Cosmologie proche

Indéfectible, si proche,
Quand des années lumières,
Parlent aux vents spacieux,
Les synonymies d’une planète et des cieux,
J’en ressens le frémissement bienheureux.
Alors, il est une singulière nouvelle
Qui me dit : si petit,
L’invisible est le plus apparent.
Je consens à voir le firmament
Déployer ces étranges ailes,
Son Parfum d’étoiles épanché,
L’année semblable à une poussière,
L’horizon, l’intrépide commencement.
Puisque L’Echo a cette réverbération,
Autant laisser le cosmos nous y inviter,
Autant épouser alors Son Silence,
S’abandonner à Sa douce résonance.
Tu dis ces choses, les ai-je préméditées ?
Ô ourlets des feuillets,
Devenus vagues qui ont tout écumé !
Mais surgit Le Sens,
Et l’on reste émerveillé :
Tant de Proximité,
En ce Plérôme scintillant !
Si j’ai levé la main vers Le Ciel
Mon cœur, Toi, Tu l’as emporté.

Le temps fut à nous conter les similitudes entre l’infime et l’infini. Chaque étoile, chaque planète, chaque galaxie, chaque nébuleuse, et chaque distance, sont en réalité les points d’ancrage et les phrases d’une analogie avec le monde d’ici et l’au-delà. La résonance fut telle que je m’évanouis dans cet infiniment petit, si minuscule et si grand tout à la fois. Nulle appréhension si ce n’est par Lui-même. Je vis les groupes, les parallèles et même les rassemblements. Chaque similitude, chaque différence est l’infime monde né du Souffle et chacun est une réalité mouvante. Nous sommes, en ces simultanéités, les mondes et les sens de chaque réalité manifestée. Comment donnes-Tu autant de Signes qui ne sont pas encore compris ? Grâce et libéralité !

Rêve éveillé

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Le Soleil avale l’ombre,
Puis réjouit les neutralités du Voyage,
Aux Semences stellaires,
Le goût de l’espace,
Sans que rien ne vole un effet,
Viens-tu m’embrasser,
Aux rivières de ma Lyre ?
Ne délie pas mes courbures,
Ni n’avance sans brasser les chevelures,
Des Lunes dont le bleu asperge,
Les fruits que planifie le Miroir.
Et je T’aime,
Dans les nuages de Tes Mystères,
Et je lance sans ternir,
Les feuillets,
Apposés comme Le Sceau.
Et je T’aime,
Des sphères de nos nébuleuses,
Sans que s’achève La Rencontre,
Dans les strates de ce que Tu sèmes.
Viens en cette Terre défrichée
Affranchie des poids du monde
Alliance des Verbes qui tissent
Les Reliances de La Prophétie !
Et je T’aime,
Réalité du Rêve qui s’éveille.

Le Jus d’un sureau en la baie mûrie de L’Arbre, lors que Le Soleil se laisse surprendre en Lui-même. Poète, à Tes mains coule L’Aube vermeille. L’intensité pure substantielle a devancé, et dans le fusionnement a attiré Ton Appel, et L’Appel est intensité d’Être révélée de Ton Intensité.


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Perpétuel souvenir

Bois

Il faut beaucoup de temps pour s’extraire des filets,
Mais il faut encore plus de temps pour le dire,
S’apercevoir que l’on a déjà tout quitté,
Par ce regard qui a vu l’étranger venir.

Il était bien en nous, toujours à nous unir ;
Il était nos yeux, notre toucher, notre guide.
Il était plus que tout, notre perpétuel souvenir,
Celui qui traduisait Le Rêve et le rendait limpide.

Barde, avant de tout quitter comme tout nous quitte,
Sans qu’aucune distance ne soit à nous séparer !
C’est Toi, L’Homme de notre âme, qui nous y invites,
Dans le murmure indicible, dans le simple arrêt,

Et le cœur de tressauter et de mettre les mots,
Sur ce qui a devancé et qui nous anime.
Gloire à La Reliance, quand la fin n’est pas fléau,
Ni même outrecuidance : Ta Présence est magnanime.

Conte de Décembre : l’enfant de la forêt magique (1)

Illustration de Tae

Il me vient ce petit conte, que j’ai retrouvé sur un parchemin, enroulé bien sagement dans le vieux tiroir de la maison du fond des bois, et ce conte est l’histoire étonnante d’une vision encore plus étonnante, qui est celle de l’intériorité. Sans elle, que pourrions-nous vraiment vivre ? Il est dit dans ce rouleau qu’il y a très longtemps, il y avait une forêt magique. C’est là que naquit un élément très pur, que nous appellerons enfant. Nous voyons chaque jour partir des petits êtres dans les villes, très tôt le matin. Ce sont des enfants aussi. Pourtant, l’enfant dont il est question dans cette histoire n’est pas vraiment un enfant. Il se trouve, que cet être avait la faculté de se changer de mille façons différentes. Il lui suffisait de poser son regard sur une chose, ou bien sur une créature pour aussitôt devenir cela même. Cet enfant n’était pas de ce monde. Il n’allait pas à l’école, ne traversait pas de rues bruyantes, ni ne croisait de camarades. Puisqu’il n’avait pas de forme précise, quand il voulait se reposer, il devenait terre. Quand il voulait aller plus vite, il devenait eau. Mais, s’il lui arrivait de vouloir s’envoler, il devenait air. Il prit très tôt conscience de ces sortes de dispositions. Imaginez-vous comme il se sentait profondément heureux et libre ? Chaque chose, il la vivait en lui, sans même comprendre qu’il y avait un extérieur, ou bien un intérieur. Pour le moment, il aimait rester dans la forêt profonde. Il se sentait à explorer l’inexplorable. Plus tard, il découvrit le feu et son pouvoir. Ce fut une de ses plus extraordinaires expériences. Il prit tout son temps, car, peu à peu, il comprit qu’il pouvait simultanément devenir plusieurs choses à la fois. La terre lui conseillait de toujours prendre le temps, et le temps le donnait au silence. Il devenait frémissement léger du vent, et aussi les feuilles dans les branchages. Chaque fois qu’il posait son regard, il apprenait encore mieux à voir, à sentir, à goûter, à saisir, à chanter, à danser.

© Océan sans rivage, Conte de Décembre : l’enfant de la forêt magique 

Le petit semainier

Perspective d'automne

              Dimanche

L’Abandon est invitation,
Quand le noyau s’est fendu,
Ne plus s’accrocher,
Demeurer nu.

            Lundi

En marchant hébétée,
Le corps a vibré,
D’automnales clameurs, 
Et l’été a pleuré.

           Mardi

Même si le vent souffle,
Souvent le cœur en silence,
Ecoute Ta Présence,
Ton goût, Ta Résonance ?

Digression (21)

Résultat de recherche d'images pour "peinture de poule d'eau"Peinture de A. Thorburn

Telles les plaies de l’âme, telles les certitudes goûtées à la ferveur de Ta Poigne, telles les émotions exaltées en Ta Souvenance, telles les lancinantes visions du coeur, les gratitudes qui font acte de résorption, sur les chemins qui s’étendent aussi loin que la douleur latente puisse se mouvoir en béatitude ; telles les répétitions, quand les lèvres ébauchent le sourire d’une constance, lors que le regard se pose sur la vastité de La Création, et d’observer les passants depuis l’enfance, d’être émerveillée par la multitude, et de voir en eux, le voile de Ton Visage, et de voir en eux, en cette effervescence, Ton Désir, et de voir en eux, au-delà de l’apparence, les réalités de Ta Permanence, et de voir par-delà les yeux, ceux de Ton Observance. Les Yeux de L’Âme sont Tes yeux et Ils se promènent sur les chemins de convergence tandis que celui qui clame est un Amoureux, langoureux de Tes paysages, fou de Ta Présence. Il voit une grande Assemblée. Elle marche en l’opulence de Ton Silence et celui qui voit, clame Ta Gloire et ne se réduit jamais à imiter : Tu es l’inimitable et pourtant, Tu te promènes dans les Jardins de L’Âme. Serions-nous les derniers, nous regarderions avec la crucialité le visage de chacun, mais en Ton Occultation, nous voyons se perdre l’humanité, errer loin de L’Océan de Ta Splendeur, oubliant de s’effacer pour voir Celui qui ne jamais s’absente. Alors, nous avons jeté loin tous les naufrages, et nous avons vaincu l’oppression de tous les pleins, et nous avons vogué sur le Miroir, Royaume des Yeux imprenables, Regard insurmontable, Beauté inégalable. L’Amour m’enseigne et plie les distances. Je suis dans la bouillonnance de nouveau, dans les Flots de Ton Ardente et indicible Certitude et je n’ai ni odeur, ni corps, ni existence n’ayant plus aucune attache. Jamais je ne cherche à fuir L’Invincible Poigne, et où irai-je ?

« J’ai perdu toutes mes illusions, et elles me réchauffent par L’Absence même de leur nature illusoires », tels sont les propos du petit homme, tels sont les mots qui surgissent tantôt, au détours de la grande ville : j’ai vu des manchots, des estropiés et quelques fantômes apeurés, et je les ai aimés. Petit homme, je ne cesse de vous regarder, partie déjà si loin, au plus profond de la profondeur. Je vous rejoins là-bas, vous savez, là où les ruisseaux ne séparent pas les fleuves, ni n’échappent aux rumeurs d’un océan qui pleure. Souvenez-vous des oiseaux posés sur vos mains délicates et cet étourneau qui d’amour se tint si près de nous frémissant de Présence, Ô Eternité, je vous vis !

Digression (20)

Image associéePeinture de Laura Wilder

La vie demeure en permanence l’immense étonnement, celui-là même qui nous relie à Celui qui le place en nous. Les ricochets sur l’eau n’ont pas ces duretés du cœur chargé d’humus et bien d’autres éléments opaques, ainsi que ces humeurs qui aspergent toutes les affirmations pleine d’alluvions ; mais, il demeure Un. Il n’est pas de froideur, ni de rejet, ni aucune espèce de jugement, car l’eau est lisse et semblable à elle-même. Il ne reste que La pure Présence ; Joie et douceur. J’ai vu l’égo pavoiser, faire du bruit, mais l’eau est belle, sans remous, de sa beauté de grande voyageuse. L’Eau du Mystère, et nulle évidence qui ne te réduise, et nulle affirmation qui ne Te contredise. La négation est comme un égarement qui s’épuise sur les plages de l’infini et de tous les concepts. Le Temps rudoie les vêtements de cet ego, craintif, chétif, adversaire de lui-même, inégalement bruyant, tels les pas titubants dans cette cité qui s’estompe peu à peu, comme poussiéreuse des brumes accablantes, hypnotisée par les vagues de l’ancien monde. Le rêve n’est plus une buée aveuglante, mais transparence, et j’abandonne, sans rien retenir, ivre sans mesure, ivre sur les trottoirs qui se disputent des illusions incessantes, quand chaque fois que la pensée dérive, elle, cette pureté du moment, trempe dans L’Encrier des océans de Vénus, oui, cette Vénus du Ciel de L’Âme et l’oiseau passe avec la beauté du mouvement éternel. La Clé était d’argent, dentelée de Lumière, ciselée de patience, ouvrant la porte d’une Maisonnée matricielle. Les Deux rejoignent ma folie, qui est La Vacuité même, puis au-delà de La Délivrance, il est une exultation,  un tremblement de voix, des cymbales, et mélodie de cette Remembrance. Paix à tous les univers qui virent Le Jour éclore en Ton Soleil éternel. Paix à L’Aube, et Paix à cette Assise qui burine toutes les révoltes, les transforme, les résorbe. Paix en L’Alchimie d’un incendie de Lumière, au feu de L’Eau lustrante. La Constance est une eau qui goutte à goutte devient le ruisseau luminescent, vibrant au cœur du Silence. L’ignorance ne saurait éliminer l’évidence, ni l’affaiblir, ni la détourner de Sa Réalité. Je m’assois auprès de tous les visages, et je leur parle, sans que personne ne puisse me voir. Être là. Je suis sans peur, sans retenue, sans doute, sans révolte. C’est ainsi que Tu parles, c’est ainsi que je Te vois. C’est ainsi qu’apparaît le fil d’Ariane, visible, enseignant, transmetteur, réceptionnant, aventurier des splendeurs de l’inconnu, Toi, L’Inconnu, le rendu manifeste en Ton Œuvre. Alors, Tu vins et me montras cette infime goutte semblable au Temps qui s’en rejoint L’Océan, celui de toutes les gouttes, luxuriant, minutieux, L’infiniment Patient, L’Infiniment Bienveillant.