Rêves sauvages

De Stan Miller

Quand une femme donne son cœur sans même l’espoir
Des secrets vifs d’un retour dans l’antique demeure,
Prompte à livrer la douceur de chaque trouble regard,
Devenue tel un Cygne, la plainte de celle qui meurt ;

Quand elle donne sans compter ce qui noue son Destin,
Ravie à l’improbable, le fil tendu d’un labyrinthe,
Lors que le vaisseau gracie l’océan sans fin,
Que devient son âme et que deviennent ses plaintes ?

Vous m’êtes sans nul doute une aube pour qui l’on veille
Durant la nuit sans que rien ne trahit mon tourment,
Que donnerai-je pour n’être qu’un langoureux sommeil ?

Mais vous au milieu, allant toujours droit devant,
Impassible, vos yeux perdus dans les rêves sauvages,
M’apprenez que la vie est un apprentissage.

L’Appel du Barde

Image associéePeinture de Thomas Cole (1801-1848)

Je veux Vous ramener depuis les rives anciennes,
Je veux Vous extraire de toutes les nuits insensées,
Par Vous, chasser tous les crimes, fussent-ils par centaine
Qui surgissent des abîmes que l’on a occultées.

Je veux par mon ardente fougue Vous tous appeler
Et lors que des blanches vallées, Vous, Ô Anges, sublimes,
De Clarté opportune, enfin nous rejoindrez,
Puis clore ce cycle qui devient lamentables ruines.

Je veux à genoux Vous accueillir, Vous chanter,
Car depuis Les Cieux de l’autre Rive, celle de La Mémoire,
Mon cœur tremble encor d’avoir rencontré Beauté.

Lors que je suis en ce Rêve, qu’ai-je encor à voir ?
Ce sont les passions qui réduisent l’humanité
A manger la chair de son frère sans nulle pitié.

Rêve d’un Barde

Watercolour by Andrzej Rabiega.Aquarelle de Andrzej Rabiega

Tel l’immense vaisseau, Ton Rêve fut aussi le mien ;
Infime en Ton Ciel, je n’en voulus pas un autre.
Souvent de mes secousses, nous nous sommes tant étreints.
Je me suis cognée en Tes vagues qui furent les nôtres.

C’est la mouette jolie suspendue à Tes Nouvelles,
Qui me fit lever la tête et partir au loin.
Des écumes voilées de nos yeux, soies naturelles
De nos limites, quel monde a donc surgit soudain ?

Rêve encor de moi, Ô mon Âme, et me caresse
De l’ignorance qui devint muette interrogation !
Le cri de la mouette révéla la maladresse :

C’est en ce déchirement que jaillit la provocation,
Et à genoux, j’aimai que La Lune apparaisse
Car en Elle, mon cœur s’ouvrit à Ta pleine Sagesse.


Le Barde a quelque Chose du Rêve éclos, et l’on dirait que souvent, en ce Temps, il marche sur l’autre Rive et poursuit comme une chimère, les promenades du reflet d’un océan : telle est soudain la question qui se suspend aux mots que butinent sans cesse quelques glissements, savamment enfuis sur le sable fin qu’efface le doux silence. Il n’exclut aucun moment et s’abandonne au vent qui joue avec les cordes d’une Lyre que l’on ne voit qu’en Rêve, et sache pourtant que du Rêve, il est un firmament qui devient Le Miroir du Présent. Alors, le Rêve n’est plus un Rêve, mais plutôt Le Jaillissement d’un perpétuel Commencement…