplorée ?
Ai-je entendu la voix de cette Épousée ?
Dans les limbes, comme elle se lamentait !
Ai-je saisi chaque rosée de son cœur emprisonné ?
Ai-je goûté, effusif à la laitance de sa douleur,
Quand prise de sanglots, je L’ai consolée ?
Las ! le séjour de la peine conjugue ses écorchures.
Mais de complainte, les affres changent de nature.
Que se passa-t-il ? La belle s’éveilla du long rêve.
L’exploit du Temps est vénérable Patience,
Tandis que les blessures attisent tout noble désir :
L’enfer n’est plus l’enfer, puisque je vis La Présence,
Celle qui agite tant les ténèbres et les font s’évanouir,
C’est Elle qui devient Le Jardin de notre Noble Ève.

Il n’est d’enfer qu’en L’Absence de L’Absence, mais la Présence en L’Absence n’est plus Absence. Tel est l’embryon crépusculaire ; tel est le cœur langoureux, mais du Rêve nous serons deux, du rêve nous serons deux, puisque de L’Essence au goût de sève, L’Adam est gémellité des contraires qui ne jamais s’opposent mais se ravissent L’Un en L’Autre. J’ai compté, pour ne plus distinguer, mais de Mon Amour de Ton Amour, il n’est qu’Un. Quand l’un regarde au Sud, l’autre pointe vers le Nord. Mais quand l’un s’oriente vers L’Est, l’autre s’oriente vers L’Ouest. D’une Cartographie sûre, Les étoiles sont nos parchemins.

 

Genèse poétique

Réverbérations insolites,
Laisse monter mon cœur !
Aux singulières sentences,
Quand l’âme est à s’élever,
Le siècle se tord de douleur,
Comme estampillé de ferveur,
At-Tayr طائِر  suit l’horizon,
Subrepticement en singularité,
Nacre opulente de Proximité
Ne surprend ni fièvre ni torpeur.
Un jour s’évade des seuils essaimés,
Mais le labyrinthe n’est pas un piège,
Encore faut-il pouvoir le comprendre.
Le damier et les notes indifférentes
Voient la corruption ornementer,
Les nombres qui règnent insubstanciés.
Aujourd’hui, ne te plains pas de ton sort,
Cette pièce, je l’ai trouvée quand tu dormais ;
A ces secrets le Poète s’adonne tout entier,
Depuis la plume des insensés,
Rimbaud et Mallarmé,
A boire en filigrane Le Mystère,
J’avais neuf ans et je t’en sais gré.

L’Echo avait cet âge, le rêve éveillé, et l’on vint te chercher pour t’y plonger. Aucun de ces mots ne sont une composition, mais diffusion et en cette architecture, plume incisive du regard, émerveillé, le Silence est L’Onde, Arborescence, quand le Poète frémit par la muse amusée, Le Poète vibre au Son de La Lyre, et Elle de s’exprimer en chaque résonance, Elle de donner le Viatique et ouvrir à TAYR, طائِر Envol des Lettres éthériques, lettre de La Guidée.

Immersion (3)

amospoe:  ““A wed wose. How womantic.” – Lili Von Shtupp, “Blazing Saddles” ”

Warda, en ce Rosaire, les perles défilent,
Du savamment aimer,
La conscience conscientise,
Dans le formulé, L’Informulé,
Puisque au Zénith disparaissent les ombres,
Lors que fusent les soifs inextinguibles,
Dans L’Immersion de l’abandon,
Lui ne t’abandonne pas,
Au Vol éthéré de ton Corps entier,
Les larmes du feu alchimique, 
Donnent au Cœur Son Secret,
Et des battements successifs, 
Les secousses renforcent tes perceptions,
Alors, au miracle intelligible,
Il palpite et te révèle à la danse des lettres,
Dans les profondeurs des mots insondables,
Les lettres se détachent et font avec L’essence, La Cordée,
Immersion en latence qui n’est plus inconscience,
Mais Secret du Jeu entre Le Secret.


Warda à La Roseraie Mystique est Liturgie matricielle des transformations alchimiques du Verbe en monde suscité dans Le Kun Fa Ya Kun des signifiances occultes, Jeu en Langue des Révélations et non celle des consonances restrictives de la matière rendue inerte par les solidifications de la linéarité mentale, insondable par la raison, mais écho dans le cœur angélique des vibrations Malakutiya, quand rien n’est séparé, La Vie est Le Jeu décrypté, et Le Traducteur convertit chaque mot en un monde de Lumière. Alors Le Verbe est Chair. Wird, Souffle puissant en La Connexion du Réel, Roseraie des pulsations cosmiques en Quintessence du goût et du sens. La Phraséologie a été révélée dans les contritions dilatatoires du Four alchimique, ATa-Nour, Athanor, Offrant Les Lumières d’une Sagesse enfouie. L’Oiseau a décrété les effets de La Liturgie et de L’Être en L’Origine de Sa Descente et de Son Ascension. La trigonométrie des réalités spatio-temporelles.