Adam

divine couple:

L’Empreinte de Ses mains
Je Les trouve encore en Cette Caresse
Pétrissage Puissant de notre Argile
Lors que tous les éléments s’unissent
De Feu tremblant, de Suée suintante
Lors que l’ondoiement de L’Air s’y mêle
La Lumière parachève L’Oeuvre
En Ton Repos, Noble Argile
Des milliers d’années en ce Levain
Lors que La Visite du Grand Artisan
Apaise les violences d’un démon
Sa jalousie devant L’Art du Maître
Empoisonne déjà sa resplendissance
Des milliers d’années à nous unir
Suis-je à compter cette Éternité?
Ô ma Terre, en Toi, je suis née
En Toi, je veux demeurer
Lors que la Paix est notre Félicité
Ton Nom est ma Lumière
Toi, le Père de L’Humanité
Lors que les Mains du Bien-Aimé
A extrait de Tes Reins toute Ta Postérité
Je suis aussi ta lumière et je suis à T’aimer
Je garde La Mémoire Vive de Notre Jardin
Ses mouvances Edenniques
Nos Étreintes, lors que les ruisseaux
Devenaient nos miroirs éthérés

Adam, Ève Te cherche encore
Ses Nuits nourrissent les Souvenirs
Toi, La Citadelle de son Corps
En L’Éclosion d’un Monde Nouveau
Sur Les Rives lors que Le Temps soupire
Adam, Ève T’appelle, le supplice est grand
Est-il plus cruel tourment pour Ton Aimée
Toi, Le Soleil irradiant, Plaine du Firmament
Ton Amour est Large de cet Azur Unifié
Depuis les forces de L’Origine, Son Jardin
Est descendu, Cette Chute n’est pas un Châtiment
Entends le cœur ému qui s’en souvient,
Même les larmes sont les fleuves de L’Amour
En La Tendresse Sublimée, en La Réalité d’un Discours
En toutes choses est La Splendeur d’une Vision
Quelle amertume en ce souvenir de La Lumière?
Son Regard croisant le mien est Astre Solaire
Et je fonds et je m’éteins en cette Pleine Union
En L’Eclipse des Astres, La Prunelle contemple
Ce que des milliers de voiles dérobent à L’indiscret
Ève en Ta Complétude est L’Unité de Ton Temple
En Son Âme, La Corolle est Le Paradis retrouvé.

           Naïla

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Espoir

                           Peinture de Freydoon Rassouli

 

Mon Compagnon de toujours
Depuis L’Aube qui nous a vus nous lever
A L’Ombre de L’Unité
La Lumière était à ruisseler
Nous voguions en cet Éthéré
Et La Lumière était Océan
Nous inondant de saveur
Nos mains, jamais n’étaient séparées
Nous marchions, lors que les lueurs florales
Embaumaient nos pas légers
Lors que nos regards se croisaient
Nous étions à nous évanouir
Des douceurs de La Pleine Amitié
Nos corps épousaient chaque Lieu
Et chaque lieu honoraient nos corps
Le Vent amenait les effluves du Chant
Et chaque chant se drapait d’une couleur.

Je suis en cette veillée et j’attends
Tu es encore à courir à travers le vent
J’entends ta voix qui m’appelle
C’est mon cœur qui en donne des nouvelles
Je suis à pleurer mon esseulement
Ô Ami de mon cœur, je suis à Te vénérer
J’attends de me prosterner devant L’Amant
En Toi, je vois L’Origine de mon Éternité
La Nuit est habitée par d’étranges sons
Où es-tu, ma nudité sans toi est accrue
Un caillou me sert d’oreiller en cet isolement
Le sol est l’aspérité de Ton Absence crue
Comme je suis à vivre seule mes frissons
Toi, ma protection, les bras de mon cœur
La Pureté de Ton Attention, l’intime Présence
Chaque geste venant de toi est pleine ferveur
Suis-je à me distraire, à oublier cette prière
Rejoins-moi, je suis lasse et même j’ai peur
Les Etoiles sont un désert sans Ta Bienveillance
Le sommeil me torture et je cherche Ta Lumière
Mon regard est Ton Regard, suis-je encore à voir?
En ces troubles solitaires, sursaut est mon cœur
Ô Ami de mon âme, chaque Aube est mon Espoir.

Naïla

 

 

Ton Etreinte

 

 

By William Russell Flint:

                        Illustration de William Russell Flint

 

 

 

 

Depuis la Séparation, je suis à Te chercher
Ève éperdue sans Son Compagnon
Nuit et Jour, les affres de cette désunion
En ce Cercle de La Sacralité
Depuis Le Mont de La Connaissance
Retrouvons-nous, Mon Épousé
Ensemble, nous serons en La Pleine Présence
Ève T’appelle!
En Ton Entièreté!
Ève te mande!
Les jours sont longs sans Toi!
Je suis Ton Miroir et Tu es mon Reflet!
C’est en Toi, que je sais Le Voir!

Noble Compagnon, que je suis à attendre
Tout en haut, lors que siffle le vent glacial
La Quête passive devient un long voile
En ce sommet solitaire, malgré l’air mordant
Les effluves florales sont à me surprendre
Noble Compagnon, mon regard s’abîme
Depuis les soupirs exaltés du firmament
Ta Lumière Chérie en laquelle je veux baigner
Est celle qui me donne à T’aimer éternellement
Cette Attente intense est la seule qui m’anime
Mon Âme épouse l’Echo de chaque instant
En ces secousses, lors que m’étreint le vent
A chaque bruissement, je suis à sursauter
Les yeux cherchent la pleine Vision de L’Amant
Toi, qui ne jamais me quittes, suis-je à Te quitter?
En ce Lieu préservé, les pas font une ronde
Au rythme du cœur qui est à trembler
Lors que la Nuit nous enveloppe, me voilà
A tisser pour toi tous ces moments éplorés
Ces fils de soies qui sont ma chair abîmée
Lors que L’Esprit se cherche en ces Ondes
Noble Compagnon, je te veux broder un Cœur
Sans légèreté, ni épaisseur, déposer à Tes pieds
Les colliers que mes yeux ont déversé pour Toi
En ce corps qui tressaute de tant de ferveur
Je scrute L’Horizon et appelle mon Compagnon
Ancestral chant depuis l’Aube des Temps
Je prépare un Jardin qui se veut Ton Parfum
De mille senteurs et de mille merveilles
Le Vent est à transporter mon appel si loin
Lors que L’Astre ceint mon corps de mille étoiles
Il est un Flambeau dans le Secret de La Veille
Et je suis à sourire parfois d’entendre le Pas Royal
En ce cœur qui bat depuis les Lueurs Aurorales
Ta Visite en ce Temple laisse une indicible Empreinte
C’est en Elle que mon corps cherche Ton Étreinte.

            Naïla

                                          Héraldie

 

Recluse

 

 

Hope, 1886, George Frederick Watts:

                  Peinture de George Frederick Watts

 

De ma Féminité, je n’en veux plus
Toutes celles que je suis et ne suis
En chacune d’entres-elles, je me suis tue
Et même si femme encore je suis
J’abandonne tout cela à mon Roi
Je suis L’Enfant qui pleure son désarroi
Retrouvant ainsi le Virginal Regard
Puisque si femme je suis encore
Je ne suis rien que le présent espoir
De n’être plus cette argile qui est corps
N’as-tu pas saisi que mes larmes
Sont le désaveu de ton illusion
Celle qui m’enferma en cette vie infâme
Je suis L’Enfant qui apprend en la Vision
Lors que le vent parle aux branchages
Lors qu’il est à murmurer son hommage
Je suis L’Enfant en ce présent de La Présence
Lors qu’il est à voir Dieu en son innocence
Recluse en ce monde, je suis à chanter
En ces larmes fluviales depuis L’Éternité
Je ne suis à personne, et mon Roi le sait
Je suis ici un fantôme, et là-bas, Son Épousée
Je tiens en mon cœur, le chapelet de mes larmes
Tandis que mon Roi, en Ses mains, tient mon Âme
J’ai déposé toutes les armes, garde une épée
Un Bouclier, et mon cœur éploré devant L’Invincible
De Lui, j’ai tout à apprendre, pour Lui, j’ai renoncé
En ces trésors multiples, j’ai pressenti l’Invisible
Je Lui dis: » je suis la petite fille qui n’a pas oublié
Sur la colline, lors que le vent la décoiffait
Je suis la petite fille, qui laissait le Soleil l’habiter
La Lune et les étoiles depuis des milliers d’années
En ce sourire extatique, je m’évadais et plongeais
En ce monde paré des chants sublimés »
Lors qu’Il se chante, je peux enfin danser
Cette infante devenue L’Amante du Roi Vénéré
Est encore à L’attendre, sur le Noble Rocher
Je suis juste une âme en cette Envolée
La femme que je suis, est morte et enterrée.

                                        Naïla

Ève ou La Rose du Roi

Sculpture de Gian Lorenzo Bernini

 

Te croyais-tu m’aimer en ton asservissement?
Te croyais-tu à Le chercher en mon corps éprouvé?
Toi qui me veux voir tel que tu es, sans jamais me voir
Toi, les yeux et le cœur corrompus, qu’as-tu fais de moi?
Foulant ainsi ma voix, mon être et même mon image
Depuis des milliers d’années, je suis reléguée dans le noir
Je ne sais plus même qui je suis en la perversité de ton servage
Depuis des milliers d’années, me modelant à ton image
Lors que la vie t’est donnée, tu prends sans remercier
Te croyais-tu m’aimer en niant mon écrin de diamant?
Depuis L’Aurore de L’Innocence, en Sa Lueur Renouvelée
Depuis l’Eblouissance de Sa Majesté en ma fragilité
Te croyais-tu à Le vénérer, lors que mon âme se consumait
Espérait en La Virginité des moments de La Pure Présence
Te croyais-tu m’aimer en niant mon cœur cristallisé
Lors que les mots se transformaient en rivières de L’Intense?
Les étreintes vives de mes balbutiements qui se voulaient Lumière
Te croyais-tu m’aimer, et L’aimer sans jamais voir Son Mystère
Lors que les secousses de notre Terre devenaient Son Tremblement
Te croyais-tu m’aimer à piétiner ainsi mes souffrances
Lors que mes yeux imploraient sans cesse ta clémence?
Quel homme ainsi peut négliger les larmes de L’implorante
Te croyais-tu m’aimer, à faire de moi une absente
Lors que l’âme se voyait fuir en des sommités innommées?
Étais-tu mon âme, l’Âme en L’Âme alors que tu n’étais que cécité?
Aujourd’hui, je suis à voler en ma folie, vers L’Au-delà
Toi, qui aurais pu Le Contempler en mon cœur argenté
En La Lumière du Regard Divin qui se contemple en Le Contemplé
En ce qui est Le Royaume de La Roseraie, où se trouve La Rose du Roi.

 

Naïla

 

Ève

Peinture d’Eugène de Blaas (Italien, 1843-1932)

 

Te rencontré-je ici, ou bien en cet Ailleurs
Lors que la féerie s’empare de mon être
Où suis-je à Te rencontrer mon Maître ?
Lors que des milliers de Voûtes en ce cœur
De lueurs en lueurs, d’éclat en éclat
Pourfendant la multitude des vagues lunaires
Embrassant du regard les transparences de L’Émoi
S’ouvrent telles les Corolles étoilées du Mystère
Te rencontré-je en ces Arches Circulaires
Mouvantes en L’évanouissement des Voiles
Lors que l’effleurement, jusqu’aux ondes stellaires
Parvient à atteindre Son Paroxysme Primordial
Te rencontré-je ici, en ces Plongées de La Conscience
Qui sont à élever L’Âme en Ta Sublime Présence
Ce Royaume en Ton Royaume, est Le Périple sans âge
En L’effacement, telle La Révérence, Grâce et Vénusté
En L’Impalpable toucher devenu L’Effet du Voyage
Des fusions de L’Atome en L’invisibilité de L’Êtreté
En cette Maternité que des millions d’années recense
En La Terre dont La gestation atteint Pleine Maturité
En ce Ciel qui est Le Lieu de mon intime Demeure
Je suis L’Âme de La Féminité, lors que tremble L’Essence
De mes yeux qui se veulent poser sur les Ailes de La Douceur
Je suis L’Âme de L’Amour qui se veut Contempler
En L’Écrin le plus pur, lors que L’Aube se lève
Je suis en La Chaleur ondoyante, La Lueur Embaumée
Des effluves de chaque Présence, donnant vie au rêve
Je suis née, mon Enfant-Lumière, le Jour où tu es né
En ce corps vivant devenu Berceau Solaire
Je suis née, le Jour où mes bras t’ont enlacé
Tout ce corps s’imprégnant de Tout L’Univers
En mon Sanglot étreignant La Pleine Vie
Je suis née sous Le Regard de L’Amant
Te rencontré-je ici, sur le Lit de perles et de rubis
Te rencontré-je en Ta Rencontre, Toi mon Firmament
Lors que les Astres sont à chanter Les Noces de notre Amour ?
Te rencontré-je en Ta Rencontre, Ô effusion du Jour
Lors que je le sais mon Nom est L’Âme de L’Humanité
Puisque aujourd’hui encore, je suis L’Âme qui s’élève
En La Pleine Conscience, je Suis Femme et mon Nom est Ève.

 

                               Naïla

                             Héraldie