Les mots (1)

Peinture de Frederic, baron Leighton(1830-1896)

 

Mots, répandez-vous comme L’Horloge du Temps suspendue !
Soyez de grâce soutenue et de légèreté devant les effondrements de ces nues !
Courez sur les ruisseaux et ondulez sur les vallons de L’Aube advenue !
Suintez des Lumières et des Paroles suaves en ces douceurs crépusculaires !
Gorgez-vous des lèvres de La Bonté et dansez pour que L’Exaltation soit exemplaire,
Et ne mourrez jamais sur les courbes linéaires,
Des platitudes que rejoint le quotidien qui vous rendent mensongers !
Ne vous laissez pas suffoquer à la bouche de ceux qui n’ont pour vous que dédain,
Et pour La Vie, la négligence des instants fécondés !

Poète, l’es-tu vraiment, si de toi, la poésie ne fait pas de toi un Homme nouveau ?
Si n’est pas écorché ton cœur par les absurdités de l’insouciance ?
Si La Poésie n’est pas Ton Four et Ton Mortier, qu’es-tu donc à nous chanter ?
Viens vivre en mon secret, mets-toi à nu, et je te dirais qui tu es !
Combien de poètes ne sont qu’à étaler des mots sans consubstantialité!

Ô Mots, révélez vos sens en Ce Vivant qui souffre de La Dualité !