Allégorie du Jardin de L’Âme (23)

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-La Caverne- (1)

De fait, en ces résonances des parois de la Caverne, longtemps embryon de la pensée diffuse et hébétée, une voix se fit entendre. Avant que de prétendre à quoi que ce soit, assise au fond de cette magnifique cellule que l’on peut aussi nommer Arbre de La Primordialité, Nuit du Soleil, Rayon des transfigurations inouïes de la corporéité et de L’éthéré, je me sentis en cette crucialité enveloppante. Au début, L’Assise est une droiture imperturbable. Le corps apprend à se connaître. Il n’est pas un point qui ne s’assemble en cette Union de La Pensée et de La Matière. Je ne voulais plus avoir affaire à aucune  sorte d’emprise. Tel est le vœu du Silence submergeant et béatifique. Il est chaud en ce centre, radiant, rayonnant, et la vision donne à reconnaître et à témoigner de ces liens entre la concentration et la lumière nucléique en l’état de Présence. Le corps n’est jamais totalement dissous, mais la Présence se donne en La Vacuité. Qu’est-ce donc que cette Vacuité ? En cette Caverne, celui qui est en Elle, le sait et l’identifie, puis se sent Elle. Il n’est plus de séparation en La Matrice. La Cordée Matricielle est Le Seul Lien intime et qui donne à cette Reliance Originelle. Tu es cette famille-là et nulle autre, et chacun de tes souffles s’unit à toute La Chaîne, ce collier de perles. Depuis les éléments pré-existants et ceux concomitants, puis en les simultanéités, en les faits, en L’Adventice, puis en les successions, puis encore en l’alchimie vibratoire, puis encore en les fulgurances en L’Instant de La Présence. Autant d’ouvertures, et autant de mondes qui se déploient et qui tous font acte d’allégeance à L’Unique : telle est La Réalité confidentielle de La Caverne en Son fait de Vacuité. Tu vois absolument La Lumière éclairer les parois et tu vois Le Livre dont les pages bruissent si vite qu’il est parfois impossible de tout noter. L’Allégorie se rapproche le plus de La Langue syriaque*, celle de L’Universalité vibratoire. Les images se succèdent, se compénètrent et même les parfums de ces mondes sont à ton odorat des réalités olfactives d’une suavité que ton âme semble simultanément ondoyer et être en cet arrêt. Le Souffle semble être Souffle mais aussi Apnée. Que dire de cette Caverne ? Âtre rougeoyant au Rubis du noble foyer d’incandescence ; mais jamais ce feu n’altère les perceptions : il est prétexte à la transformation. Il ne consume pas, ni ne nous éloigne de la perception. Le Feu est la nécessité à cette traversée. Tu ne le sais qu’en ayant franchi ce pont. En ce Lieu atemporel, La Caverne est en permanence L’espace qui te re-centre. Elle t’apprivoise et te donne exactement à la latitude et à la longitude de Ton Assise. D’aucuns pensent que ces mots sont sans substance, sorte d’irréalité, le fruit d’une imagination fertile. Il n’en est rien. Lors que tu te trouves en ce sein, tu le sais et tu peux exactement poser les mots qui font acte de Reliance. Lors que tu connais ta caverne, elle te ramène nécessairement en Elle, car Elle est ce lien perpétuel, telle une navette sur un métier à tisser. Tu peux évoquer la caverne et tu peux la décrire. Tu sais le nombre des pèlerins en son sein. Tu connais le chiffre quantique de leur réalité. Ils viennent jusqu’à L’Assise et te parlent. Ils s’entretiennent avec toi des jours et des mois et des années, lors que les distances se plient. Je te parlerai plus tard de cette Beauté qui se dilate et te donne, dès lors que ton Assise est offrande sans déviance sans que tu ne sois à rechercher autre que Lui. Car, sache-le, il n’est pas de plus grand danger que de Lui associer autre que Lui… Telle est La Réalité de La Conscience Une en La Cavité de La Proximité. Il n’est jamais assez de mots pour laisser les vagues déferler au son des écumes de Son Toucher, au cœur de L’Amitié.

Tous droits réservés© Océan sans rivage, Allégorie du Jardin de L’Âme


*Langue syriaque : « … répandue, dans les pays où elle est en usage, que celle d’après laquelle elle aurait été la langue originelle de l’humanité ; mais ce qui est remarquable, et ce qui nous a fait penser que le cas doit être le même en ce qui concerne l’hébreu, c’est que cette opinion vulgaire est si peu fondée et si dépourvue d’autorité qu’elle est en contradiction formelle avec le véritable enseignement traditionnel de l’Islam, suivant lequel la langue « adamique » était la « langue syriaque », loghah sûryâniyah, qui n’a d’ailleurs rien à voir avec le pays désigné actuellement sous le nom de Syrie, non plus qu’avec aucune des langues plus ou moins anciennes dont les hommes ont conservé le souvenir jusqu’à nos jours. Cette loghah sûryâniyah est proprement, suivant l’interprétation qui est donnée de son nom, la langue de l’« illumination solaire », shems-ishrâqyah ; en fait, Sûryâ est le nom sanskrit du Soleil, et ceci semblerait indiquer que sa racine sûre, une de celles qui désignent la lumière, appartenait elle-même à cette langue originelle. Il s’agit donc de cette Syrie primitive dont Homère parle comme d’une île située « au-delà d’Ogygie », ce qui l’identifie à la Thulé hyperboréenne, et « où sont les révolutions du Soleil ». D’après Josèphe, la capitale de ce pays s’appelait Héliopolis, « ville du Soleil », nom donné ensuite à la ville d’Égypte appelée aussi On, de même que Thèbes aurait été tout d’abord un des noms de la capitale d’Ogygie. Les transferts successifs de ces noms et bien d’autres encore seraient particulièrement intéressants à étudier en ce qui concerne la constitution des centres spirituels secondaires de diverses périodes, constitution qui est en étroit rapport avec celle même des langues destinées à servir de « véhicules » aux formes traditionnelles correspondantes. Ces langues sont celles auxquelles on peut donner proprement le nom de « langues sacrées » ; et c’est précisément sur la distinction qui doit être faite entre ces langues sacrées et les langues vulgaires ou profanes que repose essentiellement la justification des méthodes kabbalistiques, ainsi que des procédés similaires qui se rencontrent dans d’autres traditions.

Nous pouvons dire ceci : de même que tout centre spirituel secondaire est comme une image du Centre suprême et primordial, ainsi que nous l’avons expliqué dans notre étude sur Le Roi du Monde, toute langue sacrée, ou « hiératique » si l’on veut, peut être regardée comme une image ou un reflet de la langue originelle, laquelle est la langue sacrée par excellence ; celle-ci est la « Parole… »

Sources : Symboles de la Science sacrée, René Guénon, éd. Gallimard, 1962 : VI – La Science des lettres – (Ilmul-hurûf)

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