Digression (25)

Aquarelle de Cindy Barillet 

Quand la lumière chante l’implacable danse de la pluie, sur les toits et tout au fond des bois ; quand le grenier tremble de notre émerveillement serein, vif, exalté ; quand je prends la main de petite sœur et que la joie nous arrache presque des larmes effervescentes d’amour et que tout nous semble d’une limpidité emphatique. Je n’ose prononcer le seul mot qui pourrait briser l’émotion vive d’un bonheur diffus. Le rire est la cascade d’une gloire méconnue et peu importe si nous ne savons rien, peu importe si nous finirons ridés sur les plis incroyables du temps, l’enfant ouvre les yeux d’amour et le père entre avec une multitude de lumière, quelques brins de muguet et sa propre légèreté. Nous dessinons dans la chambre, ma sœur et moi, des fleurs : le lilas qui se penche, les gueules de loup au velours secret. Tous les noms que les fées ont saupoudrés d’irréalité. Je m’évade dans les gouttelettes et je rejoins le cœur pur qui m’attend, là-bas au bout du chemin. Nous conversons longtemps et nous nous endormons avec la petite chanson du mois de mai, les lanternes de notre sororité. Dans le rêve, je replace une fourmi égarée sur son chemin, et j’admire, ça et là, les papillons de nuit. Ils sont étonnamment secrets et je ne sache pas plus grande hébétude devant les choses que nos yeux ont caressées. Entends ! C’est encore la réalité éternelle du cœur ouvert. J’aimerais tout vous conter, tout vous ensemencer de mots fluviaux qui parfument les pétales pudiques de nos découvertes. Perdue en haut de la colline, mes yeux rient. Jamais je ne t’oublierai, Ô Joie exaltée ! Ô Épanchement ! Ô Vibrations ! J’ai fait courir, sur la soie, les couleurs du pinceau d’Amour et des pinsons de gaieté. La fauvette nous rattrape et nous confie le doux secret. Ne l’avez-vous donc pas découvert, ce Mystère ? Des petits cailloux égarés pour vous… Je ne reviendrai pas ; je ne reviendrai pas. Telle est ma joie !

Peinture de Vladimir Gusev

Mai

Ohara Koson - Swallow Over the Ocean WaveEstampe de Koson Ohara (1877-1945)

Parcourant les vastes plaines au goût de Ton Silence,
Lors que les yeux s’attardent sur La Cime sacrée,
Quelque chose nous enlace de Ton immensité.
Ce corps existe de par La Grâce de Ton Essence.

L’Âme survit au siècle, mais las, perd son innocence,
Tandis que le printemps mûrit tout hébété ;
De candeur, le ruisseau s’est alors exclamé :
Je m’unis aux floraisons de l’incandescence.

La Vie commence de n’avoir jamais fini,
Et de fougue, épouse chaque grain de la noble chair.
Tes mains qui l’ont pétrie me parlent de Ton Mystère.

En elle, je découvre toutes sortes d’allégories !
Ce sont les hirondelles de Mai qui me surprennent.
Leur joyeuse danse est aussi Le Trésor pérenne.

 

Le petit semainier

MATIN LUMINEUX: ANELIA PAVLOVA

              Samedi

 

   Volées de pluie au Jardin,
   Palpable au matin,
   Poudré de nuages,
   L’Ami est sur Le Chemin.

 

 

 

The Art of Annael (Anelia Pavlova): Oil Paintings

 Dimanche

      Des ailes de joyeusetés,
      Le Lilas danse.
      L’Instant d’après est au Silence :
      Effervescence et densité.

 

*Illustrations de Anelia Pavlova

Au Temps de La Danse

Résultat de recherche d'images pour "awanqi art"Angela Wang Art

Des ondées de joie,
Translucides de nos peines,
Pétales offerts sans que rien ne vienne ternir Le Lac.
Des vagues du Ciel dansant aux cimes des montagnes.
Le cœur enserre de Ton Haleine, au Souffle serti d’étoiles,
Les pluies d’étreintes et du rire vermeil au seuil de tous les sérails,
Lors qu’à L’Aube Le Jasmin semble devenir le blanc éventail,
Il n’est plus qu’un Miroir, Celui de Ton Appel,
Qui des fragrances en volutes tournoyantes,
Cercles de Ton Âme deviennent en ce Centre les mille voix,
S’échappent des sillages puis dansent avec L’Opale,
Lors que Ton Sein tremble au bruissement de L’Écoute astrale.
J’ai consulté tous les oracles et c’est en L’Abysse de Tes Yeux
Que s’unissent Le Pourpre et Le Jade,
Au crépuscule de Ton Soleil, est peinte délicate
La gentiane ineffable au printemps de L’Éternel
Que du Calice sans complexe, encore un Son s’émerveille
Au Silence du Cantique, lors que la lyre à Ta Bouche
S’étonne des prémisses de Ton Invite et que dansent les Voiles
Au Vénus de Ton Astre Mémoriel, Il appelle et je L’aime,
Comme la nostalgie me hante et fend tous les Ciels
Sans jamais compter, Les voici en pleurs et La Plainte me tourmente
Des écorchures, combien de fois ai-je encore dépassé leur brûlure ?
De L’Amour, en ce qui n’est plus qu’un désert, mon oasis T’aime.
Du Jeu de L’Embrasure, j’ai vu L’Ombre d’un Trône.
En ce Miroir, mon cœur encore Te mande.
De T’aimer, est-ce offense ?
Je n’ai  peur, me répond Le Silence.
De Lui, aux craintes d’un monde au Temps de La Danse,
Mon âme ne cherche pas querelle, mais Amour frôle encore Tes Lèvres.
Qu’ont-ils fait du mendiant, qu’ont-ils fait ce Jour,
Lors que des fontaines, ils ont versé une Eau en abondance,
M’ont pris en otage et me voici errant au déclin de La Lune,
Mandant encore les effluves au Soleil de Ton Âme ?

Digression (5)

Малюнки слов'янська міфологія. Давній язичницький бог слов'ян - Велес: цікаві факти, фото і картинки. Боги древніх слов'ян. Ілюстрації Ігоря Ожиганова

La montagne nous fait écho, et je sens que bientôt nous allons atteindre le cœur de la forêt profonde. Je te regarde comme évanouie en ta marche dansante. Petit homme, tu me ramènes doucement en ce lieu béni, ce Jardin de Lumière qui me rappelle l’entêtant parfum de nos escapades.

Sur La Terre de nos origines lointaines, en La Primordialité, Pays des Druides, en l’âme des profondeurs, des chants et des souffles au creux des roches, lors que la voix épouse notre cœur, tel est le chant qui vogue au Nord de L’Etoile, Grande Nouvelle. Puissance des arbres et de l’éloquence végétale, Île de notre Joie, Verdure incantatoire, et feu de l’alchimie en ce vent qui court tout au long de la grève, voici les quelques murmures de La Pleine Gloire ! Ah ! Nous nous retrouverons en ce Lieu-là et la plénitude nous gagnera. Danse, petit homme, au son de la cornemuse, de la harpe et du hautbois ! Je ne sache pas plus Réel que ce transport-là des terres de l’au-delà. Le tambourin est Éloge du Rythme qui donne à La Féerie toute La Force du Souffle cadencé. Tu me donnes Le Nom et je suis en cette hébétude infinie. Les univers s’ouvrent telles des feuillets aux lignes de justesse et d’harmonie cosmiques : Terre et Ciel ! Toutes voiles dehors en L’Âme de L’Océan subtil de Promesse ! Dans tes bras, l’on retrouve les musicalités du parfum de L’Âme. C’est en cette luxuriance de L’Atemporel que s’ouvre La Marche solennelle et c’est en cette Voûte que nous faisons ensemble ces quelques pas. Je t’ai vu cueillir L’Eau fraîche des sous-bois, et je t’ai vu t’endormir sur la mousse, près d’un ruisseau, aux si doux clapotis, que je n’ai pu m’endormir qu’auprès de toi. Petit homme, tu marches sans relâche et jamais ne me défais de toi. Ta Présence est une exultation ; derrière toi, le loup et le renard te suivent sans querelle et au loin, c’est Le Roi de La Forêt qui te salue. Tu fais cette Révérence et soudain, je ne sais plus qui est Le Roi.