Le petit semainier

             Lundi

Où s’en est allé l’hiver ?
Quand chantent les oiseaux,
Que s’écoulent les ruisseaux,
Viendras-tu mon frère ?

            Mardi

La nuit parle aux étoiles,
Comme imprenable,
Qui chante l’ineffable ?
La beauté me laisse sans voix.

 

 

D’Amour

Comme au premier jour, par le Cœur suinté,
Comme au premier jour, à nos lèvres asséchées,
Nos Haleines enfin mêlées, irriguées de Tes Larmes,
Comme La Perle de L’Océan des feux de L’Âme,
Lors que L’Éther éprouve nos liens indéfectibles,
Puis qu’Assis sur L’Écume des Nuits de L’Indicible,
Du Soleil de L’Aube qu’effleurent les Rayons,
Des exhalaisons de tous nos tourbillons,
Lors que les étoiles s’épanchent de l’Horizon,
Puis qu’à la cime des arbres, les fruits au diapason,
Étreignent inlassablement nos écorchures,
Que de ravissements ! …et dans l’embrasure,
Tu recueilles L’Argile des Terres conquises,
Et qu’au mortier des pelles s’y consument,
Tandis que les fleuves charrient le limon impur,
Des pas affranchis au seuil de Ton Royaume,
Lors que de toutes les aspirations au creux de Ta Paume,
S’élève Le Retour que délestent tous les par-Dons,
Car, à L’Échelle de L’Origine, il est un Point puis un sillon,
Tandis que Le Cercle devient La Citadelle,
Du Corps et du Silence provoquent le basculement.
D’Amour est né notre Pacte d’Allégeance.
J’en sais L’Abnégation mais aussi la souffrance.
De cette Mémoire avivée aux confluents des Deux-Mers,
Mon Cœur soutenu par La Perpétuelle Remembrance,
A genoux devant La Pierre Cubique les mains embrasées de Mystère,
Courant pieds nus aussi dans le troublant désert,
Du Mont Safa vers Le Mont Marwa, le cœur en feu,
Je bois en La Coupe de L’Érosion de mes larmes,
Lors que la poitrine se déchire et qu’apparaissent les étoiles,
Des Nuits à transpirer contre toutes les obscurités,
Des Jours à filer le linceul bleu de notre Âme,
Assis encore en l’étroit lieu, élargi par les vents impétueux,
Le Silence devient Le Signe de Ton Langage, Ton Oriflamme,
Et de L’Eau ruisseler en faisant un bruit sourd,
Sous les pieds de L’Enfant, telle une bouillonnante Larme :
Le désert a chanté et Le Corps s’est apaisé.

Le petit semainier

 image de Borana Veliaj (@astrolatria) avec la légende: "Sternschnuppen Franz Von Stuck 1912" - 2031585270650836178Peinture de Franz von Stuck (1863-1928)

                             Jeudi

Le Ciel est d’étincelantes étoiles
Des heures du même regard
Combien te contemple encore 
Beauté sculpturale ?

 

                            Vendredi

J’aimerais te confier,
Tout ce que mon cœur dévoile.
Amour, es-Tu en ce Pouvoir :
Défaire les liens, mais aussi les resserrer ?

 

                            Samedi

Je l’ai rencontré.
Est-ce bien lui ?
Le Jardin s’est souvenu.
Son visage m’a ému.

 

L’étoile

 

 

Une fois, le fou entra dans un jardin
Distrait encore car il comptait les étoiles
Buta sur une petite pierre qu’il mit dans sa main
« Tiens, se dit-il, une tombée depuis un voile
Je vais la garder, peut-être en aurai-je des nouvelles »
Car, ses yeux inquiets ne cessaient de scruter le ciel
La petite pierre se mit à lui parler
Quel est donc ce grand secret?
Le fou ne savait pas qu’il était fou
Une fois, en chemin, quelqu’un lui dit:
» Quoi, tu parles à une pierre, Ô toi sans le sou?
Te répond-t-elle? – C’est ainsi, oui, mon ami
Elle est ma confidente de jour comme de nuit
Elle me conte tous les récits des anciens amis
Je l’aime depuis, elle est une étoile à mes yeux
Tombée du ciel, son éclat, me le donne de tous ses vœux
Elle m’a juré fidélité, à moi qui ne sait comment la remercier
Elle me chante des mélopées qui adoucissent mes rudes journées
A la nuit tombée, elle devient mon plus bel oreiller
Je la couve et je lui raconte aussi mes secrets.
-Fou, d’une pierre s’est cru ami d’une étoile »
Alors l’indigent, a souri béatement
S’en est allé, a retrouvé le jardin aux senteurs royales
Soudain a vu mille autres étoiles qui l’invitaient par un chant
Ô fidèle compagne, tu m’as mené ici
Tant d’amis à présent dans cette nuit.

Naïla