D’Amour

 

D’Amour, de frémissements élogieux, de Lumière
De Chants Princiers, d’étincelantes Rivières
D’Éternelles étreintes, de prodigieux tambourins
De tapis flottants, de soieries ondoyantes, de drapés de velours
D’éclats pourpres, de perles ruisselantes, de Royales cours
De voiles de rubis, d’émeraudes, de suaves parfums
De vagues de joie, d’insolites et profonds saphirs
De souffle fécond, d’encens voluptueux, de soupirs
De Rosées à la pointe du jour, en la clarté d’une Lune
De brises venues de différentes contrées, chacune
De rochers gracieux caressés des baisers de l’océan
D’ardentes aspirations en ce tréfonds culminant
De cascades argentées, de vallées illuminées
Du prisme évanescent s’élançant jusqu’aux cimes
De transparence en cette marche noble et sublime
D’étranges ondoiements au fond du cœur irradié
De rayonnements mélodieux en cette savante intuition
A genoux, prosternée, allongée, exaltée en cette Vision
Éplorée, esseulée, ces instants de La Pure et si intense Présence
Le silence est subtilité du discours, ces ondes devenues Éloquence
En cette Immobilité, l’émouvante transe est spirale ascensionnelle
Ainsi, l’autre monde est peuplé, des Splendeurs Révérencielles.

Les traces de ceux qui ont tracé

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En cet Étonnement, Le voici, L’Oiseau des Ondes !
Il a entendu depuis les Voies anciennes, d’Appel en Appel, en cette Chaîne de La Mémoire, Celui qui dit : Je suis Là.
Il a traversé les Vallées des Ténèbres, et vu les ruines du Temps.
Il a surpris dans les Eaux Profondes, les jaillissements de ce qui se féconde.
Les splendeurs d’un Silence dont les vibrations sont les semences de L’Histoire.
Ses yeux sont Le Lac de mille reflets et les langueurs d’une Perpétuelle Reconnaissance.
En cette Injonction, pouvait-il même fuir ?
Je suis à migrer en Lui pour L’Éternité.
N’écoutez pas le fou, il est à divaguer sur les flux de L’Amour !
Il est à rire encore des Beautés de L’Evasion.
Si un instant, il semble immobile, c’est qu’en vérité, il est si loin que son cœur est suspendu devant La Majesté !
Les ailes tournoient dans les légèretés de L’Orient qu’une Lumière de vagues occultent en Son Firmament.
Si vous approchez cet Oiseau migrateur, Il est à vous contempler depuis son vertige scrutateur.
Ce sont mille étincelles qui deviennent mille soleils en ces ruissellements que diffusent les mille épousées Lunaires.
Il a occulté Le Secret.
Il a ceint de pudeurs ces éloquences.
N’a-t-il pas tresser d’un fil de soie, l’Entretien que L’Alcôve réserve en Son Intime ?
L’Oiseau a vu L’indifférence se briser sur les Cristaux de La Transparence.
Il a entendu Celui qui dit : Je suis Là.
Les douceurs de La Noble Compagnie sont les ivresses d’un feu qui ne brûle pas, et transforme les étapes, en pliant les distances.
L’Oiseau a vu.
Est-Il ailleurs qu’en cette Vision ?
Ce sont les oublis d’un monde endormi qui ont affermi les fragilités de ses ailes amoureuses.
Vois comme Il épouse Les traces de ceux qui ont tracé…
Vois comme Il s’est détourné de l’insouciance !
Vois comme Il est en la fusion de L’Arborescence Originelle !

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Océan sans rivage

Une Nuit sans Lune

Chaque nuit est une Nuit Pleine
Lors que l’embrasse l’Effusion
Ses Rives sont caresses Pérennes
Une Nuit sans Lune, en cette Oraison
N’est jamais obscure, de son Jour
Le Soleil en est son Irradiance
Douce Clarté baignant du suave Amour
Des senteurs exhalées en Son Essence
Les Roseraies du Ciel que l’on découvre
En ce voyage des milles et milles nuits
Les Souvenirs sont Grâces qui s’ouvrent
Chaque étoile que je courtise me révèle,
Lors que je suis en leur charme éblouie,
L’Effluence des voiles qui se soulèvent
La chevelure de La Beauté la plus Pure
Les Vagues Célestes ont cette transparence
Des soieries qu’épousent saintes parures
Sont L’Éclat d’une Vénérable Transe
Une nuit sans Lune, n’en est jamais une
En mon âme qui sait que Le Soleil est Là
Mille et mille Lunes et amour en chacune
Mille et mille Soleils, Le Bien-Aimé est Roi
Chaque nuit est une Nuit Pleine
Insolite sérénité en cette luxuriance
La Profusion lumineuse d’une Fontaine
Me mène en ce Jardin de La Présence
De cet écrin suinte La Perle Éternelle
C’est en elle que je trouve mon refuge
Sa lumière s’unifie à mon langoureux Appel
En cet océan de Larmes qui est mon déluge
La Nuit resplendit de L’Astre Sublime
En Lui sont résorbés tous mes abîmes.

                        Naïla

Notre Eternité

 

Peinture de Charles Lock Eastlake (1793-1865)

 

Ô toi qui guettes ce que nul pressent
Ô toi qui en cette nuit as veillé
Ô toi noble étranger en ton étrangeté
Toi, qui le soir tombé, mandes L’Etoile
Veux-tu Eblouissance ou bien Clarté?
En la piété d’une Lune, est Pureté
De ses cheveux défaits s’offre une Beauté
Lors que le cœur ému jusqu’à l’extrême
Des vertiges vaporeux en cet exil qu’il aime
Ô toi qui des désirs ardents vois le Firmament
Ô toi qui soupires après les soupirs de L’Esseulée
Vois comme les Rayons palpitent de L’Origine
Les caresses sublimes des éclats argentés
Exhalaison des vagues que suscite l’Illimité
Ô toi, mendiant des mendicités de L’Épousée
Ô toi, qui traces de tes pas l’insolite sentier
Depuis les Souffles des vents entrelacés
En ces voiles que revêt Le Ciel éthéré
En ces lacs successifs qu’offre la Pleine Vision
Les perles du Collier égrainent une oraison
Sont-ce les tresses de La Mariée Immaculée?
Ô toi, en cette étoile, est une Destinée
Les flots de Lumière qui inondent L’Âme
Lors que s’y baignent les tourmentes
En l’apaisement des miroirs étincelants
Les subtiles descentes du Bien-Aimé
Ô toi qui t’éprends de La Belle qui naît
En ces veines coule un sang phosphorescent
Irrigué des Sources que clament les Torrents
Bouillonnants des sèves évanescentes
En ce chemin de montagne, mille aspérités
Des cailloux écorchent tes pieds torturés
Ô toi vois-tu Le Réel en cette Noble Voie,
Vois-tu en cette clairière matinale, Sa Majesté,
Vois-tu en ce qui n’est ni fin ni grossier,
L’Irradiance jaillir depuis Notre Éternité?
Ô toi, mille rosées suintent de notre Éloge
Les Parfums en cette secrète Alcôve
L’Encens des volutes de mille drapées.

 

Naïla

Rosée de Lune

 

Chinese Goddess of the Moon, Chang E:

 
En une Lune lointaine, en ses étranges dunes
Naquit une Rosée, qui s’en voulait aimer
En ce Lac Argenté, en Sa Pâleur Écume
Elle émit un étrange soupir embaumé:
« Laisse-moi épouser en La Terre
Ce Noble Fiancé, j’en suis La Destinée
Laisse-moi, de mes Lumières, l’envelopper
En cette descente, je serai Son Inconcevable Mystère »
Elle devint douce Nuée, ainsi se conçut La Chair
Des effluves de La Beauté et du Sourire de La Lune
La Perle devint cette Enfant évanouie en une suave Clarté
Tout le Royaume aspirait à la rencontrer.
En un Palais illuminé, elle résidait
Chacun était éprouvé par Sa Délicate Nature
Gracieuse, elle se voilait de mille parures
Les chants accompagnaient ses pas légers
Près d’un Saule, semblait, sans cesse pleurer
De Sa Lune, avait tout oublié
Des princes, des plus éloignées contrées
Lui offraient d’extravagants présents
De ruissellement d’Amour évanescent
Seul, Un Empereur Solitaire troubla Son Secret
Découvrit Sa Beauté qu’elle cachait en ses voiles de pudeur
Il l’étreignit, mais elle en eut peur
La Magie la rendit invisible
Son émotion fut grande et sa crainte plus encore
Nul ne pouvait l’approcher par son corps
Son cœur était pris
Langueur et nostalgie
Auprès de Son Arbre Ami
Les Larmes devinrent les fleuves du Malheur
Son cœur était alangui
La Rosée de Lune voulait épouser La Lune
« C’est là qu’est ma véritable Patrie
Je le sais aujourd’hui
Ô ma Lune, reprends-moi
Tout ce Temps, pour revenir à Toi. »

 

Naïla