Ai-je bien vécu ?

Ai-je bien vécu mes derniers jours ?
Ai-je enrichi ma terre ?
Ai-je cueilli Tes effluves sur mon cœur ?
Mon corps, ton Voyage,
Ai-je bien nourri la sève,
L'essence de Ton Amour ?
Ai-je bien tourné le visage de mon âme,
Les yeux ivres de Ton Regard ?
Ai-je imprégné mon labeur,
De Rosées fraîches depuis l'Aurore ?
Ai-je lavé le sol de mes errances,
Tenant l'eau de mes regrets,
Puis, ai-je fait vœu de Retour ?
Car, ce corps est une graine,
Dans un autre monde,
Semé de semences,
Et lorsque je partirai,
Ne garde que mon Amour,
Je n'ai rien d'autre.
Et quand je germerai de nouveau,
Seigneur !
Je veux être encore celle qui pleure,
Les yeux devenus tes rivières écorchées,
L'Amour devenu mon seul instant.
Fais de moi entière, celle qui Te louange
Fais de moi celle qui ne cesse de T'aimer.

Quelques impressions de l’an finissant

Peinture de Duy huynh

Les yeux gourmands,
Ceux de la vie,
M’ont appris la lenteur.

Il n’est pas éveillé,
Il n’a jamais été endormi,
Il voit par Lui.

La conque était un prétexte,
Le nacre, un écho,
La splendeur, un verbe.

Le monde vit une tragédie,
Une démence et une dérive,
Quelques uns regardent.

Si vous écoutiez la vie,
Vous n’auriez pas peur d’elle,
Mais puisque vous la désertez,
Elle vous déserte.

Personne ne peut vous emprisonner à votre insu.

Ce que vous vivez vient de vous.

Ne voyez-vous pas l’absurde ?

Ne soyez plus égoïstes !

Vivez d’Amour et de rosées, vous n’aurez plus peur de rien.

Tout quitter est le propre de l’Amant.

Faites comme si vous aviez tout perdu !

Perdez tout et vous serez gagnants !

La Voix

Nous n’avons pu éteindre la Voix,
Cœur du Mystère en émoi,
Et nous n’avons pu résister à Son Appel,
Nous n’avons su, ne fut-ce qu’une seconde,
Nous éteindre dans la vague des temps,
Mais, nous n’avons jamais su ne pas L’entendre,
Ni n’avons cessé de tournoyer en Toi,
Car, nous n’avons pu étouffer la Voix,
Guidée dans la Nuit sans voile,
Et nous n’avons su effacer Son message,
Ni n’avons pu écarter Son Souffle,
L’Etoilée de notre aspiration,
Le cœur ouvert au Ciel de notre ardeur,
Evanoui par la seule Réalité,
Nous n’avons su nous arrêter,
Force indomptable,
A la lueur du Jour,
Nous n’avons su descendre plus loin,
Dans l’empire infernal,
Remontée par la folie de l’Amour,
Non, nous n’avons pas su nous défaire,
Des tendresses effusives du Discours,
Implacable Verbe dans la tourmente de nos jours,
Non, nous n’avons pas cesser de danser,
Au rythme des gestes de nos veillées,
Ne sachant plus ni boire, ni même manger,
Unie au Nectar de Ta divine Présence,
Et nous dansons,
Le cœur saisi par Ta Réalité,
Ivresse inavouée,
Disparue à l’ombre de Ton Ombre,
Défiant l’indéfinissable,
Se moquant de tout,
Balayant même le sable de nos pas,
Toujours au puits de notre âme,
Libérée de toutes contingences,
Embrassant ce qui ne saurait être trahi,
Au Souffle de nos douces et suaves prétentions,
Sans qu’aucune insigne menace ne nous terrasse,
Car, une seconde de Ta Venue,
Est l’abondance d’un océan de grâce,
Reconnaissance de Ton grand Amour,
La Joie de Ton Baiser, Bien-Aimé !
A l’ampleur d’un Iris,
Lys immaculé de Ton Respir,
Au Jardin de notre éternité,
Quand l’âme s’ouvre à Ton Inspir.

Visage intérieur

maya47000:Il naît, dans le tumulte actuel, je ne sais quel monde où je ne trouve pas ma place. Julien Green He is born, in the current tumult, I do not know which world where I do not find my place.Julien GreenPeinture de Christian Schloe

Du Chant impossible, vient Le Jour,
Au Silence de Ton Parfum,
Qu’y puis-je ?
Le monde s’efface en L’Amour.
Bruissement d’une Flamme,
En voiles de Lumière.
Cornaline de nos nuits éthérées,
C’est là, en cette intériorité,
Que les mots enlacent L’offrande,
Tandis que rien ne demeure.
Excepté le suspens du Feu en mon cœur.
Souffle de Langueur,
Avive nos Retrouvailles.
Il n’est plus aucune Clameur.
Enfin tourne Ton Visage intérieur.
C’est là qu’en La Main naît ce monde,
De seconde en Ta Nacre Éternelle,
L’Effervescence est une Echelle.
Ce Jour est Essence de nos Épousailles.
Centre du Réel, notre Ciel.
J’ai tenu au creux de l’Écrin,
Le basculement en L’Acte Divin.
Tranche donc avec les paroles du monde !
Aux cimes des montagnes, L’Air est pur.
Une Flamme et L’Âme tournoie sans fin.

Ardent Désir

 

Des filantes Constellations
Au Jour de notre Union,
Qui peut défaire cet Amour ?
L’Hiver consume mes brûlures,
Au cœur dilatatoire, nulle usure !
Du Rayon de notre ardent Désir,
A notre âme expirant en Ton Soupir,
Jaillit Le Temps de L’Éternel Jour.
Les oiseaux m’enivrent d’ailes incessantes,
Du breuvage à La Coupe, il n’est que Présence.

Allégorie du Jardin de L’Âme (5)

Peinture de Abdur Rahman Chughtai 

-Le marché- 

Lors que je m’assieds en leur Présence, je perçois leur âme flotter en cercles de Lumière et les ruissellements de leur amour m’emplit d’une Joie ineffable et me voilà submergée par une aspiration incontrôlable. Quelque chose s’évade en eux, et je saisis au vol de leur danse, les mille demeures que voilent les pudeurs de la rose, à peine éclose, aux senteurs du Regard. Comment les quitter ? Je laisse, auprès d’eux, celle qui ne s’absente jamais. Elle demeure fidèle à leurs pieds et ne craint nullement de paraître hardie. D’ailleurs, ne m’ont-ils pas tout appris ?

J’avance au bras du Pèlerin, et je ne peux m’empêcher d’imprimer en mon regard tous ces gens, si singuliers et si bienveillants. Je n’en oublie aucun. Mon compagnon marche d’un pas ferme et déterminé. Ai-je le choix ? Je le suis sans objecter, car sa rigueur me gagne et me transmet soudain une force inouïe. Je n’ose même pas lui poser de questions. Sa poigne est gage de son amitié et cela me suffit. Nous traversons ce marché qui semble incroyablement sans limite. Le soleil resplendit au-dessus de nous et donne à chaque chose un éclairage joyeux. Ce marché est sans aucun doute très dynamique. Néanmoins, je réalise que nous sommes seuls à le traverser. Soudain, Le Pèlerin s’arrête. Sur l’étalage, je distingue une multitude d’oiseaux, tous alignés les uns contre les autres. Je ne sais pourquoi, tout à coup, je suis envahie par un indicible amour effusif. Les oiseaux n’ont pourtant rien d’extraordinaire. Ils ressemblent même à de simples moineaux. Cependant, même s’ils me rappellent nos oiseaux bien familiers, je sais qu’ils sont d’une toute autre espèce. C’est à ce moment que le marchand qui me scrute attentivement me tend l’un d’eux et me somme de le manger. Cela m’apparaît si insolite que je reste indécise et n’esquisse aucun geste pour saisir l’oiseau. L’homme me sourit et insiste : mange-le, te dis-je. Comme hypnotisée, j’obtempère. L’Oiseau, qui se loge en moi, me donne à ressentir ce qu’il est impossible de décrire. Il n’est plus un oiseau, mais ma propre âme, à laquelle je goûte, en reconnaissant chaque effluve. L’oiseau devient mille mondes, mille étoiles, mille univers, mille perceptions, mille couleurs, mille autres insaisissables saveurs. Je ne sais plus revenir à la réalité crue. Cette explosion en moi est une renaissance dont on me divulgue les subtilités, les essences, les voluptés incommensurables. L’Oiseau est une Lumière que l’on goûte et l’on ne peut plus jamais vivre comme avant. Le marchand rompt le charme et me dit : jamais il n’aurait été aussi savoureux s’il n’avait cuit et recuit. Je savais bien à quoi il faisait allusion et je comprenais même ce que cela impliquait. Je demeurais hébétée face à lui. Nos yeux se parlaient et au-delà de ce que je pouvais comprendre à ce moment-là, je mesurais combien la confiance est une stabilité lors du cheminement. Lors, Le Jardin de La Vision nous donne aux réalités de La Certitude et révèle en nous L’Echo d’une pré-science. Pourtant, L’Oiseau te murmure : il n’est rien qui ne doit se figer et ce que tu vois ici, est encore, en un au-delà, à manifester les Quintessences des mondes attributionnels de tous les noms. Ne t’arrête jamais…

© Océan sans rivage, Allégorie du Jardin de L’Âme

 

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Allégorie du Jardin de L’Âme (2)

 

Chaque émanation de Ton Feu de Lumière est une Béatitude sans fin et chaque paume de Ton Cœur est Une Grâce offerte en La Majesté Lunaire. La Joie est semblable en L’Astre imprenable, semblable à Ta Sollicitude rayonnante. En L’Alcôve du Jardin se déploient les drapures de mille azalées et c’est en cette quiète assise que La Fiancée se laisse vêtir du Souffle de L’Éthérée. Éon des sublimations du seul Silence qui s’offre en L’Éternité.

Te souviens-tu de cette Oraison des houles de L’Océan, tremblante aux rivages des plaintes et des langueurs ? Ton Regard épouse les fulgurances de la pensée et s’évanouit au son des Contemplations. En L’Empyrée de La Joie, L’Océan danse, et s’élance en ce tumulte aussi loin que l’enlacent les bras de L’Azuré. Ce sont les divines Noces, lors que L’Âme est L’Amie qui désire auprès de Toi ne plus être et vivre La Joie de Ta Présence exhalée. Tu déposes en ce Sceau, Le Saint Secret et nous volons unis soudain au-dessus de tous les lieux, au-dessus de tous les espaces. Il est des hommes qui en leurs épousailles tressent les vignes du Soleil et boivent en l’effusivité de La Splendeur. Ainsi se trouvent-ils ici, en la faveur de leur pré-existence, à retrouver L’Empreinte de L’Aimé. Voici les fanfares célestes qui applaudissent au Retour des frères, car ils sont en cette affinité de l’Âme. En Sa Parole de Lumière, il a été dit : entre en Mon Jardin. Le Cœur éclot des dispositions du miroir et L’Âme s’émeut d’être assise auprès de ses frères. Elle est la disciple. En chaque chose, Elle se dresse hiératique et attentionnée. Elle est l’observatrice assidue. Elle est la douce compagne. Lève-ton regard en L’Amour et L’Amour est Resplendissance que les sens internels font descendre en ces mots. Mes frères, nous nous re-connaissons, fratrie de L’Âme ! Mes frères ! Voici Le Chapelet de Cristal et je le dépose révérencieusement à vos pieds. Nos yeux sont ceux de nos âmes. Pureté à ces Joyaux de Lumière ! Pureté devant Le Trône qui rassemble les semblables. As-tu saisi par Le Regard supra-sensible les réalités du monde de l’Au-delà ? Voici que les mains parlent, que les bouches dévoilent chacune leur secret. Voici que les yeux révèlent les mondes de leur intériorité. Tantôt infernaux, et tantôt de délices. Voici que chacun porte en lui son odeur. Je te parlerai du Trône, lors que les pas dansent au son des tambourins, que les voiles sont les sourires du matin. Il aime La Beauté ! Amour ! Des grappes de Ton Sourire sur le corps des frères. Telle est L’Assemblée de convergence. Telle est La Lune qui s’unit au Soleil, son Bien-Aimé.

© Océan sans rivage, Allégorie du Jardin de L’Âme

 

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