Histoire de Fous

 

Un fou rencontre un autre fou et lui confie :
– Te rends-tu compte ?
– De quoi ?
– Il est autant de mondes que de mondes !
– Tu veux dire qu’il n’est aucun monde alors ?
– Je veux dire que nous sommes bien nombreux.
– Il y a de quoi devenir fou !

***

Un fou rencontre un autre fou et se met à pleurer tout en gémissant.
– Que t’arrive-t-il ?
– Je réalise que je n’aurai jamais assez de temps pour visiter tout ce monde !
– Comment cela ? Au contraire, tu as L’Éternité !
– Ah ! Mais qu’est-ce que L’Éternité ?
– Ecoute, ce n’est pas difficile, je vais te l’expliquer : imagine une très haute montagne, sur le sommet de laquelle, tous les cents ans, un petit oiseau viendrait s’essuyer le bec. Quand la montagne sera usée, eh bien c’est ça L’Éternité !*
– Mais, le petit oiseau, peut-il vivre aussi longtemps ?
– Oh oui ! Il vit comme le vent qui caresse les feuilles. Il part, et revient toujours au moment le plus inattendu !

.

Illustration de Elaina Lorenz

 

*Cette petite parabole, je la tiens d’un Ami très cher, qui la tient, lui-même, d’un grand Ami…

Mon Lac Argenté

.

Ô Toi, Je T’ai façonné tel que Tu es.
Ô Toi, Tu es exactement tel que Tu es.
Ô Toi, je me suis fondu en Toi !
Tu es Celui que Je fais de Toi,
Toi qui es Toi !
Je T’ai parfumé des effluves de Moi,
Et Je m’enivre de Toi en Moi.
Je suis Toi et Tu es Moi.
Comment ?
Mes Mains T’ont connu avant Toi.
Je T’ai connu en ces Mains qui se donnent à Toi.
Des milles senteurs en Ton Jardin, Je suis Ta Fleur.
Tes éclosions ont les saveurs du Souffle qui est en Moi.
Ô Toi qui es Tel que Je me vois en Toi.
En ce Regard qui est seule Vision de Toi.
Ô Mon Lac Argenté, lisse du Reflet de Toi.

.

Le rire

                         Photographie de Don Hong-Oai

.

Le rire a ses éclats de perles déversées en cette plénitude.
Il est à tapisser le monde enchanté que l’on visite.
L’Oiseau s’est perché à la cime de ton hébétude.
Mille soleils que l’on sait rayonner en cette latitude.

.

Ondes Célestes

https://www.bridgemanimages.com/uploads/article-bal-84729.jpg                       Peinture de Sir William Blake Richmond

Les ondes célestes ont inversé les vagues
Le Plafond Lacté est L’Océan de L’Astre
En ces transparences que voilent les brumes
Des transpirs exhalés en cette intime écume

Les perles du Front d’un Miroir de L’Origine
Lors que L’Indicible éclot en La Virginale Larme
La Rosée est ce soupir suspendu en l’instant sublime
Qu’accueille Le Cœur tremblant d’une Âme.

Naïla