Juvéniles cascades

Aquarelle de Mary Marceli

Délicatesse d’une saisonnière floraison,
Qui nous a mené jusqu’aux juvéniles cascades :
L’été a ses rumeurs de foin et d’oraisons,
Et le cœur rutile d’extravagantes embrassades.

L’Amour ne manque jamais de nous bercer encore,
Vivante Lumière et Joie d’aimer entremêlées,
Juteux Zénith aux lèvres des rubis de notre corps,
L’ivresse de rencontrer Beauté et d’être touché

Par le frôlement des saveurs suaves d’une vigne.
C’est dans le cœur, le doux secret du pur baiser ;
Vives sont les ruisselantes rosées de l’Origine !

Cueillons ensemble l’essence du vrai Souvenir ;
Que nous importe un monde qui ne sait pas aimer !
Même leurs désirs insipides ont tôt fait de mourir !

Elfe

Être elfique
L’Ondée dans les brumes promises
Au soleil levant
Je T’ai surprise
Et nous avons dansé
Toi rosée et moi éprise
J’ai couru dans les prés
Des mûres conquises
A la bouche juvénile
Mon Elfe des sous-bois
J’ai croqué les cerises
Juteuses de tes rubis
Juteuses de ton ivoire
Et la main dans la main
Cette balade pleine de surprise
Ivres du vent ombragé de tilleul
Elfe de notre Joie
Je danserai avec Toi.

Digression (25)

Aquarelle de Cindy Barillet 

Quand la lumière chante l’implacable danse de la pluie, sur les toits et tout au fond des bois ; quand le grenier tremble de notre émerveillement serein, vif, exalté ; quand je prends la main de petite sœur et que la joie nous arrache presque des larmes effervescentes d’amour et que tout nous semble d’une limpidité emphatique. Je n’ose prononcer le seul mot qui pourrait briser l’émotion vive d’un bonheur diffus. Le rire est la cascade d’une gloire méconnue et peu importe si nous ne savons rien, peu importe si nous finirons ridés sur les plis incroyables du temps, l’enfant ouvre les yeux d’amour et le père entre avec une multitude de lumière, quelques brins de muguet et sa propre légèreté. Nous dessinons dans la chambre, ma sœur et moi, des fleurs : le lilas qui se penche, les gueules de loup au velours secret. Tous les noms que les fées ont saupoudrés d’irréalité. Je m’évade dans les gouttelettes et je rejoins le cœur pur qui m’attend, là-bas au bout du chemin. Nous conversons longtemps et nous nous endormons avec la petite chanson du mois de mai, les lanternes de notre sororité. Dans le rêve, je replace une fourmi égarée sur son chemin, et j’admire, ça et là, les papillons de nuit. Ils sont étonnamment secrets et je ne sache pas plus grande hébétude devant les choses que nos yeux ont caressées. Entends ! C’est encore la réalité éternelle du cœur ouvert. J’aimerais tout vous conter, tout vous ensemencer de mots fluviaux qui parfument les pétales pudiques de nos découvertes. Perdue en haut de la colline, mes yeux rient. Jamais je ne t’oublierai, Ô Joie exaltée ! Ô Épanchement ! Ô Vibrations ! J’ai fait courir, sur la soie, les couleurs du pinceau d’Amour et des pinsons de gaieté. La fauvette nous rattrape et nous confie le doux secret. Ne l’avez-vous donc pas découvert, ce Mystère ? Des petits cailloux égarés pour vous… Je ne reviendrai pas ; je ne reviendrai pas. Telle est ma joie !

Peinture de Vladimir Gusev

Proche de Toi

Peinture de Ernest Charles Walbourn (1872-1927)

Je suis si près de Toi, à Te toucher sans voix,
Tu es mon étranger et je suis bien plus proche,
Plongeant dans de feintes eaux qui ne feignent pas l’émoi,
A la Terre et le Ciel, du surplus sans accroche,

Je suis mêlée à Ton noble Parfum, notre Constance.
Tu es si proche de moi, que je ne me vois plus.
A l’insipide, qu’ai-je entendu, Souverain Silence.
Comme est belle la Joie qui boit à l’horizon nu !

Tu es si proche de moi, que je dors dans Tes Bras
Si douleur épouse la Joie, que valent les tourmentes,
Puisque si proche Te voilà, l’esprit n’est jamais las ?

Je suis si proche de chaque seconde qui me hante,
Sans me défaire du goût ivre de Ton cher Discours ;
Je succombe tour à tour ; quel étrange Ton Amour !

Bouton d’or

Il est de ceux qui attendent,
Puis de ceux qui en silence,
Vous font don de leur présence.
Rien ne trahit les boutons d’or.


« La fée de cette fleur éprouve tant de compassion et d’empathie pour les humains qu’elle ne souhaite que nous aider à découvrir nos dons et la manière de les exploiter durant notre vie actuelle. Cette fleur et sa fée nous font bénéficier de leurs grandes vertus thérapeutiques et de leur immense compréhension de la condition humaine. C’est pourquoi elles contribuent à nous faire redécouvrir notre valeur personnelle. Elles nous font voir les occasions qui s’offrent à nous et nous indiquent de nouvelles voies à emprunter. » Selon Ted Andrews, dans Le Monde enchanteur des Fées (1993, 2006).

Le bouton d’or dans le langage des fleurs exprime la joie d’aimer et, en général, la joie.

Le petit semainier

Glade de Hans Thoma (1839-1924, Germany)Peinture de Hans Thomas (1839-1924)

   Jeudi   

D’avoir aimé, m’a transformée.
D’avoir chanté, je me suis envolée.
D’avoir écoutée, j’ai entendu la joie.
Mais d’être aimée de Toi, qu’est-ce Cela ?

Vendredi     

Je ne retiens qu’une chose :
Partir est comme revenir,
Recevoir est accueillir
Le vibrant message.

       Samedi       

Je ne sais rien quand je marche,
Je ne sais rien quand je vais,
C’est juste que l’on me donne à voir,
Puis que je n’oublie pas.

Le petit semainier

Keith Nash , aquarelliste britannique contemporainKeith Nash , aquarelliste britannique contemporain

Dimanche (22/12/2019)

Le temps a soufflé, 
Le vent a éternué.
Quand viendra donc l’étrangeté
De tes yeux bien avisés ?

Lundi (23/12/2019)

Les plaines effleurent
Les champs de l’hiver
Sans que l’oiseau 
Ne fuie son Azuré.

Mardi (24/12/2019)

Notre ivresse au silence,
S’émeut de Ta Grâce, 
Et ces vagues t’embrasent,
Au soleil du Regard.

Mercredi (25/12/2019)

Sérénité de l’écrin,
A la Topaze,
Des rayons de notre entrain,
Quand ton âme s’est épanchée.

Était-ce décembre ?

Hebergeur d'image

Était-ce décembre ou peut-être une semence sous terre ?
Mais qu’était-ce donc ? Notre ivresse qui scrutait L’Esprit ?
Cherchions-nous, comme exaltés, ces airs légendaires ?
Vers ces froides régions, nous étions bien partis.

Au souffle de la nuit, j’ai chanté : volons enfin !
Qu’importe si les étoiles nous prennent nos lanternes,
Je veux surprendre tous les vents du soleil en berne,
Et respirer en volutes la forêt de pin.

Volons, mon Ami, Ô mon frère, vers les hauteurs ;
Oublions nos craintes, rencontrons les cerfs sauvages
Dans le froid des blancs manteaux et vifs gagnages.

Courons ! Tandis que la lune veille encore,
Nous tremblerons des clameurs de nos jouissifs cœurs,
Et nous verrons danser nos regards à l’aurore.