La Rose

Carl Zewy (1855-1929)

Au sein d’un ancien Jardin, je vis la Rose.
Me parla-t-elle de tous ses maux ou bien des mots
Éclos de son visage vermeil, et je n’ose
Encore vous décrire ses yeux emplis d’eau,

Du rougeoyant ruisseau qui en ce doux écrin,
Disposa ses pétales de velours grenadine,
Et pour en saisir son indicible parfum,
Ne faut-il pas devenir Rose cristalline ?

Au cœur naissant, quand le Jour frémissant à peine,
Murmure ces rosées à la bouche de ces instants
Complices, entre les pages du temps que l’on pressent :

Rose, que ne m’as-tu confié, à moi, fol amour,
Tandis que chacune de tes empreintes certaines,
Ouvrent, en mon âme, les portes du voyage sans retour ?

Le couloir Matriciel

Tout est parfait. Quand même la cruauté côtoie le merveilleux. Tout est exactement comme le tableau le plus extraordinaire, mouvant, incessant, caressé par le vent, buriné par le sable. Dans les plus grandes épreuves, nous sommes traversés par ces faisceaux de lumière. Nous levons la tête en notre intériorité et nous fermons les yeux au plus fort de notre silence. L’hébétude est aussi une rencontre. Au commencement, le parchemin est lisse et transparent. Plus nous prenons du recul et plus nous parvenons, par la cueillette régulière des rayons du soleil, telle une plante qui s’en nourrit, à nous laisser partir, non pas avec apathie, mais plutôt avec la chaleur du foyer que l’on nous a appris à entretenir, durant toute la vie. Nous n’avons jamais considéré la vie séparée d’elle-même parce que la vie ne sépare pas. Bien au contraire, elle nous apprend et nous protège contre nous-mêmes, contre nos manquements. Il ne s’agit pas non plus de condamner, mais de regarder. Voir, c’est entendre. Chacun, nous avons nos entretiens intimes avec cette vie, celle qui est apparue en nous, efflorescente en son unité, enseignante en sa multiplicité. Nous ne défendons ni ne condamnons. La vie est beaucoup plus vaste qu’un parti-pris. La vie est un déploiement exponentiel d’états d’être. Continuer à lire … « Le couloir Matriciel »

Le ressac

Tout ce qu’une mer rejette dans les bras d’un ruisseau
Tout ce ressac au-delà des flots
Tout ce que Tu fracasses sur les récifs
Toute L’Alchimie du Verbe.
Dedans ! « فیه مافیه »
Épousant le flanc des eaux,
Et mon Amour palpant les parois,
Tout ce qui reste sur un rivage,
Le sable fin du sel de nos ébats,
Te toucher dans L’Étreinte du Souffle,
La chair de L’Esprit n’en finit pas,
Tandis que Le Corps devenu Lumière,
Éternel Eden,
Dedans ! « فیه مافیه »
L’Océan, remous de mon délire,
Mes mains devenues notre Parfum.
Ne me dis pas, ne me dis rien
J’en viens,
C’est là que mon corps est né,
Dans la vastité de Ton Ombre
Au creux de Ta Lumière
Dans La Terre de Ton Verbe,
L’Encre de Tes mots.
Ni avant, ni après
Le Temps est notre Chant
Le Cœur Ton Sceau.

Dire jusqu’à faire, ne jamais se défaire des mots en substance, qu’ils coulent en nos veines et nos actes, telle une épée fendant les sillons de nos labours, qu’ils soient ce Dedans, ni extérieur, ni intérieur, le temps de la seconde, le temps ADN, le temps de la Présence en La Reliance, en Lui, dévoilant l’autre monde, celui de notre ombre. Poète de mon âme, les flots ont déchaînés les océans de nous-mêmes. Crucialité de L’appel. Poète ne jamais renonce !

Proche de Toi

Peinture de Ernest Charles Walbourn (1872-1927)

Je suis si près de Toi, à Te toucher sans voix,
Tu es mon étranger et je suis bien plus proche,
Plongeant dans de feintes eaux qui ne feignent pas l’émoi,
A la Terre et le Ciel, du surplus sans accroche,

Je suis mêlée à Ton noble Parfum, notre Constance.
Tu es si proche de moi, que je ne me vois plus.
A l’insipide, qu’ai-je entendu, Souverain Silence.
Comme est belle la Joie qui boit à l’horizon nu !

Tu es si proche de moi, que je dors dans Tes Bras
Si douleur épouse la Joie, que valent les tourmentes,
Puisque si proche Te voilà, l’esprit n’est jamais las ?

Je suis si proche de chaque seconde qui me hante,
Sans me défaire du goût ivre de Ton cher Discours ;
Je succombe tour à tour ; quel étrange Ton Amour !

Perpétuel souvenir

Bois

Il faut beaucoup de temps pour s’extraire des filets,
Mais il faut encore plus de temps pour le dire,
S’apercevoir que l’on a déjà tout quitté,
Par ce regard qui a vu l’étranger venir.

Il était bien en nous, toujours à nous unir ;
Il était nos yeux, notre toucher, notre guide.
Il était plus que tout, notre perpétuel souvenir,
Celui qui traduisait Le Rêve et le rendait limpide.

Barde, avant de tout quitter comme tout nous quitte,
Sans qu’aucune distance ne soit à nous séparer !
C’est Toi, L’Homme de notre âme, qui nous y invites,
Dans le murmure indicible, dans le simple arrêt,

Et le cœur de tressauter et de mettre les mots,
Sur ce qui a devancé et qui nous anime.
Gloire à La Reliance, quand la fin n’est pas fléau,
Ni même outrecuidance : Ta Présence est magnanime.

L’Été rouge (6)

Le lieu n’est pas un lieu et le temps n’est pas un temps

╬‴دكر ؟  والا نتايه ؟  نتايه  !  و آدى زبرى﴾﴿ﷲ ☀ﷴﷺﷻ﷼﷽ﺉ ﻃﻅ‼ﷺ ☾✫ﷺ ◙Ϡ ₡ ۞ ♕¢©®°❥❤�❦♪♫±البسملة´µ¶ą͏Ͷ·Ωμψϕ϶ϽϾШЯлпы҂֎֏ׁ؏ـ٠١٭ڪ.·:*¨¨*:·.۝۞۟ۨ۩तभमािૐღᴥᵜḠṨṮ‌‍‎‘†•‰‽⁂⁞₡₣₤₧₩₪€₱₲₵₶ℂ℅ℌℓ№℗℘ℛℝ™ॐΩ℧℮ℰℲ⅍ⅎ⅓⅔⅛⅜⅝⅞ↄ⇄⇅⇆⇇⇈⇊⇋⇌⇎⇕⇖⇗⇘⇙⇚⇛⇜∂∆∈∉∋∌∏∐∑√∛∜∞∟∠∡∢∣∤∥∦∧∩∫∬∭≡≸≹⊕⊱⋑⋒⋓⋔⋕⋖⋗⋘⋙⋚⋛⋜⋝⋞⋢⋣⋤⋥⌠␀␁␂␌┉┋□▩▭▰▱◈◉○◌◍◎●◐◑◒◓◔◕◖◗◘◙◚◛◢◣◤◥◧◨◩◪◫◬◭◮☺☻☼♀♂♣♥♦♪♫♯ⱥfiflﬓﭪﭺﮍﮤﮫﮬﮭ﮹﮻ﯹﰉﰎﰒﰲﰿﱀﱁﱂﱃﱄﱎﱏﱘﱙﱞﱟﱠﱪﱭﱮﱯﱰﱳﱴﱵﲏﲑﲔﲜﲝﲞﲟﲠﲡﲢﲣﲤﲥﴰ ﻵ!"#$69٣١@

J’aime que tout disparaisse en l’horizon de nos mots pétris de chair ; c’est là que surgit l’aube de nos retrouvailles, et l’on ne cesse de rire d’avoir bu en la nuit de nos souvenirs. Combien de ces flots qui ravivent notre insouciance, ou bien sont-ce nos pas méticuleux, ourlets de boue du chemin ? Il n’y a plus aucun espace pour ce monde, décor infini du rivage flottant et nous aimons cette intemporalité que nous nourrissons de la présence. Nous visitons en cet instant chaque recoin du monde, depuis le vol des passereaux, légèreté des conquêtes intérieures, et quelle est donc cette grâce immuable qui nous tient en sa chair mémorable ? Les vents fleurissent du souffle, et ne sont pas nos ennemis, mais annonciateurs des jours qui ouvrent sur l’assagissement des eaux salées devenues eau douce. Elle a le goût de lumière, et elle est fluide des transparences du royaume volubile que nomme un homme qui marche. Nous avons appris à cultiver chaque ère, chaque élément, et l’Amour est une force, au-delà du Mystère, car en Lui se déploient les beautés de La Reliance. Serions-nous provocateurs ? Sans doute, il est une sorte de sourire qui plane toujours ici ou là-bas et nous laissons couler l’eau vive et n’avons peur d’aucun trépas. Glorieuse Gloire de l’enfant au neuf années sonnantes qui par son serment de cycle en cycle raconte l’épopée d’un long voyage, en ce couloir de vie, en ce couloir d’espoir. Nous avons traversé un pont et nous avons regardé ceux que nous n’oublions jamais. Le cœur apprend l’humanité et s’extraie des humeurs.  A toutes les Voies, il est un passage, et ainsi s’est ouverte la fenêtre. Mais l’humanité n’est pas ce que l’on croit. Il faut du temps pour devenir un homme. Il faut du temps pour devenir petit. Il existe un éloge et puis un autre et chacun nous ravit. Nous donnons très peu, mais nous tissons inlassable pour défaire les liens d’avec l’ancien monde et nous œuvrons ici ou là, sans condition. Des couleurs, il en est de celle que l’on masque des incolores et insonores. Vous ai-je nommé l’influence magistrale de l’âme qui s’en revient ? Je puis vous dire que rien ni personne ne peut la retenir. Quand la flèche est partie, la cible n’a jamais été une distance.

Océan sans rivage© L’Été rougeconte des nuits du Silence