Silence Vénéré

                        Toile de Rudolf Ernst (1854-1932)

L’Espace est élogieux de Ta seule Réalité
Lors que Rien ne se peut prétendre en dehors de Toi
Lors que La Seule Pensée est Pensée de Toi en Toi
Est-il encore une Vie après Cela ?
Ô Vagues perpétuelles du Voyageur
Il est en L’Amour un Secret du Cœur
En sa Seule Profondeur est Ta Contemplation
Les yeux sont alors tremblant Silence Vénéré
C’est là que L’Âme est à se chercher
En ce Lac intime des pénétrants soupirs
C’est là aussi qu’elle se veut mourir
En L’extinction qui rejoint Ton Unicité
Lors que Toi Seul es Magnifié
En La Coupe vide de L’agrément
L’Accueil des Bontés sublimées
Est perpétuelle Joie du Cheminant.

Naïla

Te voudrais-tu revenir ?

                             Peinture de Kinuko Y. Craft

Te voudrais-tu revenir ?
Impossible !
Tu préfères mille fois errer en cette brèche, fut-ce-t-elle une folie !
Je ne veux pas m’accrocher à ce monde !
Ni qu’il soit à me coller !
Comme est doux Le Nectar de L’Insensé !
Les larmes en sont les fleuves de ma suave Nuit !
Lors que L’Étreinte de mon Roi se fait sentir, nul ne peut m’approcher.
Je me sens en cette fragilité à vouloir m’évader.
Que sait-on de cette étrangeté qui n’est plus raison?
Voici son Drapé qui est à m’enlacer
Où puis-je encore vivre, si ce n’est en cette ivresse ?
Qui peut encore avoir une emprise sur cette éplorée ?
Je tiens bien haut mon épée, et gare à celui qui veut s’approcher !
Mon Ivresse est Le Chant de mon Époux Vénéré
Sur un Pont, j’ai couru et me voici au pied de L’Arbre Secret
En ce Jardin, La Brèche est une folie de plus
Vois comme mon Regard boit en Son Soleil !
Suis-je encore?
La Nuit est bien un Jour caché
J’ai compris ma solitude et suis à la chérir
En elle, est attisé L’Ardent Désir
En elle, est la réalité de La Voie qui s’offre en sa singularité
Nul n’a le droit de pénétrer en cet intime instant
Il est Mon Roi !
Je vais vers Lui en Sa Seule Guidance
Et je veux encore verser Les Larmes de L’Abondance
Celles-mêmes qui me font naviguer en Sa Présence
Vois comme Il est saisissant, et comme Le Cœur est en effervescence
Vois comme ma folie est ma Seule Réalité !
En elle est La levée des Voiles de mon Bien-Aimé
En elle est l’assurance de ce Voyage singulier
Te voudrais-tu revenir ?
Jamais !
C’est en Lui, qu’est l’étrange Saveur
C’est en Lui que j’aime m’oublier
Les mille parures sont telles les effluves du Jardin
J’y viens chaque jour et y mourir au matin
En Son Souffle est L’Espoir du Lendemain !

Naïla

Un Jour, je rencontrai Le Cerf

 Illustration de Christian Schloe

Le cœur est langoureux d’une Forêt
C’est Là qu’il se voudrait à tout jamais
Près d’un sentier au bord de l’Eau
La Dame s’est évadée en cet Echo

Suis donc les Pas du Cerf Majestueux
Il se voudrait ton Ami sans condition
En cette étrangeté, ton Bienheureux
C’est Là, que tout est ardente émotion

Parle-moi encore de ce qui est Beauté
Tremblante Profondeur en La Douceur
Un radieux jour, je rencontrai le Cerf
Il me tint la main avec intense Amour
Je suis à L’espérer encore et encore
Il a en Son Regard un indicible Velours
Mon Âme y veut s’y fondre à toute heure
C’est Là un Grand Secret et ma langueur.

Naïla

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Blason de l’Abbaye de Lehnin (Brandebourg, Allemagne)

 

En ce Jardin

allée

En ce Jardin que longe une allée de platanes
Est une table en chêne posée entre deux
Arbres. Parfois s’y trouve assise une ermitane,
Les mains levées vers le Ciel et fermant ses yeux.

Son oraison court dans le bruissement des feuilles,
La danse des papillons et le chant de l’oiseau.
La nature tout entière s’y joint et se recueille
En ce Sanctuaire frappé d’un étrange Sceau.

C’est en ce lieu que deux cheminants se posèrent
Pour ouvrir une voie nouvelle, devant la Porte
Du Tout Possible dont l’appel les emporte

Bien au-delà de ce monde, où bien peu osèrent
Risquer leurs pas, car ici l’âme est mise à nue ;
Ici elle est mandée à son ultime tenue.

Marc

Mystère des Deux clés

Saurais-je vivre autrement?
Le pourrais-je?
Est-il une issue à cette issue?
Lors que Le Chemin est Le Plein Eveil?
Depuis ici, les lignes se conjuguent en cette Trame
Qui se tissent depuis L’Aube qui se décline
En Celle qui est de toute Éternité
En ce grain, j’ai vu mille étoiles
En ces mille étoiles, j’ai vu Ton Reflet
Ô Beauté qui se veut voir
Et qui se veut m’étreindre
Suspendue en Ton Image
Je T’offre ce qui n’est que Ta Volonté
En cette Révérence, en cette crucialité
Lors que tout se pressent en ce Noble Toucher
Je suis errante et aussi retrouvée
Est-il une autre Possibilité en Ta Gouvernance
Lors que Tu as décrété et encore décrété?
Suis-je à retrouver cette Parfaite intimité
Lors que Tu es ce que Tu es?
Ô ma Vie!
Ô ma Joie!
Douceur affleurante des seuls parfums de Ta Présence!
En Ton Premier Royaume est La Clé de La Vision
D’argent, elle se veut Immaculée et Resplendissance
La Terre est Le Prétexte de chaque Solstice
En Son Lever perpétuel, en Son même Coucher est La Jointure
Le Tissage est une Danse Axiale!
Lors qu’elle se perçoit, j’entre en son mouvement
Ici et là-bas
En ce Visage qui est tantôt Voile et tantôt Nudité
Toi Le Maître des Deux Voies
Toi qui ouvres et qui fermes
Toi qui n’as ni Commencement, ni Fin
Le Roi de tous Les Mystères
En ce Désert, j’ai saisi un grain
Tu as dit: j’y suis!
Louange à Toi Seigneur!
J’ai dit: en ce grain j’ai vu tous les Grains!
Louange à Toi autant de fois qu’il y a de grains en ce désert!
J’ai dit: Si Ton désert est empli de Toi,
Si Tu m’as donné La Conscience du Grain,
Si Tu m’as donné La Conscience de Toi en ce grain
Si Tu m’as donné Tous ces grains qui sont Louanges de Toi,
Alors, je n’ai plus besoin de rien!
Depuis La Première Clé qui est ce Monde, est une autre Clé
D’Or, cette fois, donnant accès à toutes Voies
Devenir de L’Être qui voyage en Toi
Les vagues sont les vagues de Ta Gloire
Le Temps n’est plus Le Temps
Il est Trois dimensions
Lors que L’Oeil de La Source est à voir
Les Flux de La Présence
Sont Ascension et Descente
En ce mouvement des Croisées Perpétuelles.

Naïla

Blason d’Elbach (Haut-Rhin, Alsace)

                

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