Paroles d’Amour

Woman in a Windstorm, c. 1780, Mughal. Ackland Art Museum, The University of North Carolina at Chapel Hill

 

Je suis enivrée par Ton Amour.
Il n’est pourtant pas un secret.
Le Monde a voulu m’encercler,
Regarde plutôt où L’Amour m’a menée.
Ils disent que L’Océan est ivre de Toi
En ce Premier Regard, je suis déjà folle
Je suis folle de Toi, n’en doute pas.
Cette folie s’est emparée de moi.
Tous sauront que je suis à Toi.
J’étais en un autre monde, et me voilà
Ainsi est mon état.
Tous ont décrété que je suis folle.
La Folie est la compagne de mes nuits.
T’étonnes-tu encore de ce qui me tient en vie ?
Me veux-tu en cette forme, ou bien celle que je ne suis pas ?
Ils disent que L’Océan est fou de Toi !
Qu’on le sache !
Je suis déterminée en ma Folie !
Je n’ai craint ni ce monde, ni L’Autre
A Tes yeux rivés, en Ton Essence que je respire
Le Parfum de Toi en mon Âme étourdie.
Je suis enivrée par Ton Amour
Me veux-tu sage ? Je ne sais plus que Toi.
Pour réjouir Ton Regard, me fondre en Ta Pupille,
Je bois en La Lune, et me fais Le Cerf des Bois.
N’en doute pas, mes vagues sont les chaînes que je chéris.
N’en doute pas, je renaîtrais mille fois pour un soupir de Toi !
Pour asservir Tes jours, je me fais l’esclave de Tes Nuits.
Mille fois je suis La Danse qui ne cesse pas.
N’en doute pas, je suis Celle qui se couche à Tes Pieds Bénis.
N’en doute pas, je suis née au creux du Jour des Perles de Ton Secret.
Je suis Celle qui ne sait plus rien que Toi.
Je suis enivrée par Ton Amour.
Ils disent que L’Océan est fou !
Je les laisse dire, car je suis tout à Toi !

 

Lire aussi sur Noblesse et Art de l’écu

Publicités

Histoire de Fous

 

Un fou rencontre un autre fou et lui confie :
– Te rends-tu compte ?
– De quoi ?
– Il est autant de mondes que de mondes !
– Tu veux dire qu’il n’est aucun monde alors ?
– Je veux dire que nous sommes bien nombreux.
– Il y a de quoi devenir fou !

***

Un fou rencontre un autre fou et se met à pleurer tout en gémissant.
– Que t’arrive-t-il ?
– Je réalise que je n’aurai jamais assez de temps pour visiter tout ce monde !
– Comment cela ? Au contraire, tu as L’Éternité !
– Ah ! Mais qu’est-ce que L’Éternité ?
– Ecoute, ce n’est pas difficile, je vais te l’expliquer : imagine une très haute montagne, sur le sommet de laquelle, tous les cents ans, un petit oiseau viendrait s’essuyer le bec. Quand la montagne sera usée, eh bien c’est ça L’Éternité !*
– Mais, le petit oiseau, peut-il vivre aussi longtemps ?
– Oh oui ! Il vit comme le vent qui caresse les feuilles. Il part, et revient toujours au moment le plus inattendu !

.

Illustration de Elaina Lorenz

 

*Cette petite parabole, je la tiens d’un Ami très cher, qui la tient, lui-même, d’un grand Ami…

Le Vœu du Fou

courbet_desesperePeinture de Gustave Courbet (1819-1877)

.

Combien de fois ma Bien-Aimée
Suis-je à errer dans la poussière
Combien de fois, vais-je pleurer
Les larmes d’une nuit entière
Combien de fois, vais-je rêver
T’encercler Toi, de mes bras
Combien de fois, dis-moi?
Je suis à Toi, ne le vois-tu pas?
Que m’importe ce chemin
Ce sont Tes traces, ma faim
Couché, me voici en ma nudité
Ma Belle, il me faut tenir Ta main
Il me faut les chaleurs de Ton Parfum
Ta chevelure dispersée sur mon sein
Je suis à Te chanter et à T’attendre
Je suis ivre des jours sans lendemain
Que Tes voiles sont à suspendre
Me voici Fou des perles de Ton sourire
Je suis même fou de Ton dédain
Ma peine est à ce prix mon seul soupir
La Tente Sacrée est en Ton Jardin
Les Lumières palpitent en Ton Chant
Tes fins doigts que la Lyre effleure
Recueillent les suavités du moment
Épousent les touchers soyeux du cœur
Lors que me cherchent Tes Yeux
En eux, je m’éteins avec ce seul Vœu
Mourir en Toi, ma Bien-Aimée des Cieux.

          Océan sans rivage

Le Roseau et Le Fou

https://i1.wp.com/joelasqo.com/blog/wp-content/uploads/2013/09/Sufi-playing-the-ney-%D9%86%D8%A7%D9%8A%E2%80%8E-painting-by-Zonano.png

Le Roseau s’est penché et a tant pleuré :
« – Où sont donc les souffles de mon compagnon ? »
Un fou l’a entendu et lui a de suite répondu :
« – J’ai vu, céans, une belle, m’en suis épris.
Les rosées de son parfum sont à me hanter.
Mille fleurs ont étourdi mon cœur éperdu.
Je gis en cette pleine mélancolie.
– Quelle est donc cette Dame qui te fait tant languir ?
Un seul de tes soupirs me donnerait la vie.
Ô Fou, le veux-tu ? Tes lèvres sont gage de ma Naissance !
Je tremble de n’avoir plus le doux Désir.
Ton cœur ardent éveille mon souvenir de La Présence!
Je vois bien que tes yeux ont le flamboiement des Amoureux.
Ô Fou, veux-tu être l’amant d’un Roseau ?
Veux-tu me transmettre la vérité des langoureux ?
Ton cœur est vaste des fougueux soubresauts !
J’y perçois les vagues de L’Azuré.
En ton âme éplorée, je me coucherais,
Depuis les rives d’un étang, je serais à voguer !
A mon tour, je verrais Ta Bien-Aimée.. »

Océan sans rivage

Voir aussi sur La Nouvelle Héraldie ou Noblesse et Art de l’écu

https://ocanocean.files.wordpress.com/2016/10/6ba3e-blason2bcannes-25c32589cluse2b25282bd25c325a9partement2bde2bseine2bet2bmarne2b2529.png?w=474

L’Océan Ultime

https://pbs.twimg.com/media/Cns3kp0XEAAs15E.jpg

En ce Centre, je le sais, est cette irradiance.
Un feu Ardent, mille étincelles en une.
Le Cœur contient cela et ne sait plus, si le corps ou le feu est Sa Réalité.
Il s’est caché en Ses rayons de Son Soleil.
Il est une vague et une autre, devenues houle.
Ô Fou, il n’est plus de raison.
Penses-tu reconnaître encore La robe de L’Océan ultime ?
L’écume a ri devant les tiédeurs d’une Tempête.
En cette évaporée de l’ouragan, est une dérision.
Ô Fou, l’incandescence des lames a aussi son Apogée.
Lors que le navire tangue sur les ondes salées, que reste-t-il encore ?
L’Ivresse est à son point culminant et c’est L’Âme qui est ainsi à s’élancer.
Penses-tu affronter les clameurs iodées de l’océan émerveillé ?
Ô Fou, La Montagne s’est disloquée en La Splendeur du cœur de l’homme !
Voici tes genoux ployés devant Les Grandeurs de Sa Majesté !
Es-tu encore à respirer ces souffles qui se veulent tout balayer ?
Par delà les Horizons des Mondes éplorés, vois et n’oublie pas :
L’Océan a des bourrasques qu’apaise le Vent d’Orient.
En cette épopée est un Volcan qui en ondes opalescentes,
Avive le cœur de L’Aimée, des brûlures de L’Absence.
Les soubresauts de cette Eau sont aussi son apaisement.
Sans les mille flots, serait-il tremblante Présence ?
Ô Fou, ceci est la main de L’Amante et elle rit même de ses tourmentes!
                               Océan sans rivage
               https://ocanocean.files.wordpress.com/2016/10/5c6f1-blason_st-denis_r25c325a9union_dom.png?w=474

Paradoxe


Dois-je dire: je ne vois pas, lors que je vois?
Dois-je dire: je n’entends pas, lors que j’entends?
Comment faire?
Mon Retour, Ô mon Retour!
Je me languis!
Suis-je à souffrir?
Je me languis aussi!
Suis-je à Le vivre?
Paradoxe de mon être!
J’ai levé la main et touchais le Ciel, ivre!
Te mander, Ô ma Joie!
Le Chemin est ma Folie,
Ne le sais-tu pas?
Toi, témoin de ma Danse!
Ici, je marche encore en cette Allée
Bordée des soupirs élancés
Lors que sursaute le cœur affolé
Tout s’est arrêté
Ô larme de mon Amour
Lors que tremblent les peupliers
Plonge en cette Clairière
Il est un Doux Secret!
Ô mon Renoncement
En ces vagues de notre Transe
Frémissement des couleurs
Sur les Ailes des papillons
Que meurt cet instant!
En son Apothéose, Il est L’Éternité
Ô mon paradoxe!
Il est un Mystère à cette emphase!
L’essence d’un Elfe qui est à s’envoler
Vers La Montagne Sacrée
Plonge encore en L’Océan de mes tourmentes
Voici L’exhalaison des Voiles Éthérées
Ô ma Joie!
Ô cascades de rire!
Ô sanglots!
Parfum indicible de Toi!
Cherche-moi autant que je Te cherche!
Ô Soleil Vivant!
Mon Paradoxe!
Étincelance du Regard amoureux!
Ô Toi!
Ma Douleur!
Suave douceur!

Naïla