Voyage au bout du monde (5)

Illustration de Kinuko Y. Craft

Cycles et saisons

Une fourmi apparaît telle une luciole, et tout à l’heure, un insecte dansait avec ses graciles ailes. Je lui parlais, aimantée par la douceur transparente de son être, tout comme je m’attardais à L’Echo que faisait jaillir le pot d’argile. D’une porosité évidente, il m’enseigna une ou deux choses et j’en saisis l’analogie manifeste. Il me fallut, avec ce paroxysme évident, reconnaître le bien-fondé de La Voie. L’on m’avait empoignée et menée au sein d’un tourbillon sans pareil, car sans pour autant affecter mon être, il me donna à voir les éléments épars. J’en distinguais chaque nuance sans voir nettement l’ensemble. Je le devinais sous les parures. Celles-ci se donnaient semblables à des voiles qui jouaient dans le vent. Elles représentaient les oscillations, mais surtout la beauté des vagues. Chaque fois que l’une d’entre elles se soulevait, apparaissait une autre vague, tandis qu’au milieu, en la béance incontestable, un univers entier s’épandait et venait s’imprimer entier sur mon cœur. En chacun de ces univers, l’enseignement y était révélé, d’élocution sûre et claire. L’on m’avait donné Le Temps et je fus éprise de Sa Vérité. Ce Temps était au-delà du Temps ; Il se révéla en sa forme phénoménale, mais Lui-même qui s’adressa au plus profond de mon être m’invita au dépassement. Il semblait me dire : rien ne se perd et chacun de ces enseignements te sera restitué en son heure. Il me fallait donc continuer d’avancer. Sans doute est-ce l’enseignement le plus important que l’on me transmit. Puis, je rencontrai un homme qui me retint le laps de temps nécessaire : pas une seconde de plus, pas une seconde de moins. La répartition géographique du temps est liée aux feuillets cosmiques, et lors que l’un de ces feuillets est entraîné dans la rotation, rien ni personne ne peut retarder le moment où le cycle doit s’achever. S’il s’achève, c’est que l’enseignement duquel il est tributaire s’occulte de nouveau. Il s’agit, en effet, des cycles successifs de toutes les lunes et de tous les soleils. Pour certaines personnes, ces mansions sont des réalités existenciées qui viennent guider leurs pas. Elles sont telles des clés de voûtes. Chacune d’entre elles résonne longtemps et vient activer les yeux du cœur. Celui-ci, alors, entre dans le secret des cycles et des saisons. Ce qu’il voit en lui-même est réverbéré à travers La Cartographie céleste. Son cœur est de fait orienté selon les résonnances concomitantes des fréquences vibratoires de L’Origine et il devient La Coupe qui reçoit. Ainsi, il est en ce que l’on appelle L’Axe vertical, la Cordée. Telle est sa perception. Celle-ci est le parfait alignement. C’est ainsi, en sa fidèle présence, que je percevais Aryani, lui qui apparaissait toujours à la fin de chaque cycle comme l’effet probant du voyage et c’est par cette présence constante que mon corps put, petit à petit, se familiariser aux vibrations du plan céleste et décrypter puis relier les Cycles et les saisons. Quand Aryani était de nouveau pleinement visible, à l’unisson, nous jouions de la harpe durant des heures entières, que dis-je, des années-planètes, en oubliant tout le reste. Mais quand Aryani disparaissait, j’errais, perdue dans les larmes de l’océan. Il me fallait chaque fois Le retrouver et je sus bien plus tard, qu’en vérité, il ne me quittait jamais. Jamais, car la présence de l’absence est réellement Présence.

© Voyage au bout du MondeCycles et saisons. Océan sans rivage.

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