Visions

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Illustration d’Edmund Dulac

Est-il un monde autre que ce monde?
Captive du Jardin embaumant, ma nostalgie
Courbée sur un chemin surgi des intenses ondes
Mes yeux plongent en ce Royaume né de la Nuit
Qui me donnera des nouvelles de mon Roi
Si ce n’est Le Roi lui-même, depuis l’autre rive?
Ces fleuves d’Amour que supportent mes sanglots
Ces torrents déversés depuis les vagues successives
Ces sursauts durant la traversée des profondes eaux
Ces houles effervescentes de douleur et de Joie
Éteinte en cette rumeur obsédante, mon exaltation
Et je tends vers Toi mes bras, mon Roi, je suis là
Et je m’évanouis en cette éternité, mon Roi
Le Ciel est l’écorchure de mes blessures
Une porte ouverte sur les réalités de Ton Azur
Élan Suprême jusqu’au Trône de La Roseraie
Des multitudes de saveurs éprouvées en cet Inspir
Le sol est jonché des verbes de Ta Majesté
Fluidité des pétales ondoyants lors de cet Expir
Lueur qu’un souffle fait légèrement trembler
Étourdissantes fragrances des tendresses de mon Aimé
Cette terre m’enveloppe de Ton Amour Incandescent
Le cœur s’offre en cette douceur, murmure qui se respire
Et je tends vers Toi mes Bras, ascension en cet été mouvant
Et je suis à Tes Pieds, ivre de Ton Mystérieux désir
Légèreté, suspendue en cette singulière Évocation
Et je suis en cet Ailleurs, Munificence des invisibles visions.

Naïla

Des milliers de roses

Dante Gabriel Rossetti:

Illustration de Florence Harrison

Ici, des milliers de roses
Aucune ne se fane
Le temps s’y suspend
Ici, le murmure qui ose
Se poser en ce qui plane
Au delà de toutes rives
Sur le cœur de L’Amant
Ici, l’Amour est incessant
Se clame, en cette missive
Vertige de L’Amour Inné
Ici, se fige l’instant qui tremble
C’est en Toi que je meurs
C’est en Toi que je nais
Ici, la Demeure qui Te ressemble
Ici, aussi la Roseraie du cœur
Je veux séjourner en Ta Proximité
Mon Âme apaisée en Ta Sainteté
C’est vers Toi que je veux migrer
Fidèle à Ton Amour, en Ta Sublimité.

Naïla

L’Illimité

Leonardo da Vinci Ever After:

Leonardo Da Vinci

Des fragments épars qui se rassemblent
Exultant des signes qui se tissent savamment
La Conscience est Expérience de la Vision
Un fruit que l’on savoure en trois dimensions
Pourquoi serait-elle surface plane
Tel est le secret de la Profondeur
Architecture essentielle en ce corps cathédrale
De le percevoir n’est pas une vile imitation
C’est là-bas que tout commence
Ici, je trouve L’empreinte du Discours
Qu’importe de savoir, quand savoir n’est point tissé
La Beauté est l’illimité qui se voit dans L’Illimité
Les confidences sont L’Intime qu’on ne saurait dévoiler
Si cela se tisse, c’est qu’IL est en nous à tisser
Si cela se vit, c’est qu’IL est en nous à se vivre
Si cela s’entend, c’est qu’IL est en nous à s’entendre
Si cela se voit, c’est qu’IL est en nous à se voir
Si je marche, c’est qu’Il est en nous à marcher
Si je L’aime, c’est qu’IL est en nous à aimer
Quelle extase de voir mon Roi, mes yeux Te boivent
De cette Vision, mon cœur explose d’effusion
Captive de Ta Grandeur, où suis-je, Tout est Vivant
Tu me murmures Tes Jardins, embaumant Jasmin
Rose Céleste, récital et liqueur sans fin
Soierie flottante, Coupe fluviale, palpitant encens
C’est là, que L’âme se nourrit des Divins Présents.

Naïla

Cette folie

'My Sweet Rose' - 1908 - by John William Waterhouse (English, 1849-1917):

‘My Sweet Rose’ – 1908 – by John William Waterhouse

Sans cette folie, m’élancerais-je en ce vide
Sans cette folie, ce vide serait-il plein de TOI
Sans cette folie, je ne suis
Le vrai Amant, s’élance vers sa Bien-Aimée
Une seconde à hésiter et le voici seul à pleurer

Qui a vu autre que TOI
Qu’on me le dise
Qui a vu en Toi un autre
Qu’on me le dise
Il est Destination
L’avons-nous seulement quitté
Suspendue à Ton Évocation
Devenue Ta Seule Réalité
Pourquoi ne Te voient-ils pas
Toi, qui a ravi ma raison
Étourdie par l’étrange Encens
Je ne vois que Toi.

Naïla

Regard Témoin

Alphonse Mucha - Madonna of the Lilies, detail:

Par Alphonse Mucha (détail)

En cette Roseraie, mes yeux ont palpité
Ont frémi en l’intense silence
Frissonné du clapotis léger,
Confluent en cette vibrance
Étrange surexistence en cet Innommé
En cette vision, se meurt ta bien-aimée
Subsiste en Ton Regard Éternel
Ébahie des Beautés surnaturelles
Je T’ai trouvé en ce monde-ci
Chaque seconde éclose en ce Royaume
Je T’ai trouvé dans le voile de mes nuits
Les fragrances d’une Présence que l’on nomme
Parcourant de mes cinq sens chacune de Tes créations
J’ai entendu cette voix depuis ma naissance
Renonçant à tous désirs, me blessant parfois
Je suis, à ce jour, à vivre ma singulière passion
Douloureuse, exaltant ma profonde joie
Les souvenirs sont Ton Parfum qui ne périt pas
Tes visites inestimables sont l’espoir de mon lendemain
Tu es le Souverain de mon âme, je ne m’appartiens pas
Je suis juste à voir en moi, Ton Regard Témoin.

Naïla