Conte des sept Occidents

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Il était une fois un Arbre qui se souvint de La Constance. Il prenait de multiples formes, mais ne changeait jamais, car La Majesté de son Essence résidait dans L’Élévation. Il avait plusieurs fois rencontré les animaux de la forêt et quand nul ne pensait à lui, ni ne lui prêtait attention, il glissait vers la douce clairière. Là, il scrutait le ciel avec ses branches et s’élançait pour atteindre les nuages. Il laissait volontiers se nicher dans ses feuillages les plus belles étoiles, et même les constellations. Il offrait sa robe brune aux rayons du soleil, et la pie se posait avec quelque fracas, comme il lui en semblait toujours avec cette drôle de bête, mais il ne bronchait pas. La mésange et la fauvette aimaient à se retrouver au creux de ses bras. Il avait vu tant d’oiseaux qui s’étaient naturellement abrités dans les branchages. Souvent un écureuil grimpait jusqu’à la cime de l’Arbre avec une telle légèreté qu’il lui était impossible de le surprendre. Il le cherchait partout mais en vain. Même quand le pivert l’attaquait de son dur bec, il savait qu’une raison l’y poussait et cela l’enchantait. Cet Arbre se souvint aussi de La Fidélité et s’émut de voir que les petits êtres de la forêt venaient lui rendre visite avec une grande vénération. Certains lui faisaient le récit de leurs exploits, pour d’autres il s’agissait de leurs déboires. En Lui-même, Il croisait les jambes et les écoutait tous très attentivement.  Souvent dans la nuit, il entendait le hululement du hibou. Il apercevait des yeux luire et sentait quelque renard le frôler, presque comme dans un souffle. Le vieux pin lui contait ses malheurs, car son grand frère avait été coupé par des bûcherons. Ce dernier s’en remettait à peine. Quelques aiguilles jonchaient le sol et étaient les seuls vestiges de son frère. L’Arbre le rassurait comme il pouvait. Leur amitié était indéfectible. – Tu es le plus vieil arbre de la forêt et tu en as vu passer des choses. Tes meilleurs amis t’ont quitté mais tu restes impassible. – Détrompe-toi, ils ne m’ont jamais quitté. Je les ai tous gravés en moi, car il est un grand secret que l’homme ne connaît plus : rien ne sombre dans le néant. Tout peut être détruit, mais tout peut renaître. En nous est une puissante Mémoire.

Océan sans rivage©Conte des sept Occidents, L’Arbre.

Le petit semainier

Camille Pissaro ~ Saint-Charles - Eragny 1891                                                                                                                                                                                 Plus

Jeudi

La Forêt est seule d’aucun regard,
Du Souffle à peine frémissante,
Sous les feuillages ombre latente,
Soudain, tendue puis surprenante.

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Vendredi

Je marchais et disais : qui existe ?
Véritable phénomène et rien n’y résiste,
A l’ombre des cyprès, du tilleul et de la Roseraie,
Est-il une conscience qui vraiment périsse ?


*Peinture de Camille Pissaro (1830-1930)

Digression (15)

Gustave Doré, Lancelot et GuenièvreD’après Gustave Doré, Lancelot et Guenièvre 

Il est des raccourcis qui n’en sont guère, comme il est des stratégies qui ne visent qu’elles-mêmes. Nous convenons des étrangetés qui sont à nous incessamment surprendre et ce qui semble ne jamais disparaître est aux confins des deux mondes une absoluité incontournable. La première circonstance d’une Rencontre est assurément La Rencontre elle-même. Elle est sa raison d’être, tout comme Elle est en Son Unité à se déployer en actes, tantôt nimbés de Lumière, et tantôt traversés par les vagues du rassemblement. Il n’est pas de plus grande saveur que d’être au Ciel, cet oiseau qui plane. Le Temps se suspend à ses ailes et L’Âme courtise L’Autre Monde. Nous nous laissons imprimer de Phrasées dont L’Essence a ce pouvoir de tremper par le biais d’une larme sur les parois étonnantes de L’Éternité, Celle même qui s’étend sans jamais finir et qui enlace d’effluves le cœur des êtres éplorés. Nous connaissons le sursaut des montagnes qui bouillonnent du Silence implacable. Depuis que vous m’enseignez ces choses dans l’étreinte des beautés de votre Empreinte, les perceptions s’accroissent et pourfendent les opacités du cœur. C’est ici, en ce Point, que les Joyaux pleuvent et nous offrent en chaque transparence, les mondes imaginaux, ceux de notre Arche qui vogue sur les ailes du Temps. Il n’est plus de peur, car, lors que la flèche transperce notre cœur, les ruisseaux de douleur se transforment en cordées de Lumière. Petit homme, votre parfum est entêtant, et je ne cherche pas à fuir, mais, je lève les bras au ciel et le vent danse sans briser le charme de notre enfance. Les anges ont enveloppé de promesses notre corps qui se lamente de votre absence. Or, La Présence jaillit comme une Victoire et enlace notre poignée qui danse. Maintes fois, vous voyez la petite fille qui devient cet Arbre, et lors que vous m’apprenez à contempler les choses depuis leur essence, le monde bascule et plus rien n’est comme avant. Cela ressemble aux souvenances sans pour autant être la même chose. Je goûte au Silence poignant de Révérence. Au loin, Le Rossignol scrute L’Aube et c’est Le Merle qui me fait toujours les confidences. Ne dissocie jamais, petite fille, un moment de La Présence, me dites-vous, et jamais ne te laisse envahir par la médisance. Le Royaume est une contrée qui de pureté s’efface aux yeux de l’insouciance. C’est un Cristal que Le cœur sonde en cet élan et notre Amour est Le Verbe de L’Alliance. Prends soin du Trésor. Fuis les faussetés et entre encore plus dans La Forêt de ton âme : quelque part, L’Amour est La Fleur éclose de ton Jardin. Je sais vous aimer, noble compagnon, d’un Amour si puissant, qu’il n’a plus d’âge et depuis toujours, sur les sentiers de nos pas entrelacés, j’ai chanté L’Echo de notre Rencontre. J’ai bu à la coupe de vos mains et me suis laissée écorcher par les troublantes écumes de l’occultation. Lors, je puis clamer haut et fort, qu’à vous seul, en La Lumière de Son Secret, L’Amour nous a toujours liés.

Les Palmes et L’Oraison

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L’Exhalaison est puissante de Tes entrailles,
Lors que Contemplation est Le Temps effacé.
De L’Haleine, les brumes enveloppent Les Semailles.
La Terre est vierge de nos fluctuantes pensées.

Déferlent en pluie colorée, les cerfs de la Forêt
Jusqu’aux rives d’une rivière chantante.
C’est bien au soir, lors qu’enfin tout est reposé,
Que nos âmes se souviennent des lunes odorantes.

Nous avons traversé de multiples passerelles ;
C’est en ces conquêtes subtiles que nous apprenons,
Lors que le monde échoue sur les grèves rebelles,

Un homme m’enseigne les Palmes et L’Oraison.
Ce n’est plus d’ici, quand même, un oiseau passe.
Il est de ces instants qui emplissent tout L’Espace.

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Le Chant du Barde

Арфа

Naissance d’un Barde

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Du fond des âges, lors que s’annihile L’Espace,
Est-ce victoire d’un long voyage, cette mystérieuse nuit ?
Du Témoin au plus cruel des transpirs d’un lit,
Lors que l’impérieuse Voix appelle, mon cœur se glace,

De Toi, Ô Barde des chemins qui s’effacent !
Mais sans cette promesse de La Rencontre, quel ennui !
Depuis Ton Rêve, c’est un parchemin qui gémit.
J’attends Ta venue et Te parle à voix basse.

La lutte en cette forêt qui des ronces pourfend,
Saisit L’Épée du Cœur : n’ai plus peur des tortures.
Du Silence qui cogne, Le Sacré est triomphant.

Des Paroles, litanies qui transfigurent,
Ta constante Présence émeut longuement L’Enfant :
De L’Alchimie savante, Il n’est plus de brûlure.

Automnale flamboyance

Tomás Sánchez 1948 ~ Cuban Landscape painter | The Enchanting Forests | Tutt'Art@Peinture de Tomás Sánchez (1948)

Des majestueuses arborescences
En la forêt, au doux silence
Lors que les feuilles murmurent au vent
Quelque automnale flamboyance,
Vous êtes pensif, comme éthéré,
Et ce sentier, qui trace nos pas cadencés,
Soupire à la vesprée, telle une emphase
Aux cimes qui, de beauté, s’embrasent,
Paisibilité du Souffle en cette alliance 
Lors que l’âme, en sa musicalité unifiée
Des senteurs de pluie et de terre profonde 
Nous confie les sagesses d’un Autre Monde.

Allégorie du Jardin de L’Âme (6)

Cascade Brezons.g.Photo de l’auteur

-La mousse-

En l’opulence des Aubes de Ta Langueur, en ces virginités de Ton Azuré, en Ton Appel à peine divulgué, en ces tressaillements de L’Épousée, lors que La Beauté est le murmure qui jaillit du Tréfonds des Jardins de L’Êtreté, te promènes-tu en cette douceur fragile ? L’Eau chante de tes pas palpitants à l’orée de la Forêt. La Beauté révèle ton sourire à peine rosi des bruissements du feu et, l’âtre en son crépitement alchimique est la promesse du Jour qui féconde La Nuit, tandis que Le Jour connaît La Promesse de Celle-ci. La Fiancée pose le pas léger en ces effets de Ta Majesté, sur chaque rocher écumé de Ta Bonté. Elle perçoit au loin les clapotis de L’Eau qui ravive chaque goutte de L’Épopée. Son regard s’unit aux éclosions délicates des touchers enflammés. La Rétine de chacun de tes yeux s’arrondit en ces cercles mantriques et tu ne désires plus rien, car même le désir est une Assise dans l’antre de L’Arbre entremêlé aux bras de Ta Compassion. 

En chacune de Tes Empreintes, Le Soleil s’incline et ce sont les roches qui suintent des embrasures de Ton Eden. La Bruyère verdit encore au Souvenir de Ton Souffle Primordial et le parchemin se déploie sur les bords de L’Eau. Le Temps se suspend en la rondeur chaleureuse de chacune de Tes Roches opales et, si pleines, elles sont, de Tes minutieux regards ; Ô Ivresse ! en la quiétude de L’Amante encore hébétée du Prétexte infini, en ce Lieu qui lui parle. Que me dis-tu au centre du cœur, lors que tournoient les paroles de L’Amitié ? La mousse me fait ses confidences et c’est un petit oiseau, perché en cet Amour cristallin, qui écoute, qui pressent, attentif, sur les parois de La Roche immaculée de Présence. Le Jour jette sur l’ombre sa clarté effusive et devient l’éclatant Souvenir au soupir de l’aspiration intuitive. La concentration visionnaire est liée à la concentration méditative de l’invocation. Lors, te penches-tu en ce geste savamment lent et perçois-tu le prisme des couleurs en L’Iris entrouvert ? Il est en La Chaleur tournoyante des lumières de La Blancheur. Il s’élève et semble si léger que le cœur transpire des mondes aussi loin que le soupir le mène. Mon expir, dit la mousse, est une offrande à la pensée que côtoie l’esprit bienveillant, et si l’on me caresse, me voilà à délivrer toutes sortes de messages, pour peu que l’âme s’invite en ma demeure. Cet expir est une joie unifiante, et non l’expression de la lassitude. Il est La féerie des cascades environnantes, car, je suis à épouser les arbres et les rochers de ma vêture abondante et irradiante, lors que le soleil caresse ma lumière intérieure. N’as-tu pas remarqué comme j’aime me cacher dans les forêts reculées ? Le silence est ma joie profonde et l’eau est mon ravissement secret. J’y puise toutes les énergies phosphorescentes. Si l’impermanence s’écoule au fil de l’eau, sache que le temps n’est rien autre qu’une disposition de l’esprit. Si tu entres en la substance de l’impermanence, ne t’y arrête surtout pas, car aux fluidités de l’esprit, lors que le temps qui passe tressaute et marque ce qui ne peut être retenu, sache que le secret de l’impermanence est la réalité occulte de L’Éternité et c’est au goût de la concentration et du silence en L’Apnée que tu le sais.

© Océan sans rivage, Allégorie du Jardin de L’Âme

Gloire du Cerf

Le dieu cerf

L’amertume du temps est caché dans les blessures
Et nul onques ne sait ce qu’il advient du cœur éploré
Des trames que les affres submergent sans jamais rien effacer.
La Béance de L’Amour, à la gloire du Cerf, est encore ciselure.

En ces pas cadencés, L’Ombre est le nid de mes écorchures
Et je n’ai que faire de tout le fiel déversé en ces épleurements
Sans déboire et sans conflit, en moi est le combat de L’Amant.
Je souris des larmes qui deviennent des torrents de blessures.

C’est en ces pas de douceur que la vue se transforme.
Sache, que celui qui sépare les corps est à vivre de leurres,
Et nul onques ne sait le pouvoir des prières si ce n’est ce cœur.
Au sommet de la Montagne. Je bois au vent qui Te transporte.

Le cerf est venu jusqu’à ce que L’Âme s’envole près de Toi.
J’entre en cette étrange cérémonie, jamais ne fuis.
Tu es en cette danse La Joie de mon désastre, doux émoi.
Les fougères évoquent L’Autre Monde et je m’en réjouis.

Il est en ce cœur L’Illimité qui se déploie, tel est Le Ravissement.
Ô Cerf des bois, tu vins si subrepticement, L’évitement est un sourire.
De dérision en dérision, un Jour, Le Vrai est une Clairière qui ardemment
Révère La Lumière des Astres que l’on sait ici nous conquérir.

Frémit Ta Robe d’ambre épanchée de Ta Noblesse.
Qui suis-je pour trembler devant Ta Beauté magistrale ?
En Ton Regard s’évanouissent mes yeux et, de délicatesse,
T’embrassent et Te saluent, Ô Toi, Roi de L’Aube Ancestrale.

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                                    Se lit aussi sur Noblesse et Art de l’écu

L’Arbre d’Or

(Extrait du Livre d’Isis ou L’Arbre Magique, écrit en 2006)

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Light of Life

Un Arbre chargé des plus étincelantes lumières
Un Arbre impressionnant par Sa douce Majesté
Dressé en sa toute subtilité, traversant les Âges
Visité par le vent léger de l’automne en secret
Impassible, devant les feuilles tapissant la Terre
Rayonnant des délicates grâces qui en font un Sage
L’écorce conviant les mains en un délicat toucher
Cet Arbre d’Or, sentit son Regard précieux le caresser
Un regard perdu en un songe, les yeux langoureux
Hébété devant La Beauté qui l’étreint, furtif sanglot
Une secousse de l’imperceptible émotion tel un timide vœu
Depuis son cœur, Isis s’anéantit et devient cet arbre si beau
Elle est l’instant suspendu, Les yeux noyés en L’Invisible
Son âme se laisse absorber par la troublante intensité
Est-elle Lui, ou bien est-ce Lui en cette profondeur sensible?
Ô puissance des yeux qui se fondent en L’Immensité
Les battements d’un cœur qui ne cesse d’aimer L’Insoupçonné
Isis pleure d’Amour pour Sa poignante Beauté, L’Arbre s’émeut
Il fait entrer l’enfant en son Intimité, lui ouvre la Porte des Secrets
Isis s’entend appeler, L’Arbre se met à parler:  » Viens mon Amie,
Aujourd’hui, toute la forêt est en fête, tu es la bienvenue
Viens, Isis, il est une clairière qui accueille les cœurs éblouis
Viens dans le secret des pas innocents, ceux qui effleurent le sol, nus
Viens, Isis, C’est ici que débute ton Périple, le Retour vers L’Origine
Viens Isis, c’est ici qu’est la vraie vie, en cette vive Alchimie, loin de toutes ruines. »

Naïla