L’incessible

Earth Goddess, by Meraylah AllwoodPeinture de Meraylah Allwood

J’ai lavé le lierre puis j’ai contemplé ses mains
Comme un moment d’indolence, à l’hiver qui se balance,
J’ai cueilli des reflets de lumière son essence.
Le lutin, de ses yeux, m’a offert un festin.

J’ai pensé : désormais, qu’importe ce qui se passe !
Tout en nous est une porte et même vérité,
Et c’est au frissonnement que l’instant pourchasse
Que le monde éveillé éclot de sa Beauté.

Celui qui est à nous sauver est notre Temple.
Ce siècle n’a pu Le détruire, ni Le dévoyer.
La fin est une bouche au Ciel qui tremble

De voir témérité et constance inépuisée.
Comment alors être troublé par la fin d’un cycle,
Qui fait acte de Retour sans faillir à l’incessible ?

Boltonia

Efflorescence au-dessus des prés,
Quand le jardin veut s’évanouir,
Des semences d’automne au soupir,
De nouveau comme un souffle d’été.

Je t’ai surpris ; tu m’as toujours parlé.
Quand l’hirondelle t’effleure, tu viens.
Ton sourire parfume ce matin,
Des paysages qui vont parler.

 


Dans le langage des fleurs, le Boltonia (Boltonie) symbolise la fidélité du sentiment.

Fleur qui dit : J’ai confiance dans la pureté de ton cœur.

Promenade du Barde

Peinture de Joséphine Wall

Il ne faut point être surpris des chants de notre Joie,
Lors que de La Vie, partout, est la pure semence,
Et si rugissent les vagues lointaines, ce sont les Lois,
Quand même elles semblent cruelles, elles sont bienfaisances.

J’en sais quelque chose : d’avoir laisser le Temps agir
Au Souffle profond du Cœur, La Paix rayonne sans cesse.
C’est de marcher sur l’autre Rive, qu’ici je soupire ;
N’en prenez guère ombrage, voyez-y une promesse.

À l’indolente ivresse, le rire est une larme,
Cueillie à la fournaise ardente, tel un Rubis.
Ce parfum, certes, nous unit puis nous désarme.

Quand même, je marche éternellement et je souris ;
L’Amour est L’Âme, ambre et turquoise, sans nul écueil.
Tantôt, le savez-vous ? J’ai vu le chèvrefeuille.