Chant d’une fille

Ecrit le 17 décembre 2017, en hommage à ma tendre mère.

J’étais en Ton Ventre, Ô Mère !
J’étais à rêver doucement des flux de L’Océan.
J’étais en Ton Ventre, Ô Mère !
J’étais à sentir Ton Cœur à L’Unisson du mien.
Il arrivait que le ruisseau des chants de Ta Bienveillance
Me donnait ces langueurs.
J’étais en Ton Ventre, Ô Mère
Et je dansais en Ton Balancement.
Tu m’as chanté Les Paroles de L’Au-delà,
Puis Tu as baisé mon visage.
Je suis encore en Toi, Ô Noble Mère !
Tes caresses m’enlacent et je Te vois.
J’étais en Ton Ventre, Ô Mère !
Et c’est ainsi que les larmes ont étreint mon Âme,
Du Vivant de Toi, j’ai épousé les contrées lointaines.
J’étais en Ton Ventre, Ô Mère
Et Tu me contais les images de La Sublime Vision.
Des prairies florales et des nuits de Tes Voiles,
Je courais ici et là, et Tu riais de Joie !
J’étais en Ton Ventre, Ô Mère !
C’est Toi que je vis en Moi.
Tes rires sont des perles que Tu trouves en Ton Sein
Et je savoure chaque instant qui est de Toi, mien.
J’étais en Ton Ventre, Ô Mère !
J’étais et Tu étais en Moi.
J’ai chevauché les nuages de Ton Lever
Puis j’ai vibré des Cantiques du Ciel de La Mort.
Tu as dit : entends, puis chante ces Paroles qui sont Ma Semence.
Ma Terre est fertile des rivières de L’Abondance.
La Mort n’est pas celle que l’on croit.
J’étais en Ton Ventre, Ô Mère !
Tu n’as jamais cessé de me prendre dans Tes Bras.
J’ai rencontré L’Ours Éternel et Le Renard des Bois.
Ils ont longtemps parlé et m’ont confié Le Livre d’Argent.
Il porte en Lui des vallées innombrables et le voici sans fin.
J’étais en Ton Ventre, Ô Mère !
Je n’ai pas cessé une seule fois.
Je chante Les Anciens.
Je chante pour toi et pour toi.
J’étais en Ton Ventre, Ô Mère !
Je n’ai jamais perdu Le Présent.

Je suis en Ton Ventre, ma fille, ne le vois-tu donc pas ?

Chemin de vie (3)

Peinture de Auguste Toulmouche (1829-1890)

Il n’est pas un détail qui nous semble anodin :
Cela naquit dans le sein complice de l’enfance,
Quand la mère nous submergeait de son doux parfum ;
Aujourd’hui encore suave est sa présence.

Sa grâce traverse tous les âges et ses tendres mains
Ont marqué mon être à tout jamais par leur douceur.
Douce est cette femme aux gestes lents mais plein d’entrain,
Son visage lumineux, la finesse de son cœur.

Elle pliait le linge ; j’y plongeais sans retenue.
Chose peu commune, sa silhouette nimbée de lumière
M’enthousiasmait et me transportait dans les nues.

C’est une Reine qui régna en mon cœur amoureux.
Elle éveilla en moi cette grâce singulière,
De nourrir pour l’instant, un Amour mystérieux.

 

©Chemin de vie, La Mère.

Le Chant du Barde

(Saison 2)

Clé aurorale

Peinture de Freydoon Rassouli

Tout commence dans le cœur qui bat comme étonné de battre ; tout commence dans le son matriciel d’une goutte de joie. J’ai palpé le sein de ma mère, touché le ventre de sa lune ronde et ouvert les yeux dans son océan d’amour, puis j’ai entendu son propre cœur et bu à l’eau de son être, lors que le suintement de sa chair me caressait du flot de sa chaleur. J’ai perçu les cymbales et le jeu du souffle dans les roseaux  de son étang puis me suis laissée au balancement de son délicat berceau. Je me souviens de la voix qui chantait dans les profondeurs de notre caverne et le ciel était la voûte d’une clé aurorale. J’ai uni mon cœur au son de son Amour et flotté dans la matrice de sa douceur. Mon âme a tressauté quand Il a insufflé dans mes poumons et au centre, la porte de mille étoiles vibrèrent comme dans une gigantesque cathédrale. Ce sont les flux qui jaillirent en ondes comme centrées depuis le début du monde. Était-ce donc le souvenir du rêve éclos ?

La mère

Нестеров Михаил Васильевич. Женская фигура (на коленях). 1915. Этюд к картине "В лесах" Холст на картоне, масло. 36 x 26 смPeinture de Mikhaïl Vassilievitch Nesterov (1862-1942)

S’il faut tout quitter et tout laisser derrière soi
S’il faut pour ne pas fléchir, protéger son âme,
S’il faut sacrifier les rires fusains, aller droit…
Lors, nous baissons la tête mais portons haut la flamme.

Nous n’avons pas été nuance, ni compromis.
Nous choisissons ce qui fait de nous cette guerrière.
Peu importe, tant que le cœur va vers la Lumière :
Toute effusion, même amère, devient Alchimie.

J’ose le dire : tout ce qui n’est pas Lui périra.
Je brandis la lance de mon âme, ravale mes larmes.
Les temps sont cruciaux et c’est Lui mon oriflamme.

Enfants ! la mère dont le ventre était votre voyage,
Vous nourrissait jour et nuit avec ce même droit
De dire les mots justes qui sont aussi votre message.

Mère

ART BLOGPeinture de Paul Eduard Richard Sohn (1834-1912)

Je Te caresse ma mère, des baisers de mon enfance, des instants de Beauté en Ta Révérence, lente des gestes de pureté. Je Te caresse ma mère aux soies de Ta Blancheur, ivre de Te contempler, Te suivre au Silence de Ton Âme, en Ta proximité, Tes mots qui fusionnent en mon cœur d’irradiance de Tes yeux profonds de douceur, d’Amour à peine formulé, les gestes de Ta pudeur, Présence de Lumière. Le bleuté de Ton halo danse en Joie et au repos de Ton Assise. Je me suis noyée en la laitance de Ta Tendresse, en cette attention courtoise, en La Noblesse de Ton Corps. Tu ralentissais le Temps de Ta Majesté et je buvais en Ta Sincérité, lors que La Grâce effusive de Ton Être me donnait à L’Indicible. Je marchais sur Tes pas, et de Ta prestance, gorgée de Ta Générosité, je vivais La Genèse de L’Opulent Amour. J’ai mis de côté mes peurs, et j’ai gardé les perles de Ton Secret, en Quintessence de Ta Piété, de Ta droiture, de Ta Constance. Déjà, Tu es L’Icône qui me donne à cette Porte des Etoiles, et je me glisse dans le couloir de La Transcendance, par La Féminité Pleine de Ton Corps, La Maternité de Ta Nature. J’écoute chacun de Tes propos, sagesse du monde ancestral, Art de La Transmission par L’Acte d’Être. Il suffit. En Ondes qui se répandent jusqu’aux confins de mon âme. Je Te caresse aux plis du Temps qui marque Ton beau Corps du parchemin de Vie et je pleure, ma Mère, je pleure de Te voir aujourd’hui, mon enfant, et je pleure de Te porter en moi. Je T’appelle : ma chérie, ma douce poupée, ma beauté… J’embrasse Tes petites mains parfumées des gestes répétées, des précieux jours écoulés dans le giron du quotidien. J’embrasse Ta Ferveur, lors qu’assise, le chapelet qui défile, je me souviens des jours d’orages et de ces longues prières en Remembrance qui convertissaient L’Éclair et les nuages sombres en lumière diffuse du Bonheur d’être, mes frères et moi, autour de Toi. (…)