Les réalités de L’Aube

Illustration de Kinuko Y. Craft

Le breuvage mystique est une douleur,
Qu’un enfantement délivre à L’Aube de toutes les Aubes.
C’est là, que Le Roi jette sur le monde
Le ploiement du Cœur et les douces rosées de la liturgie abondent.
L’incendie est au lexique une Nuit obscure :
Douze stations qui se révèlent au grand jour,
Qui font de toi Son obligé, les sentences rapprochées,
Car, de ta chute, mille fois tu te repens ;
L’Amour n’a pas de limites, mais possède ses propres ruses,
Et en L’Âme distraite, le secret n’est pas révélé ;
Alors, L’Amour culmine pour être en Ton Ultime.
Puisse notre regard obéir aux injonctions subtiles !
Cesse de batailler ! nous conseille L’Ange,
Ainsi, se pose toute vaillance présumée.
Le déluge a commencé et emporte le mélange,
Parce que L’Amour est né en L’Amour,
Et à Lui, il se veut retourner.

L’Amour est un Bourgeon de Roses subtiles, parfumées d’Essence de L’Origine. En Lui est l’élan mystique qu’une boisson, au fleuve de L’Êtreté, rappelle en mille substances et dévoile les éclosions de La Roseraie intouchée. Un oiseau, celui que l’on nomme Vigilance vient parer ton corps de l’acuité. Mille autres oiseaux ainsi tiennent un discours et il faut prendre le temps de les écouter. Chacun est une Source et à leur bec, elle s’écoule telle une Rosée. On nous a dit que le Roi vient un peu avant L’Aube. Sur la branche nuptiale, nous annonçons Son Arrivée, l’un d’entre-eux nous a confié.

Conte des sept Orients

Femme dans un manteau - Adolphe Etienne Piot 1871Peinture de Étienne Adolphe Piot (1825-1910)

Vous ai-je fait le récit de cette histoire pour le moins étrange ? Afin de rejoindre un sage dont on m’avait fait forte louange et qui séjournait en une contrée lointaine, j’avais dû entreprendre un grand voyage, compagnée de tous mes amis. Lors, nous dûmes franchir un grand nombre de cols de montagnes, traverser des zones pour le moins isolées,  pour nous retrouver, enfin, jusqu’à la bouche d’un vaste désert. Quand nous parvînmes chez lui, nous crûmes pénétrer dans le jardin d’Eden. Une luxuriante végétation nous accueillit, tandis que des animaux de toutes sortes se côtoyaient, et sur des tonnelles s’étaient perchés des paons dont les queues s’offraient en de larges éventails de couleurs. Nous passâmes sous différentes arches, tandis que le sage nous attendait debout devant le pilier d’une voûte en pierres. Son regard incisif nous submergea et nous éprouvâmes la plus fascinante des douceurs. Le soleil avaient blanchi les murs de sa petite demeure où il nous convia. Nous nous installâmes sur des tapis d’orients, face à lui. C’est alors que le sage se mit à parler en nous fixant de son regard charismatique : « Un jour, je marchais dans la nuit et j’aperçus une petite fille aux yeux clairs. Ses cheveux blonds bouclaient autour de son visage nimbé de lumière. Elle se lança vers moi et me demanda de l’aider, car elle s’était perdue en cours de route. Elle me supplia avec ses yeux emplis de larmes de me conduire chez elle. Je la vis qui tremblait de froid et j’ôtai mon manteau afin de couvrir son petit corps frêle. Je l’accompagnai jusqu’à la porte et elle me remercia, et quand elle voulut me remettre mon manteau, je lui dis : garde-le, je reviendrai plus tard et tu me le rendras. Cette petite fille apparue dans la nuit me laissa un souvenir inexplicable. J’étais presque hanté par son image évanescente. Je ne pus me résoudre à l’oublier. Je pris, au bout de quelques jours, la décision de me rendre enfin chez elle et de frapper à sa porte. Ce que je fis sur le champ puisque j’avais mémorisé le chemin pour m’y rendre. Je frappai à la porte, et là, une femme d’un certain âge m’ouvrit. Je lui demandai à brûle pourpoint si je pouvais voir sa petite fille. Sans un mot, elle s’empara d’un fichu qu’elle posa sur sa tête et me demanda de la suivre. Nous marchâmes durant un long quart d’heure. Je n’osais lui poser de questions. Elle marchait et je suivais cette femme, en silence, le cœur étonnement ému. Enfin, nous arrivâmes à destination, et j’eus la grande surprise de découvrir, sur une minuscule tombe, le manteau bleu dont j’avais enveloppé la petite fille. Je compris, alors, que j’avais eu affaire cette nuit-là, à l’esprit de la petite fille et que celle-ci était morte depuis des années déjà. » Quand le sage eut achevé de conter son histoire, il me regarda avec une insistance qui me troubla, et je me mis à pleurer, doucement…

Océan sans rivage© Conte des sept Orients, la petite fille et le manteau.

Le Rouge-gorge

sweetsurrender68: Heinrich VogelerPeinture de Heinrich Vogeler (1872-1942)

Nous surprîmes maintes fois le rouge-gorge
Jusqu’à notre porte, il vint et nous chanta,
De grâces et de volubile Amour courtois.
De La Nature, nous apprîmes sans cesse les gestes :
Sagesse et paroles qui toujours regorgent
Des sucs que le vent parfois emporte, sans conteste,
Et ce rouge-gorge tendu de gratitude,
Délicat et farouche en sa douce plénitude,
Nous contait les beautés de L’Âme.
Nul doute, je l’écoutais déverser son incandescente flamme,
Lors que le soir, l’automne avivait son plumage.
Aujourd’hui, la fauvette chante à tue tête…
Seigneur, comme coulent Tes Larmes,
Lors que surviennent mille mystérieuses Joies !
Au-dessus des treillis que voisinent les charmilles,
Se sont alanguis mes pas, et parfois mélancolique,
Le Regard étreint Le Ciel et s’en va
Épouser quelques ondes lyriques,
Pensées que ne poursuivent nulle chimère ;
Et c’est d’avoir vécu sans jamais craindre La Lumière,
Qu’aujourd’hui, des blancheurs matinales,
Les roses frémissent à vos brumes pastorales.
L’Été soulève au Jour quelque rêverie derrière un voile.
Je Vous aime sans craindre L’Amour.
Poignante est cette Épée qui attise mon Regard,
Lors d’une promenade, j’en sais Le Retour.
Je veux m’allonger et tendre à mon cœur apaisé,
Les mains que Le Souverain de mon âme,
Tient sans que jamais je ne puisse Le lâcher,
Et J’aime d’avoir aimé, sans l’avoir méconnu,
Lui, Le Seul Bien-Aimé,
Et j’aime d’avoir aimé pour L’avoir reconnu
Puisque c’est Lui qui aime en premier.

 

Se lit aussi sur Noblesse et Art de l’écu

Malinovsky (Russie)

Le petit semainier

16-Oiseaux peints divers artistes ( T.J.B )

 

             Vendredi

    A ma porte, tu vins.
    Quelle est donc cette Beauté ?
    Sur mon cœur, je t’ai porté.
    Veuille ne jamais t’envoler !

 

 

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Samedi

Mille corbeaux 
Troublent parfois nos mots.
Leurs ailes fendent les coteaux.
J’ai vu passer Le Ciel.

 

 

 

*Oeuvre indéterminée et tableau de Caspar David Friedrich (1774-1840)

 

 

Allégorie du Jardin de L’Âme (27)

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-L’Améthyste-

Si tu marches légèrement, si tu poses ce pied en toute acuité, si tu te relies au Jour qui naît, si tu surprends L’Âme expansive en La Nuit de Ta Veillée, si tu prends la chandelle et la places là où le papillon n’a aucunement peur de se brûler, si tu deviens le Regard de La Béance qui te donne au mystère du cœur palpitant, si tu ouvres grand la porte à la seconde féconde, si tu entends le bruissement au goût du vent, si tu irrigues les âmes éplorées, si tu ne crains de mettre ton cœur au supplice de L’Abandon, si tu agrées de rester au seuil, si tu fais fi de tout formalisme, entends donc les vestiges crépusculaires à l’orée du Jour.

Je ne suis pas venue au monde mais Il est apparu et Sa Splendeur nous captive depuis de nombreux siècles, depuis les temps immémoriaux, depuis les temps qui ne comptent plus le temps, enlacés de Présence. Je ne suis pas venue au monde, ni ne suis née, Seule Sa Réalité, manifestée, épanchée d’expansion s’est existenciée en cette multiplicité de parfums. Des codes chevaleresques, le sillon est tracé, jusqu’à ce que s’effacent les traces de ce sentier. Lors que L’Évanouissement est l’étape ultime, il est soudain à se comprendre que la mort est La Vie. De ne pas être ingrat est le mot d’ordre. Maintenant, je vais te parler de L’Accueil réverbérant des sagesses effeuillées aux bouches écorchées de tes mots répétés, litanies de sens et rappel au corps de La Luminescence. C’est en secret que Le Jasmin s’est enfin disposé à nous évoquer les capiteuses pensées du bourgeon. Des ustensiles que l’on nettoie en ce désert vif de La Présence de La Lumière et que se répandent alors, en ondes de Lumière, les salutations vénérables au Bleu manteau de L’Azuré, car de lui j’ai suivi les pas et j’ai embrassé le sol de Son Empreinte. Jasmin des rochers parcellaires et des ruptures d’espace, en ce mausolée. Des parterres de soierie vertes ondulent et le ciel s’ouvre à Sa Majesté. Il flotte cette vérité implacable, pliée aux senteurs des années qu’occulte Son Mystère. Ceci est un Récit qui vient des veillées de L’Âme. C’est depuis Le Monde de Son Intériorité que La Connaissance se déploie et se lit. Le Parchemin est un Corps dont La Semence est Clarté et Vision. Des couleurs qui s’interpénètrent en ces yeux clos : De couleur Blanche puis de Jaune, enfilant la pierre de L’Améthyste. Du vert de Ton Éclosion flotte un étendard de Rubis flamboyant. Il tournoie. Je l’ai vu en cette atemporalité. J’ai vu le faux, l’usurpateur qui prétend donner au Vivant Le Pouvoir dont il n’a nulle science. Telle est La Confidence de La douce et effusive Améthyste :

Je suis abrupte et de couleur secrète. Ma Finalité est en ce Discours énigmatique, mais les prismes de Lumière en mon étincelance ont pour effet de rendre à La Lumière Primordiale les Réalités sans fin du Discours essentiel. Sept évolutions en chacune des sphères concomitantes et le silence des ignorants est mutisme impénitent. Ma Force vient de l’imperturbabilité contre les forces obscures et au secret des ruisseaux de L’Alchimie elliptique, je fais usage de La Sagesse vive qui exclut toute forme d’ivresse, lors que je rétablis en vibration les subtilités sous la forme de La pleine lucidité. Mon acuité perce les mystères de La Traversée et je donne à qui le mérite le flambeau de la passation. Je t’ai fait mention de ce secret pour attiser le feu des veillées en ton Assise. Veuille t’écarter des futilités et t’abstenir de toute mésalliance. Le bruit est au silence, vulgarité. Penche-toi sur L’Eau et consulte enfin L’Oracle. En ce pourpre est ma sérénité. Va ! La singularité est encore à se frayer un chemin de Beauté et Celui-ci est en ce Tracé qu’aucune raison ne peut déceler.

Mon Ivresse ne jamais s’assagit de Ta Largesse, mais mon cœur cueille en La Majesté de Ta Droiture et La Nuit soudain égale Le Jour. A toute imperturbabilité, il est un bouton germinateur de Force effective et bientôt je te dirai les douces confidences de la tourterelle.

Tous droits réservés© Océan sans rivage, Allégorie du Jardin de L’Âme

L’Alcôve

Ecrit Le 25 septembre 2014 

En ce siècle où l’oubli est roi, quand les luttes épuisent les hommes
Quand le ciel fuit à l’horizon, que tous vivent la contradiction
En ce siècle où la rose sombre dans l’artifice et les dogmes
En ce siècle quand le cœur puise dans les souffrances et les passions
En ce siècle des faux prophètes qui mélangent sagesses et dictons
Se trouve une Chambre secrète, alcôve pure, lieu d’adoration
Voûte nuptiale dans la délicatesse des voiles
C’est là que les pas légers se dirigent, effleurant le tapis Royal
C’est là que le Regard se porte quand le souffle devient Conscience
Il devient le point précis de chaque instant, cueillant le Firmament
Eurythmie en cette voix qui va à l’Unisson
Cherche debout l’accord du cœur, précieuse science
S’élève alors plus vite qu’une flèche atteignant sa cible
Une respiration devenue Lumière incandescente
Dans les Mystères de la Blancheur émanée, devenue magie puissante
La grâce volatile, fusionnement dans l’invisible
Extinction dans le soupir de la prestance
Nom Divin qui se cache dans le sanctuaire de la Magnificence
Et si retour il y a, le souvenir devient Echo de tous les parfums
Répète inlassablement le NOM, respire l’UN
Oublie tout, sauf l’Invitation, Appel de la Chambre secrète
Où règne L’Origine, Principe, Suprématie de l’Éloge Muette
Ô comme cette approche dans la nuit de la vie
Devient le Jour qui clame le Seul Bonheur Réel
Ô comme cette alcôve qui attend son Hôte essentiel
Étourdit l’âme qui pleure et désire le revoir, LUI.