Le couloir Matriciel

Tout est parfait. Quand même la cruauté côtoie le merveilleux. Tout est exactement comme le tableau le plus extraordinaire, mouvant, incessant, caressé par le vent, buriné par le sable. Dans les plus grandes épreuves, nous sommes traversés par ces faisceaux de lumière. Nous levons la tête en notre intériorité et nous fermons les yeux au plus fort de notre silence. L’hébétude est aussi une rencontre. Au commencement, le parchemin est lisse et transparent. Plus nous prenons du recul et plus nous parvenons, par la cueillette régulière des rayons du soleil, telle une plante qui s’en nourrit, à nous laisser partir, non pas avec apathie, mais plutôt avec la chaleur du foyer que l’on nous a appris à entretenir, durant toute la vie. Nous n’avons jamais considéré la vie séparée d’elle-même parce que la vie ne sépare pas. Bien au contraire, elle nous apprend et nous protège contre nous-mêmes, contre nos manquements. Il ne s’agit pas non plus de condamner, mais de regarder. Voir, c’est entendre. Chacun, nous avons nos entretiens intimes avec cette vie, celle qui est apparue en nous, efflorescente en son unité, enseignante en sa multiplicité. Nous ne défendons ni ne condamnons. La vie est beaucoup plus vaste qu’un parti-pris. La vie est un déploiement exponentiel d’états d’être. Continuer à lire … « Le couloir Matriciel »

Existé-je ?

Existé-je réellement quand vient Le Silence ?
Qu’importe les aléas et même les opinions !
Depuis que l’âme franchit les seuils de Ta Présence,
Est-il dualité ? Est-il séparation ?

Le cœur ravi obéit à Son Injonction.
Rien n’est semblable, toute singularité converge.
Lors, ce monde, est-il la seule manifestation ?
Mais dans le fond, sait-on vraiment ce qui diverge ?

Ce n’est pas moi qui vint au monde, ce n’est pas moi.
Quant à Ta Volonté, Elle est une parole sage :
Plus ce monde va à la dérive, plus je vais en Toi,

En cette force, en la transparence du Voyage.
Rien n’est pire que de croire sans être à l’intérieur ;
Barde ! qui donc peut reconnaître ce qui est meilleur ?

La table des proscrits

Quel travail assidu pendant que d’autres sommeillent !
A la table des repus, celle aussi des proscrits,
Lors que l’âme, sans nulle lassitude, la nuit veille,
Entends l’enfer, les malheureux qui poussent le cri,

Que dénoncent et condamnent les indécentes gloires,
Tandis que courbés et même découragés,
Les implacables sentences, les hypocrisies noires
Au vent des ténèbres croulant de préjugés,

Des hommes périssent d’avoir sans doute été fidèles,
Au cœur de leur vie quotidienne, tels des héros,
Lors que les blanches colombes, d’un puissant tire-d’aile,

Délivrent les âmes recluses ; les chaînes et les barreaux,
Des prisons que l’on voudrait percluses d’orgueilleuses
Visions ; mais ceci n’est certes pas semences trompeuses.

Rêve éveillé

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Le Soleil avale l’ombre,
Puis réjouit les neutralités du Voyage,
Aux Semences stellaires,
Le goût de l’espace,
Sans que rien ne vole un effet,
Viens-tu m’embrasser,
Aux rivières de ma Lyre ?
Ne délie pas mes courbures,
Ni n’avance sans brasser les chevelures,
Des Lunes dont le bleu asperge,
Les fruits que planifie le Miroir.
Et je T’aime,
Dans les nuages de Tes Mystères,
Et je lance sans ternir,
Les feuillets,
Apposés comme Le Sceau.
Et je T’aime,
Des sphères de nos nébuleuses,
Sans que s’achève La Rencontre,
Dans les strates de ce que Tu sèmes.
Viens en cette Terre défrichée
Affranchie des poids du monde
Alliance des Verbes qui tissent
Les Reliances de La Prophétie !
Et je T’aime,
Réalité du Rêve qui s’éveille.

Le Jus d’un sureau en la baie mûrie de L’Arbre, lors que Le Soleil se laisse surprendre en Lui-même. Poète, à Tes mains coule L’Aube vermeille. L’intensité pure substantielle a devancé, et dans le fusionnement a attiré Ton Appel, et L’Appel est intensité d’Être révélée de Ton Intensité.


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L’Existant

Le mystérieux sixième sens de la Dame à la Licorne

L’Existant :
Des Trois de l’énigme,
Au Ternaire,
L’Existant de par sa nature à exister ;
Puis L’Existant en la représentation de L’Existant ;
Puis Fécondité de L’Existant en L’Existé.

Cette prodigieuse énigme est dans la nature contemplative des choses, car du néant il ne saurait être ce qui apparaît et dès lors que la chose est chose en soi, elle lève son regard en L’Essence des choses apparues, car sans Existant, il n’est aucune possibilité de nier cet Existant et lors toute négation entraîne une affirmation. Le Poète naît dans la fécondité de ce qui apparaît depuis cette possibilité d’apparaître. Ainsi, Il entre en L’Origine des Noms. La Lettre devient Image et L’Image devient Le Verbe. Il parle, non pas à partir du Rêve, mais bien à partir de La Réalité en substance, comme les mots font SON-ECHO en Son CORPS-ARCHE de L’Autre Monde, Devenir au sortir de La Caverne. Telle est La Verticale qui a su rompre avec l’opacité mentale des représentations.

 

Verticale

Quand tout est évidé,
Sans pensée,
Au silence de l’horloge,
Le salon de prescience,
Annonce L’Infinitude,
Joie d’apparaître,
Joie de disparaître,
Sans que rien ne vienne ni enraciner, ni briser
Le Temps,
De ce qui Est,
Éternité,
Exactitude de La Correspondance.

Le Poète entre en ce lieu privilégié de ce qui est L’Unité et L’Onde est perfection qui dévoile les effets. La Coupe est L’Être du Poète en l’harmonie du Son éclot en l’infinitude des mondes. Il dit ce qui est en Sa Contemplation active, alors Le Soleil-Essence s’unit avec La Lune-Essence et Le Silence est Verbe.

Trace le monde

Mark Duffin | Beneath the Moon

Défait de toute défaite,
Il n’est que L’Être,
Quand même l’on succombe,
Aux effets du nombre,
L’on passe l’outre-monde,
Et l’on va en silence,
En deçà des décombres,
Voie du milieu :
La vie est forte de l’ombre,
Mais la lumière aveugle,
Les importunés ;
Point de paroles
Ni de sagesse
Sans l’éprouvée.
C’est en soi que trace le monde.

En buvant au Livre, le Livre boit en nous. Ni poésie, ni prose hors du monde, l’Ailleurs a caressé le rivage et tout s’est unifié dans la danse. Rien qui n’échappe à L’Âme, ni rien qui ne soit une ombre dont les feuilles sont blanches et clament les retrouvailles aux vibrations des sonorités du monde de La Conscience. Je suis aveugle au monde dit le Poète, je joue avec les étoiles et fais ma ronde. Je suis indifférent dans le sein des vibrantes constellations qui ont devancé ma raison et m’ont fait leur confidence. La mort d’une étoile en cache une autre et l’univers renaît au Souffle de ma mort ; quand j’expire, le monde disparaît, mais quand je respire, mes yeux voit un autre monde que Présence a suscité et les étoiles valsent sans que rien ne soit perdu, dans l’éventail déployé et je cours dans l’éternelle vallée de mon regard enivré. Que tu dises ceci ou que tu dises cela, je suis le Poète que l’on a capturé et le monde devance ma pensée. Je suis déjà passé : telle est la force qui anime L’Homme et Homme je suis et Homme j’ai voyagé en ce par-delà.

Oh ! Quand tu n’auras plus rien

Magnifique coucher de soleil, n'est-ce-pas ?

Oh ! quand tu n’auras plus rien,
Quand les écumes auront creusé leurs sillages,
Quand les encres auront séché sur les rivages,
Que les larmes auront formé des volutes de fumée insensée,
Que les coquillages auront perdu aussi leur nacre.
Oh ! quand les voix s’élèveront et que la pluie aura trempé le lit de ta mendicité,
Quand les corps auront vaillamment quitté le naufrage,
Des morceaux du navire éparpillés,
Et que l’astre aura tracé le passage,
Dans les tourmentes du vent déchaîné,
Et que les nuits auront vomi les incohérences.
Oh ! quand tu n’auras plus rien,
Et que chaque vague surgie au matin,
Fracassant les limbes du dernier refuge,
Et que le monde vociférera les pleurs des affamés,
Quand le jour sera semblable à la nuit,
Que les sanglants sanglots auront vidé les cœurs égarés,
Que les stupeurs gagneront la foule délirante,
Quand la sève des arbres brûlera de douleur.
Oh ! quand tu n’auras plus rien si ce n’est la voûte des étoiles,
Et que les poussières te rappelleront les heures de ta nudité,
Quand le bien ne sera plus qu’un abîme dans les plaies de l’âme,
Viens, viens, je nous serrerai tout près,
Et je te chanterai encore les larmes,
Et je te dirai mon Mystère,
Qui des sublimités, accueille encore d’autres mystères,
Et d’être né, il est le Chant puissant et invaincu de L’Êtreté.