Deux Voies

.

La plupart du temps, les hommes sont des disputeurs ;
Ils se laissent volontiers dominés en eux-mêmes,
Sans savoir qu’il s’agit, en fait, d’usurpateurs.
Ces parasites corrompent tout leur système,

Les enfermant dans une sombre nébuleuse,
Engendrant le chaos, la subtile confusion.
Ainsi, les hommes deviennent la proie malheureuse,
De leurs excès et même de toutes leurs projections.

L’on me dira : Comment résoudre ce problème ?
Deux Voies sont possibles : une constante introspection,
Reliée, quoi que l’on dise, au Principe suprême ;

Et une Voie, qui dépend d’une noble inclination,
Mais surtout d’une Grâce incontestée, d’une foudre
D’Amour, qui vient tout brûler, et puis tout absoudre.

Conte des sept occidents

Les bestiaux (2)

Les animaux de la forêt approuvèrent le discours élégiaque de la fourmi et, étonnamment, la cigale, qui ne gardait jamais rancune, telle n’était donc pas sa nature, fit quelques pas vers son amie la fourmi et lui tint à peu près ce langage :

Lire la suite »

Il était une fois (suite)

Peinture d’Antonio Zanchi, Enéé sauvant son père

Chaque saison délivre son propre charme, et l’on ne saurait véritablement exprimer quand et où cela a commencé, la pupille s’élargissant devant une vision perpétuelle. Jamais nous ne nous lassons, puisque le moment n’a jamais de fin, ni ne présente même la moindre rupture, mais cet instant n’a pas non plus de commencement. Il est spontané, purement et simplement. Ce qui s’écoule, à travers les séquences est une brièveté de manifestation, l’incursion dans un interstice d’une vocabilité, d’ailleurs, de primauté assez rare. L’on ne voit pas uniquement ce qui est visible, mais des mondes et des mondes cachés, qui se montrent et se parlent. Laissez palpiter en vous cet univers, vivez-le avec les poumons cellulaires de la conscience. Vous lui parlez et il vous parle. Durant des temps immémoriaux, le dialogue est une Rencontre perpétuelle. Il s’agit d’un entretien intime qui élabore le désir de La Rencontre.

Lire la suite »

Amor et Sapientia

Embarcation flottante entre Ciel et Terre,
Quelle est la fleur horizon du doux Mystère,
Miroir glacé de quelques plissements ?
Entre savoir et Sagesse, j’écris ta bouche au firmament,
Quand d’un simple renversement,
Le Ciel est l’eau qui pourfend l’Invisible.
Depuis ce simple propos destiné aux âmes sensibles,
J’évoque ce qui n’a ni lieu ni commencement.
Sans doute est-ce la Semence d’un lointain îlot,
Perçue à l’instar des flots qui brûlent de Sapience ?
Jamais la vie ne désespère de la vie et pourtant,
Je vis, à mon insu, comme une Rose sortie des eaux,
Elle flottait à mon regard telle une simple chose,
Qui vient d’une appellation étrange et pourtant,
Suscitée par les pas en prose, je bus à son cœur au repos.
C’est là que je compris, sans m’étonner de la métamorphose,
Que notre âme souriante avait fui toutes les tourmentes.
La voici de nouveau partante, pour un voyage à l’infini,
Quand aux rives du Destin, le corps dépose ces vains propos.
Sagesse, quand Tu nous viens, Tu ruines et indisposes,
Mais comme farouche à tout emprisonnement,
Tu fais jaillir la suprême Conscience.
Là-bas, j’irai cueillir les semences du doux trépas,
Et qu’importe toutes les dérives, car la joie ne vient certes pas de moi.
Elle court sur les eaux-vives, nos cascades d’autrefois.
Mais que vaut la sagesse si l’Amour n’est pas son enclos ?

Ne considérez pas L’Amour comme un privilège réservé aux hommes. Il est sans doute une Source d’où coulent tous nos propos, et comment voulez-vous inventer telle chose, qui au profond de nos entrailles appelle et déchire certains voiles ? Sans Amour, il n’est aucune Sagesse, mais sans Sagesse, est-il un seul Amour ? Osez vous poser la question. Osez boire le Ciel et la Terre, et dites-moi ce qui vous a été révélé ? Laissez parler votre âme ou bien taisez-vous à jamais !

Cosmologie proche

Indéfectible, si proche,
Quand des années lumières,
Parlent aux vents spacieux,
Les synonymies d’une planète et des cieux,
J’en ressens le frémissement bienheureux.
Alors, il est une singulière nouvelle
Qui me dit : si petit,
L’invisible est le plus apparent.
Je consens à voir le firmament
Déployer ces étranges ailes,
Son Parfum d’étoiles épanché,
L’année semblable à une poussière,
L’horizon, l’intrépide commencement.
Puisque L’Echo a cette réverbération,
Autant laisser le cosmos nous y inviter,
Autant épouser alors Son Silence,
S’abandonner à Sa douce résonance.
Tu dis ces choses, les ai-je préméditées ?
Ô ourlets des feuillets,
Devenus vagues qui ont tout écumé !
Mais surgit Le Sens,
Et l’on reste émerveillé :
Tant de Proximité,
En ce Plérôme scintillant !
Si j’ai levé la main vers Le Ciel
Mon cœur, Toi, Tu l’as emporté.

Le temps fut à nous conter les similitudes entre l’infime et l’infini. Chaque étoile, chaque planète, chaque galaxie, chaque nébuleuse, et chaque distance, sont en réalité les points d’ancrage et les phrases d’une analogie avec le monde d’ici et l’au-delà. La résonance fut telle que je m’évanouis dans cet infiniment petit, si minuscule et si grand tout à la fois. Nulle appréhension si ce n’est par Lui-même. Je vis les groupes, les parallèles et même les rassemblements. Chaque similitude, chaque différence est l’infime monde né du Souffle et chacun est une réalité mouvante. Nous sommes, en ces simultanéités, les mondes et les sens de chaque réalité manifestée. Comment donnes-Tu autant de Signes qui ne sont pas encore compris ? Grâce et libéralité !

Vraisemblance

Comment avoir le désir d’#apprendre ce qu’on ne connaît pas encore ? France Culture

Finit-on par morceler le temps viscéral
Des ruptures que tranche le monde adulte ?
Je compris que le poison est de fait sidéral :
Chaque conscience est un monde occulte.

D’ainsi le comprendre est parfois lourd.
Mais, les chemins se croisent et se décroisent
Dans l’infini et l’Adieu s’annonce tel le présage.
L’Adieu sans retour comme défait du vrai Amour.

Le Jour s’emmêle à la nuit des mots qui viennent du cœur.
Ainsi va la vie et nous voyons la distance,
Quand même L’Âme a dit en sa toute vraisemblance

Le silence au sein des sourdes et sombres torpeurs.
L’élection est un brassage et les âmes se rassemblent
En ce Corps-Arche, en ce Corps devenu Sapience.

Nostalgie du Barde

Saint JeromePeinture de Guido Reni (1575-1642)

Je suis venu comme on trépasse disait l’homme,
Comme on se souvient au profond du souvenir,
Palpables et mémoriels touchers de Dieu en somme,
Quand avant le corps, Il était à nous vêtir.

L’Âme ne ment jamais et c’est souvent en Silence
Que l’on voit combien d’avoir vécu toute la ruine,
La Vérité nous parle beaucoup et nous ranime.
Je suis venu tout étonné par cette Présence.

Quand les mots ont insufflé les réminiscences,
Je suis devenu l’homme qui balbutiait ivre-mort,
Souffrant de la nostalgie, aussi de l’inconstance.

Je suis venu étranger, me cherchant encor.
Qu’as-tu dit ? Un homme tombe mais très vite se relève,
Sans doute et c’est pour cela qu’aujourd’hui je rêve.