Compagnonnage

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L’Oiseau s’est élancé de Son Compagnonnage,
Le voici comme ceint des splendeurs de L’Intime,
Lors que Le Ciel devient Le Lieu où s’inscrivent ces nuages
Signes après signes, et soulèvent l’abîme.

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Tragédie

                              Peinture d’Edmond Dulac

 

Il est une tragédie et c’est là que je vais.
Jamais je n’ai cessé de T’aimer et me voudrais
Aller vers Toi à tout jamais.
Est-ce bien Toi, Roi de mon cœur ?
J’aimerais épouser les seuls souffles de Ta Réalité.
Est bien pauvre celui qui n’a jamais aimé !
Je n’ai plus peur, car c’est ivre que je suis à T’appeler !
Je suis à pleurer ceux qui se sont perdus en L’Océan.
Toi, Tu es Le Seul à aimer et c’est en Toi que je veux reposer !
J’ai marché en ces visions de La Seule vague Jaillissante.
Ce sont les splendeurs en ce Regard de L’Empyrée.
Jamais, jamais, Je ne suis, un seul moment, à T’oublier.
Les souvenirs de Ton Intimité sont mon corps éploré !
Je suis à ce songe rivée, et c’est de plainte que Le Ciel m’a aspirée.
Est-il un plus fort et plus poignant Discours en Ta Lumière ?
J’ai abandonné ce corps décharné et me voici à Te mendier.
Les soies de Ta Révérence sont ma Joie et Ta Majesté.
Plus je suis à pleurer et plus je suis à ne vivre que notre mendicité.
Vois les mains tendues en La voûte de mon coeur solaire.
Prends-le, il ne sait Te résister, prends cette esseulée !

Je ne sais plus vivre depuis que je suis en ce dedans.
Je ne sais vivre qu’en Toi, mon Bien-Aimé !
Peu m’importe si je suis à penser, ou bien à n’être qu’un délire !
C’est ainsi qu’est ma Destinée, en cette puissante douleur.
Elle est de Joie à me tenir en Ta Seule cordée.
Sais-je autre chose faire, lors que mes pas sont Ton Sentier ?
C’est en Toi que je suis à fondre sans jamais me dissoudre.
Quelle est donc cette fièvre de nos langueurs, mon Bien-Aimé ?
Appelle encore celle qui ne sait plus que T’aimer !

Les écueils ne sont plus que les victoires de mon Amour !
Est-il un autre en qui je destine les aspérités de mon cœur ?
Je suis à ne plus rien savoir et subsiste en L’extase de Ton Ivresse.
Ô Ton Amante est à T’implorer de ne plus T’éloigner !
Je suis en ce Lac de Ta Beauté et je sais m’y noyer !
Je n’ai plus peur, car il n’est de Tragédie qu’en ce leurre.
Vois comme je suis à Te livrer les affres de mes langueurs.
Ce sont les flux de La Vie en Toi qui sont à me capturer.
Vois comme je cherche encore Ton Appel !
Étreins-moi et ne jamais ne lâche cette insensée !

Il ne sait mesurer

                          Peinture de Susan Sedon Boulet

Mon Amour est Vivant du Sublime Amour.
Il ne sait mesurer, ni nuancer, Il est Amour.
Peux-tu recueillir un Amour d’une Telle intensité,
Et que deviendrai-je à mourir encore d’Amour?
Ces cuissons en Toi, mon Amour Bien-Aimé?

Sera-ce Théophanie sublimée en ces Océans,
Moi qui suis prompte à me fondre en Toi ?
Que deviendrai-je encore à aimer, Ô Roi ?
C’est ici que je veux mourir, Ô mon Amant.
Étreins-moi sans plus me lâcher, je suis à Toi.

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Océan sans rivage

Variante de Ni toi, ni moi

 

M’as-tu vu tandis que nous nous sommes manqués?
En ces épaisses brumes, qu’avons-nous pu observer?
Ni toi, ni moi,
Ne me dis pas Tu.
Ni ne me dis Je, ainsi est la véritable mise à nu.
Un pont jeté, un pont qui se peut se voir en cet Au-delà.
En Lui, se lancer, s’enlacer, s’aimer pour L’Éternité
Un Pont qui devient mes bras en Tes Bras,
Unis en ces Retrouvailles, sans besoin de parler.
Ne marchons plus, soyons ce Présent.
Je jette tout ce qui n’est pas Toi, juste Toi.
Le vent, le fleuve, tous seront témoins.
Ni ceci, ni cela, juste Toi, ne faisant qu’Un
En cet instant suspendu en cette infini.

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Océan sans rivage

Ascension de Papillons

 

Il est un papillon, tout frêle mais empli de fougue.
Animé par Le Désir Ardent, il entreprend une Ascension.
Peu importe comment il vole.
Il ne sait que voler.
Le Désir l’emporte.
Ou bien est-il emporté par Le Désir ?
Son minuscule petit cœur palpite des mille couleurs.
Le Désir a Son Regard.
Le Désir possède des yeux.
Le Désir est en Sa Faim, sa Noble Finalité.
Soudain, le papillon rencontre un autre papillon.
Celui-ci est essoufflé.
Le voyage est long.
Le voyage est éprouvant.
Sur les ailes incandescentes se sont déversées mille tourmentes.
« Aide-moi, aide-moi à m’élever jusqu’au firmament, jusqu’au Dôme Céleste, c’est là que l’on m’attend ! » supplie-t-il.
Alors, plein de zèle et d’Amour, les voici ensemble à gravir les vagues successives du Ciel.
Les ailes s’unissent et fusionnent en ce Désir, ivres des vertiges de La Montée.
Leur Joie consume leur fatigue.
L’un veille sur l’autre.
Est-il un seul qui ne donne à ce Voyage la pleine mesure de L’Amitié ?
Si l’un faiblit, alors voilà que l’autre devient Sa Force.
Tour à tour, cette ascension devient une Danse Sacrée.
La Lumière les touche de Sa Grâce.
Les voici vêtus de Soleil.
Ils ne savent plus qu’ils sont deux.
L’ont-ils jamais été ?
Leur regard se noie dans L’Océan de Leur Amour.
Suis-je encore le papillon de l’individualité ?
C’est à deux que nous sommes devenus Un.
En cet Empyrée, ils sont les désirés de La Lumière.
Ils sont aussi L’Exhalaison d’une Vesprée qu’enchante une Rose éclose en ce Secret.

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Océan sans rivage

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