Les traces de ceux qui ont tracé

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En cet Étonnement, Le voici, L’Oiseau des Ondes !
Il a entendu depuis les Voies anciennes, d’Appel en Appel, en cette Chaîne de La Mémoire, Celui qui dit : Je suis Là.
Il a traversé les Vallées des Ténèbres, et vu les ruines du Temps.
Il a surpris dans les Eaux Profondes, les jaillissements de ce qui se féconde.
Les splendeurs d’un Silence dont les vibrations sont les semences de L’Histoire.
Ses yeux sont Le Lac de mille reflets et les langueurs d’une Perpétuelle Reconnaissance.
En cette Injonction, pouvait-il même fuir ?
Je suis à migrer en Lui pour L’Éternité.
N’écoutez pas le fou, il est à divaguer sur les flux de L’Amour !
Il est à rire encore des Beautés de L’Evasion.
Si un instant, il semble immobile, c’est qu’en vérité, il est si loin que son cœur est suspendu devant La Majesté !
Les ailes tournoient dans les légèretés de L’Orient qu’une Lumière de vagues occultent en Son Firmament.
Si vous approchez cet Oiseau migrateur, Il est à vous contempler depuis son vertige scrutateur.
Ce sont mille étincelles qui deviennent mille soleils en ces ruissellements que diffusent les mille épousées Lunaires.
Il a occulté Le Secret.
Il a ceint de pudeurs ces éloquences.
N’a-t-il pas tresser d’un fil de soie, l’Entretien que L’Alcôve réserve en Son Intime ?
L’Oiseau a vu L’indifférence se briser sur les Cristaux de La Transparence.
Il a entendu Celui qui dit : Je suis Là.
Les douceurs de La Noble Compagnie sont les ivresses d’un feu qui ne brûle pas, et transforme les étapes, en pliant les distances.
L’Oiseau a vu.
Est-Il ailleurs qu’en cette Vision ?
Ce sont les oublis d’un monde endormi qui ont affermi les fragilités de ses ailes amoureuses.
Vois comme Il épouse Les traces de ceux qui ont tracé…
Vois comme Il s’est détourné de l’insouciance !
Vois comme Il est en la fusion de L’Arborescence Originelle !

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Océan sans rivage

L’Arbre d’Or

(Extrait du Livre d’Isis ou L’Arbre Magique, écrit en 2006)

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Light of Life

Un Arbre chargé des plus étincelantes lumières
Un Arbre impressionnant par Sa douce Majesté
Dressé en sa toute subtilité, traversant les Âges
Visité par le vent léger de l’automne en secret
Impassible, devant les feuilles tapissant la Terre
Rayonnant des délicates grâces qui en font un Sage
L’écorce conviant les mains en un délicat toucher
Cet Arbre d’Or, sentit son Regard précieux le caresser
Un regard perdu en un songe, les yeux langoureux
Hébété devant La Beauté qui l’étreint, furtif sanglot
Une secousse de l’imperceptible émotion tel un timide vœu
Depuis son cœur, Isis s’anéantit et devient cet arbre si beau
Elle est l’instant suspendu, Les yeux noyés en L’Invisible
Son âme se laisse absorber par la troublante intensité
Est-elle Lui, ou bien est-ce Lui en cette profondeur sensible?
Ô puissance des yeux qui se fondent en L’Immensité
Les battements d’un cœur qui ne cesse d’aimer L’Insoupçonné
Isis pleure d’Amour pour Sa poignante Beauté, L’Arbre s’émeut
Il fait entrer l’enfant en son Intimité, lui ouvre la Porte des Secrets
Isis s’entend appeler, L’Arbre se met à parler:  » Viens mon Amie,
Aujourd’hui, toute la forêt est en fête, tu es la bienvenue
Viens, Isis, il est une clairière qui accueille les cœurs éblouis
Viens dans le secret des pas innocents, ceux qui effleurent le sol, nus
Viens, Isis, C’est ici que débute ton Périple, le Retour vers L’Origine
Viens Isis, c’est ici qu’est la vraie vie, en cette vive Alchimie, loin de toutes ruines. »

Naïla

Isis et Le Marronier

(Extrait du Livre d’Isis ou L’Arbre Magique,  écrit en 2006)

 

Peinture de Arthur John Elsley

Tu m’apportes en ce jour la myrrhe et un parchemin
Présent du mariage précieux telle une offrande
Des volutes d’encens, gage d’Amour scellé par un vin
Témoins de lumière, qui me font aussi cette demande
Dans un couloir occulte, Isis me conte son voyage,
Les profondeurs d’une Terre qu’il faut visiter
Un Cygne blanc, offre de la mener en ce sombre sentier
Isis n’est qu’une enfant perdue dans les dédales d’un Autre Âge
Son récit commence au pied d’un Arbre dont elle doit trouver le Nom
Un Arbre, dont la magie a fait d’elle une étrange Amante
Le Secret vient d’une énergie quand La Majesté murmure
Isis, émue jusqu’aux larmes, sent jaillir la profonde Oraison
Celle qui s’éternise en ce chemin de vie, celle qui nous hante
Ce noble Marronnier remue en elle L’invisible Azur
Un Arbre qu’elle n’ose regarder, ses paupières frangées de pudeur
Aux reflets étincelants de soleil, du rayonnement pourpre et or
Le souffle suave qui fait battre le cœur de l’Enfant, trembler son corps
L’émotion l’enlace des grands moments d’Amour, qu’éprouve le cœur
Isis, clarté de l’innocence en cette nuit étoilée des douces Beautés
Isis, même la forêt est ton amie, des lucioles au bout des doigts
Tes pas se faufilent en cet Autre monde, quêtant l’inoubliable Roi
Le silence cogne en la solitude du voyage qui commence malgré toi
Par Sa Vibration, Isis devient Chant, Vent, Cœur palpitant
Depuis les ténèbres, découvre le faux maître, entend des cris effrayants
Délivrée des tourmentes, réunit les éléments en plongeant dans le tréfonds
Isis, comme tu m’as fait le récit de ta vie, je me suis aussi évadée
Fragile en ce miroir, j’ai vu L’arbre, j’ai entendu Ce Grand Marronnier
Que puis-je raconter, je me suis effacée en ce récit qui devient ton épopée
Qui peut croire une telle enivrante aventure, cet Arbre a planté en moi une racine
Isis, je t’ai vu à mes pieds mourir, me tendant de tes petites mains, ce grain
Aujourd’hui, je poursuis ton chemin, pressentant chacun de tes pas, je me l’imagine
Tu as dit: « Un jour, toi aussi tu seras une autre moi, un jour, aussi, tu n’auras pas vécu en vain. »

Naïla

L’Oiseau

 

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Délectation des souvenirs exhalés en ce tissage
Effleurement éthéré du cœur subtil devenu miroir
L’oiseau a pris son envol depuis Ton Souffle Encensoir
Ton Amour est sans limite, Ô Ardeur des Paysages
En ce flux qui me mène vers Toi, Mon Intime
Éclos lors que les yeux osent à peine soupçonner
Paupières pudiques devant La Présence Sublime
Les prisons sont innombrables, en ce chemin de Liberté
L’oiseau est un coursier sauvage et indomptable
Un seul l’aspire, Un seul déchire son Linceul amoureux
S’abreuve en ce qui n’est plus poursuite des idées, quel leurre
Il traverse les vallées de l’ombre avec la rapidité de sa Flamme
Une énergie qui s’offre en cet âge illusoire, la saisit sans peur
Sa crainte est de rester esclave du sommeil infâme
Tout droit devant, oubliant ces chimères, La lumière Est
Des perles nimbées des lueurs de L’Éternité, Sa patrie
De là, il est, et là-bas s’en retourne avec la fougue de l’obstiné
Un prétexte en ce décor, certains s’y collent jusqu’à satiété
Oiseau, je suis, ma vocation est de voler, mon Pacte Premier
Oiseau, je suis, et comme les montagnes que l’on ne sait écouter
Je chante, je chante, je chante, ivre de mon jour, ivre aussi de ma nuit
Oiseau, je suis et oiseau je resterai, ainsi est ma Destinée
L’Oiseau est né pour être libre en ce Ciel océanique, mon Ciel Alchimique
Je ne suis pas de ce monde, m’en suis échappée, sans aucun regret
Les effluves de mon Roi ont ce pouvoir de L’Étreinte magique
De voyages en voyages, les mondes sont possibles, et c’est là que je suis, et c’est là que je nais.

Naïla

L’Arbre aux quatre oiseaux

14/03/2015

Peinture de Freydoon Rassouli

Sur un océan pacifié, une île aux milles et un contours
Même le vent est suspendu dans ce qui semble silence
L’Arbre de la Majesté a vu se poser quatre oiseaux d’amour
Chacun fait le récit d’un voyage vers l’Unique Magnificence
Une colombe qui du verbe a la sagesse, puise dans Le Livre Mère
Voyage jusqu’aux limites du firmament, elle a le secret du Regard
Source contemplative, aucune dualité possible, tel est le Mystère
Sa Loi est l’Amour, rend compte de toutes choses grâce à l’effet du miroir
Elle est le « Moi » et le « Toi » Hymen originel, dualité, prélude à l’Union
L’Aigle en la voyant s’évanouit, Lui, le Majestueux Suprême, Son voile le ravit
De leur union naît le Phénix, Lieu de la toute possible Manifestation
Le Phénix n’a pas de limites, de son être est l’infini des jours et des nuits
A ce moment du récit, le corbeau apparaît, dans une nudité extrême
Fils des éléments subtils, le corps universel, semblable à la sphère
Tel un axe, il reçoit les messages du ciel, les secrets qu’on aime
De l’Arbre que dirons-nous, lui, qui accueille ces corps d’éther?
Il est là où tout se pose depuis l’Origine, dans une délicate Révérence
Il est le Cinq de tous les éléments, il est celui qu’on a planté dans le Jardin
Éternité de la Main de l’Un, l’Homme support de l’Universelle Alliance
Adieu donc, l’illusion , la parole incertaine, la fierté, le sourire est Un.

Naïla

Le Royaume des morts

12/04/2015

Deux amis se retrouvent, ont un nuage pour siège
L’un, d’émotion indicible, dit ceci à son compagnon:
« Je m’en reviens du Royaume des morts, grand est le piège
Tous se croient vivants, ont des agissements qui en disent longs
N’ont plus de souvenirs, excepté ce qu’ils font en ce lieu
Pour chaque vallée, leurs actes sont ou délices ou châtiments
Ils cultivent l’illusion comme on cultive les champs
L’ignorance est telle, ils ne savent plus distinguer la réalité
Ils se meuvent alors que le temps les ronge, les malheureux
Ils établissent des demeures sur ce qui n’est qu’un pont
Ils ont oublié le lien, toutes les légendes des Anciens
Ils se distraient, alors qu’ils sont dans une véritable prison
Ils ne voient plus qu’ils sont UN et se détruisent mutuellement
Ils saccagent les plus nobles Temples, détruisent les derniers vestiges
Ils empoisonnent chaque puits pour que tous s’alignent mentalement
L’Eau par laquelle encore s’écoulent les plus beaux prestiges
Souvenirs d’antan qui disent: tu es celui que j’aime, tu es mien
Que puis-je dire de plus, j’ai vu des êtres se barbouiller de couleurs
Encore un leurre pour ne plus voir l’ombre qui les cerne de toutes parts
Des enfants avides cribler de coups leurs camarades, les plonger dans le malheur
Certains devenus vampires, usent de stratèges pour se nourrir, un cauchemar
D’autres écorchent les veines de l’Espoir, s’y abreuvent sans remords
Pour chaque vallée, leurs actes sont ou délices ou double mort
– » Mon Ami quel est donc ce monde que tu me décris, sont-ce des humains?
N’as-tu pas rencontré quelques-uns encore lucides, voir ce monde vain?
– La liste est longue des horreurs, l’enfer semble leur demeure,
Pourtant, j’ai vu aussi, il est vrai de belles âmes, combattre ce crime
Non pas par les armes du piège, mais s’emparant de quelques souvenirs
Retrouvant par l’Étincelle, des bribes du sincère Traducteur
Une voix en eux dit: « Tu n’es pas celui-là que tu crois, ce monde est agoni
Reconquiers la terre et le ciel intérieurs, n’aie donc peur du soupir
De lui, vient la vie, lucidité, espace et temps pliés sur une autre rive
Depuis ce corps fantôme est une autre Réalité, écoute, Ami
De ces membres éparpillés, tu t’éloigneras de la longue dérive »
Quelques-uns échappent à ce monde et laissent des instructions
Ils ont vu la passerelle, s’accrochent à l’Anse de sûreté
Leur bonheur vient de cette conquête contre l’illusion
Leur Joie Béate vient de ce que les signes sont leurs jalons vers la Liberté
– Ah s’ils savaient ce qu’ils sont en réalité, de chercher deviendrait une Grâce
Malgré les dangers, ils se hâteraient, que dis-je, ils s’échapperaient de cette impasse
– Ami, que pouvons-nous faire? Ce récit me fait pleurer… et si nous allions les aider? »

Naïla

Noblesse des Montagnes

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En la profondeur du Souffle expiré
Beautés qui suintent depuis Ton Regard
Luminaires en ce Ciel de L’Âme visitée
Le Retour intime est prétexte et secret de L’Espoir
Vois comme les Montagnes vacillent en ce figé
En cet Océan d’Amour, devenues falaises du cœur
Des flux qui les font valser en cette esseulée transe
En leur centre, un de ceux que l’on nomme Preux Ami
Seigneur, immobile, entier en cette Alchimie du silence
D’amour intense, à son front, suée est ruisselant rubis
En cette pure vénusté, mes yeux convoitent cette ardeur
Balancement incessant du rythme des mondes déployés
En cet Amour culmine un désir qui vient de L’Empyrée
Ces cimes Mystérieuses, ondoiements qui s’offrent innocemment
L’Echo est un vertige que je ne sais mesurer, y résister est indécence
Des ombres qui sont vestiges d’un monde retrouvé en cette naissance
Ô noblesse des montagnes qui savent en ces voiles se parer magnifiquement.

Naïla