Chercheur d’or

 
Ô Toi, Tu sais combien je T’aime
De cet amour Limon, je suis devenu chercheur d’or
Raffinement en ce tamis, genoux dans la boue, écorché dans ce décor
Animé de la foi des passionnés, dans le torrent aux remous extrêmes
Ne faisant plus qu’un en ce travail à la battée
Minutie de l’effort pour voir la poussière changée en pur minerai
Solitaire dans la folie, respirant le grand air et la terre sauvage
Ne craignant ni bêtes ni morsure du froid qui ravage
J’ai laissé l’eau gelée, manger mes doigts affamées
Dans la fébrilité de l’instant, les yeux rivés au tamis
Attendaient de voir ce scintillement qui brille malgré la nuit
Sous l’éclat de la lune ma complice, la peau ruinée par les secousses
Mon cœur désirant voir le miracle enfin venir à la rescousse
Alchimie de la sueur, de la torpeur, et de l’incandescence
La boue devenue corps, chaleur qui brave les souffrances
Irradie de mille feux purificateurs ces moments de labeur
Frénétiques prières d’un amoureux qui cherche son Bonheur,
Quand du limon surgit enfin la Lumière, ravissement jusqu’à la mort
Cri de délivrance qu’arrache la vie à la vue du Trésor
Toutes les étapes d’un chercheur obstiné qui connaît Sa Destinée
Ô Toi, tu sais combien je T’ai désiré
Ô Toi, un homme peut aimer ainsi jusqu’à la folie
Rêvant de Sa Bien-Aimée Céleste dans le soupir qui les unit
Aujourd’hui le chercheur d’or invite d’autre à faire ainsi
Car le Trésor attend tout chercheur de Vie.

 

Naïla