Allégorie du Jardin de L’Âme (10)

Rubaiyat of Omar Khayyam 5 by Reza Badrossama

-L’Homme vert ou Khidr- 2

 

Lui est Anticipation.

L’homme n’invente rien, il découvre.

Lors que ne seront plus inversés les sens, lors que Le Soleil se lèvera de nouveau en L’Orient de notre Âme, lors que Le Couchant égalera L’Aube en Son Étreinte, lors que l’homme s’arrêtera et se laissera enfin regarder, il verra soudain poindre à L’Horizon, La Terre révélée, La Proximité des effluves de L’Origine, et Il verra enfin Le Soleil l’éclairer et le guider en Sa Nuit enténébrée. En lui se déploieront les effets de la sincérité et des concomitances. Simultanément, en des infinitudes, L’Esprit conquiert. Est-il seulement Esprit ? Est-ce un coursier aux multiples possibilités : voyages et envols en cercles sphériques ? Lors, que Le Roi triomphe, Il est Le Maître de chaque décision. Les lieux se déploient des conquêtes en L’Imaginal. Sache, que le tapis est toujours patient, mais il ne sait cacher son allégresse, et ondoie en cette invitation que tu perçois aisément. L’Esprit ! L’Esprit ! L’Esprit ! Ceci est pure Grâce. Lors que les yeux s’ouvrent en ces réalités, le cœur exulte et voici que La Lumière inonde les aspects les plus secrets d’une caverne. Certes, si l’on t’invite, reste au seuil de La Porte. Laisse entrer Celui qui doit entrer. Là s’assoit le sage conseil. Ne l’oublie pas ! Quant à La Vision, elle se déploie en ce monde telles Les soieries d’un ouvrage délicat, et chaque mouvement devient un univers que ton cœur reconnaît. T’es-tu échappé de l’ancien monde ? Le Calame bruisse telles les ailes d’un oiseau en L’Écrin Azuré. Je l’entends de l’oreille interne, émerveillée. Il gratte et suinte des effusions de l’encre d’Amour. Il me devance souvent, si loin… et je m’élance en cet arrêt qui est Secret. Mon cœur s’est suspendu au cœur de La Vision et je vais te confier ceci : Les oraisons sont vivantes en cette intention matérialisée. L’Esprit reconnaît son semblable. Durant mille siècles, ou mille ans, ou mille jours, ou bien s’agit-il d’une seconde ? Il suit La Main de L’Archer. Nulle contradiction avec le déroulé de vie car L’Enfant est perpétuelle naissance et perpétuelle création. Cependant, tu marches, lentement et c’est ainsi, en cette profonde acuité, regard ouvert, observateur, l’inéluctable incisif, qui perce en la vigueur de L’Esprit, qui donne à la lecture, en L’Imaginal.

Lors que tu apparus, c’est en la matérialité pure et extraordinaire. Une matérialité que l’on ne connaît plus. S’imagine-t-on ce monde figé en lisse platitude ? Il n’est guère plus possible d’en rester là et tu le sais. Lors que les vibrations s’alignent aux vibrations de certains mondes, ceux-ci nous sont dévoilés. Le monde psychique est une vibration qui correspond à nos séparations fragmentaires de la non-conscience. La plupart relèvent des mondes inférieurs, voire en-dessous de l’infériorité, c’est-à-dire de la bête qui se veut dévorer ta puissance de Lumière, ténèbres insolubles sans l’acuité. Certains êtres sont amenés à connaître consciemment la réalité de chaque monde, les mondes étagés. Depuis les mondes infernaux jusqu’aux mondes des perceptions éthérées. Les mondes intermédiaires sont autant de passerelles que d’énigmes à résoudre. Puis, les mondes angéliques, ceux qui sont les plus purs et les plus difficiles à franchir. Enfin, les mondes Seigneuriaux. C’est en cette matérialité que l’on est amené à découvrir tout cela, de même que nous sommes à les traverser aussi en état d’éveil. Telles sont les réalités intelligibles qui donnent à comprendre les concomitances avec ce monde-ci. Lors que je te vis sortir de L’Arbre, je n’en fus pas vraiment inquiète. Tout cela semblait si naturel. Néanmoins, ton apparence me troubla, non pas qu’elle fut effrayante, loin de là, mais parce qu’il était clair que cela était singulier et insolite. Une lumière éclatante nimbait ton visage et tes paupières abaissées étaient frangées de longs velours. Un sourire enchanteur flottait sur tes lèvres. Tu me parlas bien de derrière le voile de la pudeur et tes pensées diffuses me parvinrent très clairement, telle une ondée transparente. Mon être tout entier, tu le tins, en cet émerveillement extatique et, lors que tu traversas la route, je continuais de te suivre encore du regard, puis tu disparus, comme ayant compénétré d’autres lieux invisibles. Pourtant, n’es-tu pas là, éternellement, en cette traversée ? Deux anges qui se présentèrent, en se nommant respectivement, me confièrent qui tu étais, et d’avoir été submergée par La Grande Compassion, La Toute Miséricorde, je tombai à terre. L’on me donna deux Lettres, Réalités verbales dont je ne connaissais aucunement le secret et qui se grava en mon être. Dois-je te décrire ? Dois-je dire que tu es bien réel ? Dois-je témoigner de cette vérité ? Je reconnais chacun de tes pas fertiles, semés en mon cœur hébété. Depuis ce jour, tout est là qui prend cohérence en cette Quête, prétexte à La Rencontre. Prétexte au Dialogue intime. Prétexte à ce Périple, prétexte à ces écrits… Témoignage effervescent en ce Tournoiement de Beauté, en ces vagues houleuses, en cet océan d’Amour. Nous ne sommes rien. Et pourtant, Tout est là. Nous ne sommes que floconnements étoilées de blancheur dentelée aux Ondes du Firmament. Nous sommes effacement et Jaillissement en ce pur miroitement :  Jardin de L’Âme, Trésor d’effusion du Viatique de Beauté. Extatique Présence qui, en Tes Mains, présente encore Le Calice de L’Êtreté. Parcours indicible et Cantique du Retour.

© Océan sans rivage, Allégorie du Jardin de L’Âme

(A suivre…)

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